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La pyélonéphrite ou infection urinaire haute : symptômes et traitement

Mis à jour le 18 mai 2022 3 de nos experts

Pyélonéphrite site mpedia

Votre enfant a de la fièvre, il la supporte beaucoup moins bien que lorsqu’il a un rhume, il est très fatigué, frissonne et n’a aucun autre point d’appel infectieux. Autant de symptômes qui font penser qu’il souffre peut-être d’une pyélonéphrite. Que faire en cas d’infection urinaire aiguë, avec de la fièvre ?

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Qu’est-ce que la pyélonéphrite ?

La pyélonéphrite est une infection urinaire qui touche les reins. On parle alors d’infection urinaire « haute », alors que la cystite, qui ne concerne que la vessie, est qualifiée d’infection urinaire « basse ». Cette dernière arrive habituellement après l’acquisition de la propreté et est plus fréquente chez la femme que chez l’homme, en particulier lors de la grossesse. Cette prédominance féminine n’est pas présente dans la première année de vie.

Quand suspecter une pyélonéphrite?

Les symptômes qui doivent faire évoquer le diagnostic sont :

  • une fièvre élevée, entre 38,5 et 40°, souvent accompagnée de frissons,
  • une grande fatigue.

Chez l’adulte et le grand enfant, il est possible de ressentir des douleurs lombaires. Les urines peuvent être troubles, malodorantes, avec parfois la présence de traces de sang.

Les signes urinaires n’existent pas chez le petit enfant et c’est généralement sur une fièvre importante, souvent mal supportée avec des frissons, des mains et des pieds froids sans autre cause médicale que le diagnostic de pyélonéphrite est évoqué.

Il faut savoir que parfois, la pyélonéphrite donne une fièvre peu élevée, intermittente (uniquement le soir par exemple), mais prolongée. Il faut donc réaliser une analyse d’urine en cas de fièvre prolongée de plus de 3 jours et inexpliquée par une autre cause à l’examen clinique.

Chez le nouveau-né, la pyélonéphrite peut ne s’accompagner d’aucune fièvre, mais donner des signes plus discrets : mauvaise prise de poids, jaunisse qui persiste, diarrhée, irritabilité, douleurs abdominales, présence de sang dans les urines… Il faut donc y penser.

En cas de symptômes laissant suspecter une pyélonéphrite aiguë, consultez un médecin au plus vite dans la journée. Une pyélonéphrite aiguë peut parfois être grave, notamment en la présence des signes suivants :

  • Troubles de la conscience
  • Faiblesse extrême
  • Troubles respiratoires
  • Pâleur
  • Peau marbrée

Dans ces cas précis on parle d’urosepsis, une hospitalisation en urgence est indispensable. Il en est de même chez les tout-petits durant les 3 premiers mois de la vie, surtout en cas d’altération de l’état général.

Comment faire le diagnostic ?

La pyélonéphrite est une infection bactérienne qui nécessite un traitement en urgence.
Il est donc important de consulter rapidement votre médecin.

L’idéal est d’amener un peu d’urine prélevée peu de temps avant la consultation et gardée au frais. Quand l’enfant est propre, les urines sont recueillies en milieu de jet après une petite toilette locale au savon et à l’eau. Quand l’enfant est trop petit, le recueil peut se faire avec des poches stériles achetées en pharmacie (urinocol fille ou garçon).

Grâce à une bandelette urinaire, le médecin recherche la présence de globules blancs (leucocytes) et de nitrites (signe indirect de la présence de germes). Si vous avez des bandelettes urinaires chez vous, vous pouvez également faire le test vous-même. Attention : les bandelettes ne doivent pas être périmées et la lecture doit se faire au bout de 2 minutes. Une lecture trop tardive compromet la fiabilité de l’interprétation. La bandelette urinaire n’est pas fiable chez le nourrisson de moins de 3 mois, chez lequel il faudra faire d’emblée une analyse au laboratoire.

Si la bandelette est négative, ce n’est pas une pyélonéphrite. En cas de positivité d’une ou des 2 plages de la bandelette, un ECBU (examen cytobactériologique des urines), sera réalisé de préférence en laboratoire. Si un germe est retrouvé, sa sensibilité aux antibiotiques sera testée (antibiogramme) pour adapter le traitement antibiotique.

Il est très important de faire les analyses d’urine (ECBU) dans d’excellentes conditions. Quand il n’y a pas eu de bonne toilette locale avec du savon ou une solution antiseptique, quand les urines n’ont pas été recueillies au laboratoire ou ont attendu plusieurs heures à température ambiante, les examens peuvent être faussement positifs et les enfants risquent d’être traités pour rien.

Attention par exemple aux examens qui retrouvent plusieurs germes. Il s’agit souvent d’une simple souillure et non d’une infection urinaire.

Si votre médecin n’est pas joignable, il faut vous rendre aux urgences pour ne pas retarder le diagnostic et le traitement.

Quelles sont les causes des pyélonéphrites?

La bactérie le plus souvent responsable des pyélonéphrites est l’Escherichia coli* (dans 60 à 90 % des cas). D’autres microbes aussi peuvent être responsables de pyélonéphrites (Protéus, entérocoque…).

Les microbes remontent du périnée dans la vessie puis parfois jusqu’au(x) rein(s) notamment quand il existe une anomalie de l’appareil urinaire comme un reflux vésico-urétéral ou un obstacle à l’écoulement des urines.

Chez le garçon, un prépuce étroit ou des adhérences étendues peuvent aussi être des facteurs favorisants d’infection urinaire.

Mais la plupart des enfants qui présentent une pyélonéphrite n’ont aucune malformation sous-jacente.

Comment soigner une infection urinaire ?

Un traitement antibiotique rapide est nécessaire. Il est souvent fait par voie intra-veineuse pendant 48 heures (72 heures chez les nourrissons) avec un relais oral pendant 8 jours, mais dans certains cas, il sera poursuivi par voie intra-veineuse pendant 10-14 jours au total. Selon son âge et son état clinique, l’enfant est hospitalisé ou non pour initier le traitement.

Le médecin démarre souvent le traitement antibiotique avant d’obtenir les résultats définitifs de l’ECBU qui prennent plusieurs jours, pour ne pas retarder la prise en charge. Il prescrit alors un traitement antibiotique « probabiliste », qu’il adaptera en fonction des résultats définitifs quelques jours plus tard, si besoin.

Faut-il faire des examens complémentaires ?

Une échographie rénale et des voies urinaires est toujours réalisée dans les jours suivants l’infection. Elle peut mettre en évidence une dilatation anormale des voies urinaires ou une complication comme un abcès rénal, rarement la présence de calcul (ou lithiase). En fonction des résultats de l’échographie, d’autres examens seront peut-être nécessaires pour compléter le bilan.

En effet, s’il existe un risque de complication, une scintigraphie rénale ou une cystographie rétrograde peut être nécessaire. Elles déterminent avec précision les atteintes au niveau du rein (abcès rénal), la fonction rénale et détectent de façon plus sensible les obstacles éventuels.

D’autre part, en cas de pyélonéphrite aigüe à risque de complication, il peut être nécessaire de réaliser des examens sanguins (prise de sang). Ils permettront de mettre en évidence une éventuelle augmentation des globules blancs en rapport avec l’infection, ou encore d’étudier le fonctionnement des reins.

Mesures de prévention

Quelques gestes santé et conseils permettent de réduire les risques d’infection urinaire :

  • Boire suffisamment,
  • Faire pipi régulièrement (au moins 5 à 6 fois/jour),
  • Traiter une éventuelle constipation,
  • Assurer une bonne hygiène locale : savon doux à Ph neutre, essuyage d’avant en arrière chez la fille,
  • Traiter une oxyurose (infection intestinale fréquente causée par un parasite),
  • Rechercher d’éventuels signes d’instabilité vésicale.

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