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Détail des vaccinations obligatoires et recommandées

Mis à jour le 07 juin 2022 3 de nos experts

vaccins obligatoires recommandés

Pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018, aux vaccins contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (rendues obligatoires respectivement en 1938, 1940 et 1964), ont été ajoutées des obligations de vaccination pour 8 autres maladies, portant à 11 le nombre des vaccins aujourd’hui obligatoires en France.

Qu’entend-on par « vaccin obligatoire » ? Quelles sont, aujourd’hui, les vaccinations obligatoires et recommandées dans notre pays ? Tous les détails dans cet article !

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Sommaire de l'article

Quels sont les vaccins obligatoires ?

Les obligations vaccinales sont définies par l’article L3111 du Code de la santé publique. En France, il est actuellement obligatoire de faire vacciner votre enfant contre :

La diphtérie

Il s’agit d’une infection causée par une bactérie contagieuse nommée Corynebacterium diphtheriae, responsable de nombreuses épidémies redoutées tout au long de l’histoire. La vaccination obligatoire contre cette maladie a permis de voir pratiquement disparaitre des cas de diphtéries en France. Cette infection rare se caractérise généralement par des symptômes semblables à une angine avec très forte fièvre, un gonflement des voies respiratoires supérieures avec asphyxie et des maux de tête.

Le tétanos

Cette maladie est causée par une toxine produite par une bactérie. Elle survient lorsque la toxine entre en contact avec une plaie (à la suite d’une morsure animale, une plaie ou une coupure) mais surtout lors de contact avec la terre (jardinage).

Dans le cas d’une vaccination incomplète, la personne infectée doit faire l’objet d’une prise en charge particulière :

  • En cas de plaie mineure et propre, une dose de vaccin est immédiatement administrée.
  • En cas de plaie plus importante, des immunoglobulines anti-tétaniques sont administrées pour assurer une protection immédiate contre l’infection au tétanos. Une dose de vaccin est parallèlement administrée en urgence et la date des rappels précisée.

La poliomyélite

Cette infection est due à un virus provocant des paralysies chez la personne infectée (attaque du système nerveux). Présent dans les selles des personnes contaminées, sa propagation se fait généralement par voie digestive (contamination de l’eau, aliments souillés) ou par une mauvaise hygiène des mains.

La coqueluche

Causée par une bactérie, la coqueluche est une maladie infectieuse respiratoire très contagieuse. Elle se transmet par voie respiratoire, notamment lors d’épisodes de toux. Le terme coqueluche est utilisé pour désigner une toux qui s’accentue depuis plus de 7 jours avec quintes, reprise respiratoire difficile et vomissements.

L’Haemophilus influenzae B (HiB)

Bactérie très répandue, elle se retrouve dans les voies aériennes supérieures (nez, gorge) et se transmet de personne à personne (toux, salive, postillons…). Elle peut causer des maladies telles qu’une méningite ou une pneumonie.

L’hépatite B

Cette maladie virale du foie est la cause de 1300 décès chaque année en France. Touchant essentiellement les adolescents et les jeunes adultes, sa vaccination a été rendue obligatoire par les autorités sanitaires en 2018.

Les infections à méningocoque C

Il s’agit d’une bactérie présente dans la gorge et le nez. Il existe plusieurs sérotypes. En France, les types B, W135, Y et C sont les plus répandus. Uniquement la vaccination contre le sérotype C est obligatoire chez les nourrissons et petits enfants nés après 2017, la vaccination contre le sérotype B est recommandée depuis 2021.

Les infections à pneumocoque

Les pneumocoques sont des bactéries à l’origine d’infections des voies respiratoires, d’otites, de pneumonies et de méningites, notamment chez les jeunes enfants. La contamination se fait de personne à personne (toux, salive, postillons…). Ce vaccin est également obligatoire depuis début 2018.

La rougeole, les oreillons et la rubéole

Ce sont 3 infections virales très contagieuses. Un seul vaccin permet de prévenir simultanément ces trois infections.

La fièvre jaune

En raison du risque de fièvre jaune en Guyane, le vaccin contre cette maladie y est obligatoire pour les résidents et les voyageurs (à partir de l’âge de 1 an). En Guadeloupe, à la Martinique, à la Réunion, à Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, la vaccination contre la fièvre jaune est obligatoire pour les voyageurs de plus de 1 an, en provenance ou ayant transité par une zone infectée par la fièvre jaune.

Afin de connaître l’âge pour la première injection (primovaccination) et le rappel / les rappels pour chaque vaccin, référez-vous au calendrier, que vous pouvez consulter dans notre article Le calendrier vaccinal en vigueur de 0 à 11 ans.

Ces vaccins obligatoires pour les nouveaux-nés sont destinés à protéger votre bébé contre ces maladies. Pensez à être à jour !

vaccin

Que signifie « obligatoires » ?

Cette notion de vaccins “obligatoires” n’est pas si claire.

D’un côté elle est contradictoire avec les libertés individuelles, mais le Conseil d’État (arrêté du 26 novembre 2001) et le Conseil Constitutionnel (décision N° 89-269 DC) ont largement statué sur le sujet, en faisant prévaloir le droit à la santé sur la liberté de conscience. De l’autre, la loi Kouchner du 4/3/2002 stipule que « aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne » (Art. L 1111-4 du code de la santé publique).

En Europe, la tendance est plutôt vers plus d’obligations vaccinales. Après l’Italie et la France, la Grèce, la Hongrie et d’autres pays ont rendu certains vaccins obligatoires, en dernier lieu l’Allemagne, qui a rendu obligatoire la vaccination contre la rougeole. Dans les pays scandinaves, sans « vaccins obligatoires », les couvertures vaccinales approchent pourtant les 95% pour l’ensemble des vaccinations de routine.

La Finlande, par exemple, pays sans aucune obligation, est le pays où l’on vaccine le plus et où a lieu le plus grand nombre d’essais vaccinaux.

L’obligation vaccinale partielle avait créé une fausse hiérarchie dans l’importance des valences. Pourtant les vaccins « uniquement » recommandés en France sont tout aussi nécessaires que les obligatoires et concernent des maladies bien plus fréquentes et qui mettent actuellement bien plus en danger la collectivité.

Tous les vaccins du calendrier vaccinal sont donc nécessaires. La surveillance de l’efficacité et des effets secondaires n’a jamais été aussi bien qu’aujourd’hui.

La vaccination est, après l’accès à l’eau potable, la mesure qui a eu le plus d’impact sur la santé dans le monde (OMS).

Par ailleurs, pour être accepté en collectivité avec d’autres enfants, que ce soit chez une assistante maternelle, en halte-garderie, à la crèche, à l’école ou en colonie de vacances, votre enfant doit être à jour de ses vaccinations obligatoires. Parents, veillez donc à bien respecter le calendrier vaccinal et à vous référer à son carnet de santé. Aussi, lors des consultations avec son pédiatre ou son médecin généraliste, n’hésitez pas à faire un point sur les vaccinations passées et à venir.

 

Mon enfant est tout le temps malade, il ne peut être vacciné

Les maladies aiguës banales ne sont pas, dans la majeure partie des cas, une contre-indication à la vaccination. Il est cependant classique de reporter la vaccination en cas de fièvre, pour ne pas rajouter à l’inconfort du patient et pour ne pas perturber la surveillance de la maladie en cours, par les réactions secondaires éventuelles du vaccin.

Même répétitives, ces maladies bénignes ne doivent pas, en revanche, être un prétexte pour reporter sans cesse l’application du calendrier vaccinal. Il existe toujours en effet des « intervalles libres », même en hiver, chez un enfant en crèche faisant des infections ORL à répétition. Bien au contraire, il semble encore plus important de respecter le calendrier vaccinal pour ces enfants pour leur éviter d’avoir, en plus, des maladies infectieuses évitables par les vaccins.

Nous n’avons pas respecté le calendrier vaccinal et sommes en retard pour les vaccins de notre enfant

Les connaissances que nous avons permettent d’affirmer que chaque dose injectée compte. En pratique, il suffit de reprendre le programme vaccinal là où il a été interrompu et de simplement pratiquer les doses manquantes. Les cellules de l’immunité gardent en mémoire les stimulations antigéniques vaccinales précédentes, l’injection complémentaire permettra de relancer l’immunité à un niveau protecteur. C’est pourquoi la plupart des rappels doivent être effectués avec un certain intervalle de temps, laissant aux premières injections déjà réalisées le temps de construire progressivement la réponse immunitaire.

L’exemple de l’immunité tétanos est très explicatif : au fur et à mesure des injections, le taux d’anticorps monte, pour s’abaisser ensuite progressivement avec le temps, tout en gardant, à chaque nouvelle injection, un taux résiduel de plus en plus élevé et prolongé.

Voir les fiches AFPA : Mes vaccins sont en retard et les vaccins, c’est juste pour donner du fric à l’industrie.

Les vaccinations recommandées

Ces vaccinations ne sont pas obligatoires mais très utiles pour vos enfants.

Le papillomavirus humain

Il est recommandé de faire vacciner votre enfant contre le papillomavirus humain (ou HPV), qui concerne actuellement les jeunes filles et les jeunes femmes mais aussi les jeunes garçons, depuis l’été 2020).

Le méningocoque B

Comme indiqué plus haut, il fait partie des infections à cette bactérie les plus répandues. Depuis juin 2021, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommande la vaccination de tous les bébés de 2 – 24 mois (et plus pour une injection de rappel) contre le méningocoque B. Le vaccin ©Bexsero est remboursé depuis Le 29 avril 2022.

En cas de risque particulier ou souhait parental, votre médecin peut également vous prescrire les vaccins contre la tuberculose, la grippe, l’hépatite A, la gastro-entérite à rotavirus, la varicelle, les autres sérotypes des infections invasives à méningocoque, et la covid.

La tuberculose

 Due au bacille tuberculeux, la tuberculose se développe en cas d’infection à cette bactérie. Les risques d’infections et de complications (méningite tuberculeuse) étant plus présents chez les enfants, il est recommandé de vacciner les nourrissons les plus vulnérables dès la naissance. Le vaccin BCG SSI, limite le risque de développer une infection et prévient les formes graves chez les jeunes enfants.

La grippe saisonnière

 La grippe est une infection saisonnière assez contagieuse se transmettant par voie respiratoire. Responsable d’épidémies annuelles survenant en hiver, sa vaccination est recommandée à partir de 6 mois chez les nourrissons les plus fragiles et protège contre les formes graves.

L’hépatite A

Il s’agit d’une maladie infectieuse transmise par des eaux contaminées ou l’ingestion d’aliments souillés. Le vaccin contre l’hépatite A est recommandé pour votre enfant s’il est scolarisé dans un internat, et si vous vous rendez dans des pays avec une hygiène précaire ou à risques.

La gastro-entérite à rotavirus

Le rotavirus, virus responsable de la gastro-entérite aiguë, atteint particulièrement les bébés et les enfants de moins de 5 ans. Très contagieuse, cette maladie apparaît généralement en hiver sous forme d’épidémie.

Depuis juillet 2022, La Haute Autorité de Santé recommande la vaccination contre les rotavirus de tous les nourrissons âgés de 6 semaines à 6 mois, selon un schéma vaccinal à deux doses (à 2 et 3 mois de vie) pour le vaccin monovalent (Rotarix) et à trois doses (à 2, 3 et 4 mois de vie) pour le vaccin pentavalent (RotaTeq), dans le strict respect de ce calendrier vaccinal afin de finaliser le schéma vaccinal avant l’âge limite (6 mois pour Rotarix et 8 mois pour RotaTeq)

La varicelle

La varicelle est une maladie infantile très contagieuse et immunisante : une fois attrapée, la personne est protégée pour la vie. Très fréquente au cours de la petite enfance, elle est, dans la grande majorité des cas, totalement bénigne.

C’est pourquoi la vaccination contre la varicelle n’est recommandée que pour les personnes n’ayant pas eu la varicelle dans l’enfance, à partir de l’âge de 12 ans.

Les autres sérotypes des infections invasives à méningocoque

Les infections graves à méningocoques touchent chaque année en France environ 500 personnes (2/3 de méningites, 1/3 de septicémies). Les plus touchés sont les jeunes, de 0 à 24 ans. Si nous avons déjà évoqué les infections à méningocoques de groupes C et B, il existe d’autres sérotypes, notamment les A, W et Y pour lesquels la vaccination est possible (vaccins tétravalents ACYW135). Un vaccin bivalent contre les types A et C est également disponible pour des situations particulières chez des bébés de 6 mois à 1 an.

La covid 19

La covid 19 est un virus appartenant à la grande famille des coronavirus. Il est très contagieux et provoque toux, fièvre et rhume chez la personne infectée. Depuis le 22 décembre 2021, la forme pédiatrique du vaccin Pfizer-BioNTech (trois fois moins dosée que la dose injectée aux adultes) est recommandée pour les enfants de 5 à 11 ans. L’objectif principal étant de protéger les enfants contre les rares formes graves de la maladie et de contribuer à l’immunité collective.

Retrouvez toutes les recommandations spécifiques dans le tableau des vaccinations recommandées chez les enfants et adolescents.

Pour en savoir plus sur les risques de maladies auto-immunes avec la vaccination, découvrez la fiche de l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA).

Découvrez et téléchargez le récapitulatif de nos astuces en matière de vaccination infantile en cliquant ici.

A savoir

Qu’est-ce qu’un vaccin 2, 3, 4… valences ?

Afin de réduire le nombre d’injections, les vaccins peuvent être combinés, associant plusieurs antigènes vaccinaux dans une même dose.

Ce sont les vaccins dits tétravalent, pentavalent, hexavalent… Un vaccin tétravalent (ou 4 valences) protège ainsi contre 4 maladies, un vaccin pentavalent contre 5 maladies, etc.

Et en pratique ?

Quelques conseils de l’association Sparadrap pour aider à passer ces étapes :

Cet article vous a-t-il été utile ?

« Guide des vaccinations », édition 2012, Direction générale de la santé, Comité technique des vaccinations. Edition INPES

Infovac-France, Ligne directe d’information sur les vaccinations : www.infovac.fr

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