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Entre 6 et 12 mois : alimentation variée, rythme régulier

Mis à jour le 28 janvier 2021 Dr Alain BOCQUET

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A 6 mois environ, votre bébé a commencé à savourer de nouveaux goûts, à découvrir de nouvelles textures, mais le lait reste indispensable à son alimentation. C’est également la période pendant laquelle votre enfant bouge plus. Il a donc besoin d’énergie !

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Quantités de protéines selon l'âge

Le lait, encore à la base de l’alimentation

Le calcium reste indispensable à la croissance de votre bébé. A partir de 6 mois, en rapport avec son poids, votre enfant a besoin de cinq fois plus d’apports en calcium que vous. En fournissant la majeure partie du calcium nécessaire au bon développement de ses os, le lait, sous forme de lait maternel ou de lait infantile, reste l’aliment de base de son alimentation.

Après 6 mois et jusqu’à 3 ans, il faut compter entre 500 et 800 ml de lait ou d’équivalents laitiers par jour. Vous pourrez ainsi ajouter progressivement aux 500 ml de lait recommandés un laitage, et une portion de fromage. Si votre enfant boit peu de lait, il sera remplacé par davantage de laitages ou fromage. A cet âge de 1 an, les fromages au lait cru sont à éviter.

Si vous le nourrissez au biberon, vous passerez progressivement à partir de 5 ou 6 mois au lait 2ème âge (appelé réglementairement “lait de suite”). Le lait de vache apporte trop de protéines, de sels minéraux et de sel, il est trop pauvre en fer, en zinc, en acides gras essentiels et certaines vitamines. Le lait 2ème âge apporte en comparaison avec le lait de vache entier : 20 à 30 fois plus de fer, 2 à 3 fois moins de protéines, beaucoup plus d’acides gras essentiels, surtout omégas 3, moins de sels minéraux, 2 à 3 fois moins de sel, 2 fois plus de zinc, et plus de vitamines A, D, E, C. Le lait de vache entraîne une exposition nettement plus élevée aux contaminants que les laits infantiles : 2 à 3 fois supérieure pour le PCDD/F (polychlorodibenzo-dioxines et polychlorodibenzo-furanes) et 2 à 6 fois supérieure pour le PCB *. Les laits de chèvre, d’ânesse, de jument et de brebis sont clairement non adaptés à l’alimentation des enfants de cet âge.

Les yaourts courants ne sont pas adaptés pour la nutrition d’un bébé. De plus votre enfant a besoin de matières grasses et si vous donnez des yaourts au lait ½ écrémé vous le privez de la moitié de sa ration de matières grasses. Il est conseillé d’utiliser des laitages spécifiques pour bébé car ils contiennent moins de protéines (en moyenne 2 fois moins) et certains sont supplémentés en fer et en acides gras essentiels. De plus ils sont conformes à la réglementation stricte concernant les aliments pour enfants en bas âge. On ne trouve plus de laitages spécifiques bébé en rayon frais, mais en présentation longue conservation. Les laitages peuvent être sucrés : le sucre n’est pas interdit chez l’enfant, il doit faire partie des saveurs proposées, mais l’excès de sucre peut être nocif. L’ajout de fruits dans les laitages permet de varier les desserts. La réglementation française interdit aux industriels l’utilisation des laits 2eâge pour la fabrication des laitages en raison de l’apport en vitamines A et D. Les laitages spécifiques pour bébés du commerce ne sont donc plus équivalents à du lait 2eâge.

Certains laitages courants ont un packaging qui peut les faire passer pour des laitages spécifiques pour bébé…

Vous pouvez faire vous-même vos yaourts avec du lait 2ème âge (à condition qu’il ne contienne pas de pro biotiques), en respectant les règles d’hygiène et de conservation habituelles, ainsi ils seront vraiment équivalents à du lait 2eâge !

Un changement de rythme

Entre 6 et 12 mois, le rythme d’alimentation de votre enfant s’établit à 4 repas par jour, à heures régulières. Sur ses 4 repas, prévoyez de l’allaiter au moins deux fois ou de lui donner encore 2 biberons s’il est sevré de l’allaitement maternel. C’est également le moment pour votre enfant de découvrir le goût de la viande, du poisson et des œufs, il connaît déjà les légumes, les fruits et les céréales. Les quantités sont encore faibles, puisque jusqu’à 12 mois il ne faut compter que 10g par jour du total – viande, poisson et œuf – ce qui représente 2 cuillères à café de viande ou poisson cuit mixé, ou ¼ d’œuf. Vous pouvez lui proposer des légumes cuits (son système digestif est encore fragile) à midi et/ou le soir, ainsi que des fruits cuits ou crus bien mûrs, pour le déjeuner et/ou le goûter.

A partir de 9 mois, il est temps d’offrir à votre bébé des céréales sous forme de semoule, riz, petites pâtes, maïs (polenta), etc. ou des féculents : pomme de terre, tapioca, et légumes secs écrasés ou mixés (lentilles, pois cassés, haricots secs, pois chiches, fèves, etc.). Les glucides complexes (céréales et féculents), nécessaires à sa croissance, devront progressivement être présents à chaque repas. Il est important que votre enfant commence à découvrir une alimentation variée et équilibrée.

Évitez les boissons sucrées. Ces dernières sont inutiles voire nocives, et l’eau est suffisante en complément du lait maternel ou infantile. Faites attention également au sel. Les reins de votre enfant sont encore immatures, ils éliminent mal les excès de sel, avec un risque d’élévation de la tension artérielle et d’accoutumance au goût salé.

Souvent à partir de 9 mois, votre enfant veut essayer de tenir seul sa cuillère et d’attraper sa tasse ou son assiette.

Un changement de textures

Entre 6 et 9 mois vous pouvez proposer un biscuit ou une croûte de pain (morceau de pain riche en croûte) que votre enfant prendra avec sa main et portera lui-même à sa bouche.

Les purées et compotes seront progressivement mixées moins finement.

C’est aussi l’âge où il prend plaisir à porter des petits morceaux de légumes, de fruits ou de fromage à sa bouche. Il ne faut pas retarder cette étape importante qu’il est conseillé de débuter vers 8 ou 9 mois. Il faut séparer l’alimentation mixée qui lui sera donnée à la cuillère et les petits morceaux qu’il portera lui-même à sa bouche, sinon, en mélange, il risque de refuser de manger ou fera mine de s’étouffer s’il se retrouve avec deux textures différentes en bouche.

* Anses 2016 c

Je retiens !

12 mois, un tournant

A un an, votre enfant passe d’une nourriture spécialement pensée pour les nourrissons, à une nourriture de petit enfant. Attention à ne pas passer trop vite aux aliments de l’adulte ! Les aliments spécifiques pour bébés et enfants en bas âge (jusqu’à 3 ans) sont adaptés à ses besoins, ils comprennent les nutriments nécessaires en justes quantités et présentent toutes les garanties de sécurité alimentaire et ils sont soumis à une réglementation sévère en comparaison avec les aliments courants :

  • Interdiction des conservateurs, des colorants, des édulcorants, des arômes artificiels, et des hormones
  • Un nombre très limité d’additifs est autorisé (53 vs 400)
  • La quantité de contaminants est très contrôlée : pour les pesticides (500 fois moins), les nitrates (10 fois moins), les mycotoxines, les métaux, etc.
  • Il existe une surveillance des contaminants microbiologiques après stérilisation ou pasteurisation (ex : listeria 10 contrôles vs 1)

Ceci ne vous empêchera pas de préparer vous-même des petits plats “maison” pour votre bébé, de temps en temps ou souvent selon vos possibilités, en suivant quelques règles : choisissez des légumes et fruits de préférence « bio », privilégiez les circuits courts, limitez le sel, évitez le graisses cuites et les fritures mais ajoutez des huiles végétales (colza ou noix de préférence) ou du beurre frais, limitez les quantités de viande, poisson et œuf à 10 g avant un an et 20g entre 1 et 2 ans. En adoptant une alimentation plus diversifiée, soyez vigilants en ce qui concerne l’équilibre alimentaire de votre enfant.

On remarque en effet souvent que les jeunes enfants consomment trop de protéines, trop de sel, et manquent de vitamines, de lipides et de fer. Il est bon de continuer à proposer du lait de croissance à votre bébé, jusqu’à l’âge de trois ans.

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  1. Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Avis du 30 juin 2020 relatif à la révision des repères alimentaires pour les enfants âgés de 0-36 mois et de 3-17 ans
  2. Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) Avis du 12 juin 2019 relatif à l’actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les enfants de 0 à 3 ans
  3. Mary Fewtrell, Jiri Bronsky, Cristina Campoy et al. Complementary Feeding: A Position Paper by the European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition (ESPGHAN) Committee on Nutrition. JPGN
  4. Ierodiakonou D et al. Timing of allergenic food introduction to the infant diet and risk of allergenic or auto- immune disease. A systematic review and meta-analysis. JAMA 2016;316:1181 – 92.
  5. D. Turck et le Comité de Nutrition de la Société française de pédiatrie. Diversification alimentaire : évolution des concepts et recommandations. Archives de Pediatrie 2015;22:457-460.

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