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Troubles de l’endormissement, réveils et terreurs nocturnes

Mis à jour le 25 mai 2022 2 de nos experts

Terreurs Nocturnes

Normalement, le nourrisson fait des nuits complètes après l’âge de 6-8 mois. On parle de trouble du sommeil lorsque le nourrisson ou l’enfant a du mal à s’endormir, ou se réveille la nuit, ou fait des cauchemars toutes les nuits ou plusieurs fois par semaine pendant souvent plusieurs semaines. Les causes en sont très diverses.

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Le sommeil, ça s’assimile petit à petit

Pendant les premiers mois

Deux à trois mois sont nécessaires à votre bébé pour mettre en place un rythme de sommeil. Les rythmes veille-sommeil se mettent progressivement en place et c’est tout à fait normal. Il n’y a pas d’inquiétude à avoir si votre enfant se réveille plusieurs fois pendant la nuit, ces éveils sont normaux. De plus votre bébé ne fait pas encore la différence entre la nuit et le jour.

Autour de trois mois, votre bébé commence à réguler son sommeil, mais il faut parfois attendre jusqu’à l’âge de 6-7 mois pour qu’il dorme sans vous réveiller la nuit. Au cours des trois premiers mois, son sommeil est agité, interrompu par de fréquents éveils, mais attendez qu’il soit bien éveillé avant de le prendre dans vos bras. Cette période est parfois difficile, les premières semaines sont fatigantes mais c’est normal. Pas d’inquiétude, une période de maturation cérébrale est nécessaire à votre bébé pour apprendre à dormir tranquillement. Il a besoin de grandir encore un peu. Tâchez de vous reposer le plus possible quand vous en avez l’occasion, et quand il dort…

A partir de 9 mois

A partir de 9 mois, l’origine des troubles du sommeil est différente. En effet, le sommeil est un moyen d’expression pour votre enfant, c’est un langage qui lui permet d’exprimer ses peurs, ses malaises. Assurez-vous tout d’abord que les troubles du sommeil de votre enfant sont réguliers. Est-ce qu’il s’agit de troubles d’endormissement ou de réveils au milieu de la nuit ? Sont-ils isolés ? Pour parler de troubles sévères du sommeil, il faut compter plusieurs réveils prolongés par semaine. Si votre enfant se réveille fréquemment, ces troubles peuvent accompagner des étapes importantes de son développement qui mobilisent son esprit et le maintiennent éveillé. C’est le cas de l’acquisition de la marche, de la mise en place d’un nouveau mode de garde, de changements de rythme dus à un déménagement ou des vacances, étapes importantes qui alimentent les rêves de votre bébé. Les troubles du sommeil de votre enfant peuvent aussi être la manifestation d’une incompréhension, d’une inquiétude de votre bébé qui ressent des difficultés relationnelles dans votre couple, dans votre famille. Rassurez-le, apaisez-le pour éloigner ses angoisses. Le rituel du coucher est un moment privilégié à ne pas rater afin d’aider votre bébé à s’apaiser. Ne faites pas l’impasse sur la sieste, veillez à ce qu’il soit tranquille dans sa chambre…

Les troubles de l’endormissement

L’enfant a de plus en plus de mal à se coucher, il réclame la présence de ses parents, la lumière, il ne veut pas aller dans son lit, il fait des “colères”.

Ces troubles sont le plus souvent dus à des difficultés de séparation au moment du coucher. Ils doivent être anticipés et rapidement corrigés car le risque est de tomber dans une relation conflictuelle et complexe au moment du coucher. Quelques conseils à appliquer :

  • Ce sont les parents qui décident des règles du coucher et non l’inverse, mais ces derniers doivent veiller à respecter le rythme de l’enfant. Tous les enfants n’ont pas le même rythme, comme les adultes il y a des petits ou gros dormeurs ainsi que des lève-tôt et couche tard, il faut repérer précocement les signes de fatigue.
  • La chambre doit être dans le noir mais laissez-lui une petite veilleuse, parfois une boite à musique.
  • Le soir, les enfants doivent être dans un environnement calme, il est important d’éviter les activités qui les énervent (et en particulier la télévision, mais aussi les tablettes et tous les écrans qui ne doivent pas passer la porte de la chambre des enfants).
  • Les parents doivent savoir partager du temps avec leurs enfants dans ces moments-là, lire un livre, raconter une histoire.
  • Instaurer un rituel permettra de rassurer l’enfant, lui laisser un objet transitionnel.
  • L’enfant doit dormir dans son lit, dans sa chambre.
  • Il doit s’endormir seul, il faut le mettre au lit et quitter la chambre avant qu’il ne soit endormi.
  • Évitez de lui donner un verre d’eau ou un biberon, il y a des heures pour manger et d’autres pour dormir.
  • Il doit se réveiller à heure régulière et il est nécessaire de respecter les siestes.
  • Soyez fermes, ne le laissez pas sortir de sa chambre.

Ces troubles peuvent parfois être liés à une phase d’opposition et au désir du petit enfant de s’affirmer. Mais s’ils persistent, ils peuvent traduire une angoisse de séparation (crèche, école, séjours en vacances sans les parents, hospitalisation), vous devrez alors en parler car les comprendre vous permettra de rassurer votre enfant, et de l’aider à s’endormir calmement.

Si votre bébé ne sait pas s’endormir seul

Le conditionnement anormal à l’endormissement est le trouble du sommeil le plus fréquent du jeune enfant : il ne s’endort pas dans sa chambre; il est incapable de s’endormir sans biberon ou sans être allaité, sans être bercé, sans être promené en voiture ou couché contre ses parents, sans leur présence jusqu’à l’endormissement. Le sommeil avant minuit est généralement très stable mais des éveils répétés surviennent à partir de minuit. Le problème n’est pas celui des éveils, qui sont normaux puisque l’on se réveille normalement à chaque changement de cycle, mais réside dans l’incapacité de l’enfant à se rendormir seul, sans l’aide de ses parents.

Que pouvez-vous faire ?

Apprenez-lui à s’endormir progressivement seul : après le rituel du coucher, quittez la chambre de votre bébé avant qu’il ne soit endormi.

Le biberon du soir ne doit pas être associé à l’endormissement. Il devra être pris en dehors de la chambre, en dehors du lit. Si des alimentations nocturnes persistent, diminuez progressivement la quantité des biberons de 20 ml en 20 ml. Mais un bébé de plus de 6 mois en bonne santé n’a plus besoin d’être alimenté la nuit. Si vous l’allaitez, ceci est moins vrai : il y a des bébés allaités qui ont besoin de téter la nuit même au-delà de 6 mois, et le fait de donner le sein la nuit facilite l’endormissement de la maman après les tétées pour des raisons hormonales.

Si votre bébé a des troubles d’origine digestive

Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est très fréquemment évoqué chez les nourrissons de moins de six mois, mais les véritables RGO provoquant des troubles du sommeil sont certainement beaucoup plus rares qu’on ne l’imagine. Le plus souvent, le RGO entraîne avant tout des régurgitations. Mais des douleurs peuvent parfois empêcher votre bébé de dormir. Essayez de faire des pauses au milieu des tétées pour limiter la quantité d’air absorbée par votre enfant, évitez les couches ou les vêtements trop serrés qui compriment l’estomac de votre enfant. Enfin couchez votre bébé sur le dos et voyez avec le médecin de votre enfant pour épaissir le lait s’il est nourri au biberon, et pour une éventuelle prescription.

L’allergie aux protéines du lait de vache (APLV) peut également entraîner des troubles du sommeil, mais également des signes très variés comme des régurgitations, des signes respiratoires ou de l’eczéma. Si une APLV est évoquée, il s’agit alors de vous référer au médecin de votre enfant qui vous indiquera la démarche à suivre pour confirmer le diagnostic et mettre en place une alimentation adaptée.

Les troubles liés aux réveils nocturnes

Souvent associés aux troubles de l’endormissement, ces troubles peuvent en avoir les mêmes causes. Le sommeil s’organise en plusieurs cycles, qui, en fonction de l’âge durent 1h à 1h30. Entre deux cycles il existe une période de latence, période pendant laquelle l’enfant se réveille 2 ou 3 minutes, il somnole puis se rendort. Mais si l’endormissement est très difficile, l’enfant veut reproduire pendant la nuit le rituel du coucher : maman, papa, bisou, tétine, biberon…

Si ces réveils nocturnes persistent, il conviendra de réfléchir à des changements qui aideront votre enfant à mieux s’endormir et donc à se réveiller moins souvent, comme par exemple :

Cauchemars et terreurs nocturnes, quelle est la différence ?

Les cauchemars surviennent en deuxième partie de nuit, ce sont des mauvais rêves que l’enfant peut raconter. Ils vont le réveiller mais le rassurer suffira à ce qu’il se rendorme.

Les terreurs nocturnes arrivent toujours dans le premier tiers de la nuit, elles sont dues à un bref réveil lors de la phase de sommeil lent et profond. Votre enfant crie, ne vous reconnaît pas, est agité, transpire, peut prononcer des paroles incohérentes… L’épisode, généralement unique, a un début très brutal et peut durer en général de 1 à 10 minutes. Il convient alors de rester près de lui et attendre qu’il se rendorme. Ces terreurs peuvent se transformer en somnambulisme.

Pleurs bébé lit

Le somnambulisme

15 à 40 % des enfants ont fait au moins un accès de somnambulisme, mais seulement 1 à 6% sont réellement somnambules (plusieurs accès par mois). Le somnambulisme est surtout fréquent entre 7 et 12 ans et disparaît après la puberté. Dans 60 à 80% des cas il existe des antécédents familiaux.

Le somnambulisme survient, comme les terreurs nocturnes, 1 à 3 heures après l’endormissement, pendant la phase de sommeil lent et profond. En général, un seul accès est constaté pendant la nuit et ne dure pas plus de 10 minutes. Contrairement aux terreurs nocturnes, l’enfant est calme, son visage inexpressif, il a les yeux ouverts et il se lève. Souvent, l’inquiétude réside dans le fait qu’il puisse se faire mal, mais il est capable de descendre des escaliers et d’éviter des objets dans des lieux familiers. Il convient d’éviter de le réveiller et de le ramener calmement dans son lit, il se rendormira tranquillement.

Quel traitement peut-on proposer ?

Outre des tisanes ou un traitement homéopathique, il n’existe pas de médicament pour le sommeil. Face à un trouble du sommeil persistant, il est conseillé de consulter le médecin de votre enfant afin qu’il vous aide à réorganiser les rythmes veille-sommeil et les phases de l’endormissement. Il vous aidera également à comprendre les difficultés de votre enfant même si il n’existe pas de solution miracle pour trouver le sommeil.

La qualité du sommeil étant souvent le reflet de la vie sociale et familiale, rencontrer le médecin en famille est primordial, car l’histoire des parents n’est pas à négliger pour expliquer ces troubles.

Sans oublier que chaque enfant, chaque famille, est unique, et qu’il n’y a donc aucune recette qui puisse fonctionner pour tous vis-à-vis des troubles du sommeil.

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American academy of pediatrics. Caring for your baby and young child: birth to age 5, Bantam Books. 2004. 752 pages

L’enfant et son sommeil, Hélène De Leersnyder, pédiatre, consultation de sommeil, hôpital Necker-Enfants Malades, Paris

L’enfant et son sommeil : dossier qui reprend l’intégralité des communications présentées à la 4e journée AREPEGE Médecine & enfance du 28 septembre 2003.

Les troubles du sommeil de neuf mois à trois ans – Hélène De Leersnyder, pédiatre, consultation de sommeil, hôpital Necker-Enfants Malades, Paris.

Somnambulisme, terreurs nocturnes, éveils confusionnels et cauchemars – Communication de Marie-Jo Challamel, INSERM U480, Unité de sommeil de l’enfant, CH Lyon-Sud Rédaction : C. Faber.

 

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