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6 à 12 mois, poursuite de la diversification

Mis à jour le 14 mai 2021 Dr Alain BOCQUET

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Entre 6 et 12 mois, la diversification se poursuit, en fonction des besoins nutritionnels de votre enfant (voir le tableau de la diversification). Votre bébé apprend peu à peu à tenir sa cuillère et à manger des aliments solides de plus en plus variés.

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Vers 6 mois

L’allaitement ou les biberons continuent, mais l’un des biberons ou l’une des tétées de la journée est supprimé, généralement à midi, pour introduire d’autres aliments (il reste 3 tétées ou biberons par jour environ). Une cuillère à soupe de farine, c’est à dire de céréales 2e âge avec gluten peut être ajoutée dans le biberon du matin et / ou du soir.

La grande nouveauté pour votre bébé à 5/6 mois, c’est l’apparition des protéines animales autres que les protéines du lait. Viande, poisson et œuf font donc leur entrée dans les menus de votre enfant, en toutes petites quantités. Prévoyez 2 cuillères à café de viande ou de poisson mixé ou ¼ d’œuf avec les légumes (purée maison ou petit pot). Toutes les viandes sont conseillées, viandes rouges ou viandes blanches, en évitant toutefois les abats et la charcuterie, à l’exception du jambon blanc, dégraissé et découenné (qui n’est cependant pas la meilleure viande). Le poisson doit être proposé 2 fois par semaine, frais ou surgelé, non pané : 1 fois du poisson maigre (cabillaud, colin, merlan, sole, etc.), et 1 fois du poisson gras (saumon, maquereau, sardine, hareng). Il faut éviter certains poissons apportant potentiellement du PCB (anguille, barbeau, brème, carpe, silure), ou du méthyl-mercure (espadon, marlin, siki, requin et lamproie). La consommation des poissons prédateurs sauvages doit être limitée : lotte (baudroie), loup (bar), bonite, empereur, grenadier, flétan, brochet, dorade, raie, sabre, thon…

Ajoutez à ce mélange de légumes et de protéines, une cuillère à café d’huile végétale crue (colza, noix, soja, et parfois olive, en évitant tournesol, maïs, pépins de raisin et arachide). De temps en temps on peut remplacer l’huile par 1 noisette de beurre cru ou 1 cuillère à café de crème fraiche non cuite. Enfin, vous pouvez compléter ce repas par une compote de fruits cuits ou crus écrasés ou mixés.

Il peut s’agir :

  • soit de repas préparés à la maison, en privilégiant les circuits courts et le label « bio »,
  • soit d’aliments industriels spécifiques pour les enfants en bas âge (moins de 3 ans) régis par une réglementation stricte, sous forme de petits pots (conserves), de plats en emballages souples sous vide ayant subi une courte stérilisation, ou d’aliments de base ou de plats sous forme surgelée.

Vous pouvez également commencer les laitages au moment du goûter. Les yaourts ou petits suisses « spéciaux bébé » sont à privilégier car ils respectent la réglementation des aliments pour enfants en bas âge. Ils contiennent moins de protéines et peuvent être enrichis en fer, acides gras essentiels et vitamines. Un boudoir, une croûte de pain, une compote peuvent compléter ce goûter.

Enfin, les jus de fruit (100% fruits, sans sucres ajoutés) ne sont pas indispensables, Les fruits pressés restent la meilleure solution à condition d’être bus rapidement après leur préparation, mais le fruit entier est toujours préférable au jus de fruits.

Vers 9 mois

Vous continuez à allaiter ou à donner 2 à 3 biberons par jour à votre enfant, avec une à deux cuillères à soupe de céréales, éventuellement chocolatées, dans le biberon du matin.

A partir de 9 mois, votre enfant peut commencer à savourer tous les légumes, même s’ils sont forts en goût ou fibreux. Ajoutez toujours une cuillère d’huile végétale (colza, noix, olive), ou une noisette de beurre cru ou une cuillère à café de crème fraiche. Une compote ou un « petit pot de fruits » ou un laitage peuvent compléter le repas du soir.

Les purées sont de moins en moins lisses. Votre bébé déguste désormais de plus en plus souvent les légumes ou les fruits en morceaux, qu’il prend plaisir à attraper avec ses doigts dans son assiette : les morceaux doivent être séparées de la purée.

Vers 1 an

L’alimentation de votre enfant est désormais diversifiée, mais il se nourrit encore de lait. Il a besoin d’environ 500 à 800ml de lait ou équivalents laitiers (laitages et fromages) par jour, mais ne lui en donnez pas trop, il risque d’avoir un apport trop riche en protéines. Pour l’apport en calcium, un yaourt ou 15 grammes de gruyère équivalent à 100 ou 120 ml de lait. Vous passez du lait 2èmeâge au « lait de croissance » qui peut être liquide ou en poudre. Si l’on utilise du lait de vache ce doit être du lait entier pour apporter à l’enfant la quantité de lipides recommandée. Cependant le lait de croissance doit être préféré car il apporte davantage de fer, d’acides gras essentiels et de vitamines, moins de protéines et de sels minéraux, et moins de polluants : 2 à 3 fois moins de PCDD/F (polychlorodibenzo-dioxines et polychlorodibenzo-furanes) et 2 à 6 moins plus de PCB (Anses 2016c).

Votre enfant découvre désormais tous les aliments. N’hésitez pas à varier tous les fruits et légumes, à lui faire découvrir de nouvelles saveurs, sans oublier les abats et les fruits de mer par exemple. Les fromages un peu forts ne sont pas interdits, mais il faut éviter :

  • les fromages au lait cru,
  • les préparations à base d’œuf cru : mousse au chocolat ou mayonnaise par exemple,
  • les poissons crus (tartares et sushis) et les viandes peu cuites.

Afin de diversifier et d’agrémenter les petits plats de bébé, en particulier des légumes un peu fades, jouez avec les herbes aromatiques (basilic, persil, ciboulette, estragon, aneth, laurier, thym, romarin,) ou les épices: muscade, cumin, coriandre, en évitant poivre et piment. Les épices peuvent aussi être invités dans les desserts : vanille, cannelle, etc. Le miel peut être débuté.

Les fritures sont à éviter, ainsi qu’un abus de sel ou de sucre dans les menus de votre enfant. Enfin, ne l’incitez pas au grignotage entre les repas. Il va apprendre peu à peu à apprécier votre cuisine. Vos habitudes culturelles et familiales sont importantes à partager avec votre bébé, n’hésitez pas à lui faire découvrir.

 

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  1. Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Avis du 30 juin 2020 relatif à la révision des repères alimentaires pour les enfants âgés de 0-36 mois et de 3-17 ans
  2. Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) Avis du 12 juin 2019 relatif à l’actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les enfants de 0 à 3 ans
  3. Mary Fewtrell, Jiri Bronsky, Cristina Campoy et al. Complementary Feeding: A Position Paper by the European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition (ESPGHAN) Committee on Nutrition. JPGN Volume 64, Number 1, January 2017 ;119-32.
  4. Ierodiakonou D et al. Timing of allergenic food introduction to the infant diet and risk of allergenic or auto- immune disease. A systematic review and meta-analysis. JAMA 2016;316:1181 – 92.
  5. D. Turck et le Comité de Nutrition de la Société française de pédiatrie. Diversification alimentaire : évolution des concepts et recommandations. Archives de Pediatrie 2015;22:457-460.

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