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Les laits de croissance : pourquoi, pour qui ?

Mis à jour le 04 juillet 2014 2 de nos experts

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Entre 1 et 3 ans, l’alimentation de l’enfant est complètement diversifiée. Néanmoins l’apport lacté reste essentiel et, en dehors des rares cas d’allaitement maternel poursuivi à cet âge, il est important de choisir le lait qui sera le plus adapté, car l’enfant a encore des besoins spécifiques que les aliments autres que le lait ne couvrent que partiellement. Les laits infantiles dits « lait de croissance » sont des préparations spécifiques dont les compositions nutritionnelles sont adaptées aux besoins de l’enfant en bas âge comme l’ont été les laits 1er puis 2ème âge.[1,2]

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Lait de croissance

Le lait de croissance est recommandé pour contribuer aux besoins nutritionnels spécifiques de l’enfant de 1 à 3 ans, afin de pallier les éventuels déficits, ou excès, en rapport avec la diversification alimentaire. Spécialement conçu pour répondre aux besoins nutritionnels, le lait de croissance apporte, en complément d’une alimentation diversifiée, la juste dose en nutriments nécessaire au développement harmonieux du jeune enfant.

Pourquoi un lait de croissance ?

Les laits de croissance, proposés à partir de 10-12 mois et jusqu’à 3 ans ont plusieurs caractéristiques essentielles, ce qui doit les faire préférer au lait de vache.

  • Le lait de croissance apporte du fer en quantité adaptée aux apports nutritionnels conseillés chez les moins de 3 ans. Il en contient environ 25 fois plus que le lait de vache. La carence en fer est la plus fréquente des carences nutritionnelles dans les pays industrialisés. Elle touche environ 20 % des enfants au cours des 3 premières années de vie lorsqu’ils consomment du lait de vache, mais seulement 5 % des enfants qui consomment du lait de croissance [3, 4]. Elle peut être responsable d’une moindre résistance aux infections d’un retard des acquisitions cognitives, voire d’un retard de croissance et, à l’extrême, d’une anémie.
  • Le lait de croissance apporte des quantités de protéines plus adaptées aux apports nutritionnels conseillés chez les moins de 3 ans. Il contient beaucoup moins de protéines que le lait de vache : 1,6 g/100ml en moyenne, au de 3,5 g/100ml. Les enfants consomment trop de protéines. Or, un apport excessif en protéines majore le risque ultérieur de surpoids et d’obésité. De plus, l’excès de protéines peut entraîner une surcharge rénale chez le petit enfant dont les reins sont encore immatures.
  • La croissance et le développement rapides d’un enfant de 1 à 3 ans exigent des apports supérieurs en lipides (matières grasses) et acides gras essentiels, du fait d’une dépense énergétique particulièrement élevée par rapport au poids corporel, et parce qu’ils représentent des éléments essentiels pour le développement du cerveau. Ainsi, chez l’enfant en bas âge, la part qu’occupent les lipides dans l’alimentation doit atteindre 45 % de l‘apport énergétique total contre 30 % seulement chez l’adulte. Le lait de croissance apporte aussi des acides gras essentiels, alors que le lait de vache contient peu d’omégas 6 et pratiquement pas d’omégas 3. A noter que dans le lait demi écrémé, la quantité de matières grasses est divisée par deux.
  • Le lait de croissance apporte nettement moins de sels minéraux qui peuvent surcharger le travail rénal, et deux à trois fois moins de sel (l’excès de sel retentit sur la pression artérielle dès le plus jeune âge.
  • Le lait de croissance apporte deux fois plus de zinc.
  • Comme tout lait infantile, le lait de croissance est enrichi en vitamines A, E, C et surtout D.

Au-delà du risque nutritionnel, la consommation de lait de vache à la place du lait de croissance conduit à observer des niveaux d’exposition nettement plus élevés, notamment pour les contaminants apportés par les produits lactés. Par exemple, chez les enfants consommant exclusivement du lait de vache, l’exposition totale aux PCDD/F (polychlorodibenzo-dioxines et polychlorodibenzo-furanes) est 2 à 3 fois supérieure et celle en PCB est 2 à 6 fois supérieure à celle des enfants consommant des préparations infantiles.[5]

A éviter

Les boissons végétales (amande, noisette, avoine, châtaigne, soja) ou les laits d’origine animale, autre que bovine (chèvre, brebis, jument, ânesse) ne sont pas conformes à la réglementation des laits destinés aux enfants de moins de 3 ans. Entre 1 et 3 ans, vous devez éviter de les utiliser à la place du lait de croissance. En effet, leur utilisation a toutes chances d’entraîner des carences en acides gras essentiels, en calcium et en vitamines, à un moment important du développement de l’enfant.

A savoir

Il existe des laits de croissance sous forme liquide ou en poudre : ceux-ci sont habituellement sans sucre et ne sont pas parfumés à la vanille.

L’utilisation d’un lait de croissance à la place du lait de vache entier n’entraine qu’un surcoût limité : 0,30 à 0,50 euros par jour.

Si vous n’utilisez pas de lait de croissance, surtout ne proposez pas de lait demi-écrémé, mais du lait entier afin d’assurer l’apport nutritionnel adapté. En effet, à cet âge il n’est pas question de réduire la quantité de lipides pour votre enfant.

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[1] Avis du Haut Conseil de la santé publique relatif à la révision des repères alimentaires pour les enfants âgés de 0-36 mois et de 3-17 ans. 30 juin 2020.

[2] Ghisolfi J, Vidailhet M, Fantino et al. Lait de croissance ou lait de vache : que recommander pour les enfants de 1 à 3 ans. Arch Pediatr. 2011 Apr; 18(4): 355-8.

[3] Akkermans M D, van der Horst-Graat J M, Eussen S R et al. Iron and Vitamin D Deficiency in Healthy Young Children in Western Europe Despite Current Nutritional Recommendations. JPGN 2016 (62);4:635-42.

[4] Sacri A S, Bocquet A, de Montalembert M, et al, Young children formula consumption and iron deficiency at 24 months in the general population: A national-level study. Clin Nutr. 2020 May 7:S0261-5614(20)30215-6.

[5] ANSES. Avis relatif à l’actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les enfants de 0 à 3 ans et de 4 à 17 ans. Saisine 2017-SA-0145 publié le 12 juin 2019.

Drs Jean-Pierre Chouraqui,  Georges Thiébault et Alain Bocquet, pédiatres

Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie. Lait de vache ou lait de croissance : quel lait recommander pour les enfants en bas âge (1-3 ans) ? Archives de Pédiatrie ;18(4) : 355-358. Doi : 10.1016/j.arcped.2010.12.023

Chouraqui J.-P. Préparations pour nourrissons, de suite et pour enfants en bas âge : O Goulet, M Vidailhet, D Turck, coordinateurs. Alimentation de l’enfant en situation normale et pathologique. 2ème édition, Doin éditeurs, Paris. 2012 : 137-49.

Mouterde O. Le choix d’un lait artificiel. Médecine & Enfance ; avril 2010 : p2 – 5.

Site internet de l’AFPA sur les laits infantiles.

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