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Lutte contre le sommeil depuis son séjour chez son père

il y a 1 an

Bonjour,

Depuis son retour de vacances avec son père il y a 10 jours, mon fils lutte de plus en plus au moment du coucher, que ce soit le soir ou à la sieste. Le rituel est le même chez son père et chez moi : 2 histoires avec un biberon de lait, puis un moment câlin dans le noir (avec un veilleuse) et avec sa musique.
Le problème arrive lorsqu’on doit sortir de la pièce, il demande alors encore des câlins, toujours des câlins, dit qu’il n’arrive pas à dormir (sans se rendre compte que cela fait à peine 2 minutes qu’il est seul), nous rappelle, sort de son lit…
Ma chambre est à côté de la sienne et il sait que je ne suis pas loin, mais ça ne suffit pas à le rassurer.
Je reste patiente un certain temps et veux bien y retourner une à deux fois pour le rassurer, puis je deviens plus ferme jusqu’à le gronder car je vois bien que le rituel pourrait durer 2h. Parfois il se réveille après s’être endormi 2 minutes et ne se rend même pas compte qu’il dormait.
Il y a deux nuits il est venu dans mon lit à 4h30, je l’ai ramené dans le sien mais il est revenu à 5h et j’ai abandonné, le laissant rester.
J’ai des tas d’histoires sur la peur du noir, du soir, sur la séparation avec les parents etc, mais rien ne semble le rassurer, il ne veut pas être seul…
Y a-t-il un élément auquel je n’ai pas pensé ? Il gagne en autonomie ces derniers temps (s’habille seul, fait du vélo sans les petites roues, va de plus en plus vers les enfants pour jouer etc…), est-ce dû à ça ?

La réponse de notre expert

SALINIER Catherine, Dr, Pédiatre Pédiatre Ambulatoire & Past Présidente de l'AFPA
 Dr Catherine SALINIER

Bonjour Madame,

Il m’est assez difficile de vous répondre ne sachant pas depuis quand date votre séparation d’avec le papa de votre enfant. Je ne sais pas non plus combien de temps il est resté séparé de vous pour ces vacances là. Je ne sais pas non plus les conditions de votre séparation (conflits antérieurs en présence de l’enfant ou non) ni comment est votre relation aujourd’hui ni si l’un ou l’autre imposez à cet enfant un(e) autre compagne(on)… Les séparations entrainent inévitablement chez l’enfant une réactivation du système d’attachement et souvent des angoisses de séparation. Cependant les angoisses de séparation sont fréquentes chez tout enfant même sans séparation des parents. Il serait très imprudent et malhonnête de ma part de vous donnez cela comme seule explication. Je vous donne là uniquement quelques pistes de réflexion à explorer, avec son papa si possible.

Quant à la solution” technique” il n’y en a pas 36 !! et tout dépend de votre état d’esprit. Si vous dormez seule et que votre enfant est sécurisé de dormir avec vous ce n’est pas très gênant dans la mesure où il doit comprendre que ce n’est pas définitif. Vous pouvez décider avec lui c’est pour une ou deux nuits après le retour de chez son papa. On peut aussi décider qu’il peut vous rejoindre le matin mais que c’est vous qui dites si c’est l’heure ou non, avant cette heure il retourne dans son lit. On peut décider qu’il s’endorme dans votre lit mais que quand vous couchez il retourne dans le sien etc… C’est à vous de trouver des compromis MAIS de vous y tenir car lui va toujours vouloir pousser le cadre.

Il y a surtout la solution ferme : interdiction de se lever ou d’appeler une fois couché : Il est question non pas de se fâcher (ce qui terrorise l’enfant qui a déjà peur) mais d’être très très ferme calme et sereine (ce qui rassure l’enfant de vous voir calme et sûre de vous) et de ramener l’enfant dans son lit autant de fois que nécessaire. La porte de sa chambre doit être ouverte et une lumière allumée dans une pièce à côté de façon à ce qu’il entende les bruits de la maison (vaisselle, ménage, Tv etc …) mais pas de veilleuse ni de musique qui en fait accentuent sa solitude dans sa chambre.

Voilà faites au mieux en fonction de ce que vous pourrez tenir. Inutile de vous noyer dans la fermeté si vous n’y êtes pas prête car ce sont les allers retours qui encouragent l’enfant à déroger aux règles ! Par contre quel bonheur quand on y déroge exceptionnellement !!

Bon courage