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La cystite ou infection urinaire basse : symptômes et traitement

Mis à jour le 10 octobre 2019 5 de nos experts

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Votre enfant a mal quand il fait pipi ? Il se met à uriner très souvent et en petites quantités ? Il est propre mais depuis quelques jours, il « s’échappe » à nouveau le jour et parfois la nuit ? Vous avez remarqué que ses urines sont très malodorantes ? Il souffre peut-être d’une cystite. Que faire en cas d’infection urinaire ?

Sommaire de l'article

Comment fonctionne la vessie, en temps normal ?

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Comment fonctionne normalement la vessie ?

Qu’est-ce que la cystite ?

La cystite est une infection urinaire qui touche la vessie.

On parle d’infection urinaire basse, à distinguer de la pyélonéphrite qui est une infection urinaire haute car elle touche les reins. La cystite s’accompagne toujours d’une urétrite (inflammation de l’urètre, petit conduit qui permet l’écoulement de l’urine vers l’extérieur).

Après la première année, pour des raisons essentiellement anatomiques, les filles sont plus souvent sujettes aux cystites que les garçons car leur urètre est plus court et s’ouvre au niveau de la vulve, à proximité de l’anus, dans un environnement riche en microbes, même en dehors de toute infection.

Environ 2 % des nouveau-nés et des nourrissons contractent des infections urinaires. À 6 ans, 7 % des filles et 2 % des garçons ont présenté au moins une fois une infection urinaire.

Quand suspecter une infection urinaire ?

Chez le grand enfant les signes cliniques sont ceux décrits chez les adultes, pas de fièvre mais :

  • des brûlures, des douleurs quand il fait pipi, parfois une douleur dans le bas du ventre entre les mictions,
  • des envies pressantes et fréquentes d’uriner pour de petites mictions,
  • des urines souvent troubles et avec une odeur inhabituelle, parfois rouges parce qu’elles peuvent contenir du sang (hématurie),
  • des douleurs quand il fait pipi parfois telles qu’il peut refuser d’aller uriner et se mettre en rétention d’urine.

Chez l’enfant plus jeune et qui n’a pas encore acquis la propreté, les cystites sont beaucoup plus rares que les pyélonéphrites (voir article) et les symptômes souvent plus difficiles à déceler. Toujours pas de fièvre, mais :

  • des urines malodorantes, parfois rosées dans la couche,
  • une impression de douleurs lors des mictions,
  • parfois un appétit diminué ou un comportement inhabituel.

Vous pensez que votre enfant débute une cystite : que faire ?

La cystite n’est pas une urgence thérapeutique comme peut l’être une pyélonéphrite. Toutefois c’est une pathologie très inconfortable qui nécessite un traitement rapide.

L’idéal est d’amener un peu d’urine prélevée peu de temps avant la consultation et gardée au frais. Quand l’enfant est propre, les urines sont recueillies en milieu de jet après une petite toilette locale au savon et à l’eau. Quand l’enfant est trop petit, le recueil peut se faire avec des poches stériles achetées en pharmacie (urinocol fille ou garçon).

Grâce à une bandelette urinaire (Uritest ou Uritop 2), le médecin recherche la présence de globules blancs (leucocytes) et de nitrites (signe indirect de la présence de germes). Si vous avez des bandelettes urinaires chez vous, vous pouvez également faire le test vous-même.Attention : les bandelettes ne doivent pas être périmées et la lecture doit se faire au bout de 2 minutes. Une lecture trop tardive compromet la fiabilité de l’interprétation.

Si la bandelette est négative, ce n’est pas une cystite. En cas de positivité d’une ou des 2 plages de la bandelette, un ECBU (examen cytobactériologique des urines), sera réalisé de préférence en laboratoire. Si un germe est retrouvé, sa sensibilité aux antibiotiques sera testée (antibiogramme) pour adapter le traitement antibiotique.

Il est très important de faire les analyses d’urine (ECBU) dans d’excellentes conditions. Quand il n’y a pas eu de bonne toilette locale avec du savon ou une solution antiseptique, quand les urines n’ont pas été recueillies au laboratoire ou ont attendu plusieurs heures à température ambiante, les examens peuvent être faussement positifs et les enfants risquent d’être traités pour rien.

Attention par exemple aux examens qui retrouvent plusieurs germes. Il s’agit souvent d’une simple souillure et non d’une infection urinaire.

Quelles sont les causes des cystites?

La cystite est généralement due à la bactérie Escherichia Coli*, mais peut être aussi induite par d’autres micro-organismes.

Toute gêne à la vidange de la vessie favorise les infections urinaires, hautes ou basses. En effet, les bactéries remontent du périnée, se multiplient dans l’urine qui stagne dans la vessie. Les plus agressives d’entre elles contaminent le système urinaire à des étages variables (vessie dans les cystites, reins dans les pyélonéphrites…).

La constipation est une cause fréquente de cystite car une vessie ne se vide complètement que si le rectum n’est pas encombré de matières.

Les mictions rares des adolescentes qui refusent d’aller aux toilettes au collège ou au lycée, l’absence de boissons suffisantes pendant la journée, les vulvites (souvent elles-mêmes favorisées par la présence d’oxyures ou par une mauvaise technique d’essuyage), l’instabilité vésicale sont autant de causes potentielles des cystites.

Quel traitement ?

Le traitement antibiotique sera adapté à l’antibiogramme. La durée moyenne du traitement est de 5 à 8 jours. Même si les symptômes disparaissent rapidement, terminez le traitement pour éviter les récidives.

Faut-il faire des examens complémentaires ?

A la première cystite, quel que soit l’âge de l’enfant, qu’il s’agisse d’une fille ou d’un garçon, une échographie rénale et vésicale peut être prescrite. Ce qui n’est qu’une simple précaution à la première cystite est important en cas de rechute ou récidive.

Mesures de prévention

Quelques gestes et conseils permettent de réduire les risques d’infection urinaire :

  • boire suffisamment,
  • ne pas se retenir trop longtemps,
  • s’essuyer de l’avant vers l’arrière,
  • traiter une constipation éventuelle,
  • ne pas méconnaître certains troubles mictionnels tels que l’instabilité vésicale.

Pour plus de conseils sur la prévention des cystites, n’hésitez pas à consulter notre article sur le sujet.

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