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1 et 3 ans : Besoins nutritionnels de mon enfant

Mis à jour le 27 mars 2019 2 de nos experts

 Dr Alain BOCQUET
SB

Écrit par 2
de nos experts

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A partir de 4 à 6 mois, vous avez commencé à proposer une diversification de l’alimentation de votre enfant. Entre 1 et 3 ans, cette diversification va évoluer vers une alimentation de plus en plus variée, se rapprochant progressivement de la vôtre,en restant vigilant car votre enfant a des besoins nutritionnels encore bien spécifiques. Les apports en lait restent très importants. Comment se passe cette transition ?

La période qui va de 1 à 3 ans est une phase d’apprentissage de l’alimentation des adultes. Votre enfant continue à avoir besoin d’un apport quotidien de lait, et il découvre une multitude de nouvelles saveurs. Avant 2 ans, il accepte volontiers de nouveaux aliments, avec leur saveur et leur texture particulières. Cette découverte est facilitée par la convivialité, en particulier lors des repas en famille, mais aussi en crèche avec les autres enfants. Passé 2 à 3 ans, il risque d’être plus « difficile » (sélectif) : c’est la période de la « néophobie » (peur des aliments nouveaux). Il faut donc profiter de la période qui va de la diversification à 3 ans pour aiguiser sa curiosité gustative en lui faisant découvrir un maximum d’aliments nouveaux ! Toutefois, ne le forcez pas à manger un aliment qui lui déplaît vraiment: il faudra lui proposer ultérieurement, et à plusieurs reprises, jusqu’à une dizaine de fois et il l’appréciera probablement peu à peu, à son rythme.

Sommaire de l'article

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Quantités de protéines selon l'âge

Le lait, toujours présent

Jusqu’à 3 ans, vous proposerez chaque jour 500 ml de lait à votre enfant, (800ml au maximum), cette ration comprenant le lait et les équivalents laitiers (laitages et fromages). Ainsi pour l’apport en calcium un yaourt ou 2 petits-suisses ou 15g de gruyère sont l’équivalent de 125ml de lait. A noter toutefois : il n’est pas souhaitable de donner 8 petits suisses par jour en remplacement des 500 ml de lait car les apports en protéines ne sont pas les mêmes

  • Les laits de croissance sont recommandés jusqu’à 3 ans et même au-delà. Le lait représente le principal apport de calcium, nécessaire à une bonne croissance osseuse. En comparaison avec le lait de vache, les laits de croissance apportent davantage de fer, d’acides gras essentiels de zinc et de vitamines, en limitant l’apport de protéines et de sels minéraux. Il existe 40 références de laits de croissance en poudre et 26 références sous forme liquide prête à l’emploi? 18/66 sont aromatisés.
  • Les laitages spécifiques pour enfants en bas âge sont recommandés jusqu’à 3 ans, même si à cet âge il est possible de proposer des laitages “courants”.
  • Vous pouvez commencer à faire découvrir toutes sortes de fromages, même les plus forts, et même au lait cru. La quantité de fromage sera cependant limitée selon l’âge de votre enfant.

Les aliments du quotidien

Chaque jour, proposez à votre enfant :

  • Des fruits et des légumes: 5 portions par jour (une portion est égale à environ 80 g, ainsi la ration de légumes de midi correspondent à 2 portions). Véritables “aliments-santé”, les fruits et les légumes apportent des glucides, des vitamines et des fibres.
  • Des produits céréaliers(pain, biscuits, riz, pâtes, semoule, polenta, etc.) et des féculents(légumes secs et pommes de terre) devront être proposés à chacun des 4 repas.
  • De la viande, du poisson ou des œufs. Comptez environ 20g par jour (4 cuillères à café) entre 1 an et 2 ans, puis 30g par jour (6 cuillères à café) entre 2 et 3 ans. Un œuf pèse environ 50g. La viande, surtout la viande rouge et encore plus les abats, apportent du fer facilement assimilable. Le poisson est conseillé 2 fois par semaine, une fois du poisson maigre (merlan, cabillaud, sole, etc.) et une fois du poisson gras (saumon, maquereau, sardine, hareng, etc.) afin d’apporter les acides gras essentiels à longue chaîne (les AGPI-LC).
  • Sans oublier les matières grasses non cuites, en choisissant en priorité les matières grasses végétales (huile de colza, noix, soja…), mais il est possible aussi de donner de temps en temps du beurre ou de la crème fraîche sous forme crue.Les autres huiles végétales ne sont pas conseillées car elles ne contiennent pas assez d’oméga 3 et 6 ou trop d’oméga 6; l’huile d’olive peut être utilisée de temps en temps pour son goût mais elle contient trop peu d’oméga 3 et 6. On conseille d’ajouter deux cuillères à café dans les légumes de midi entre 1 et 2 ans, et 3 cuillères à café entre 2 et 3 ans (les enfants de 1 à 3 ans ont des apports insuffisants en matières grasses).

Quelles quantités ?

Les enfants, contrairement aux adultes, savent manger à leur faim, dès les premiers mois. Faites-leur confiance sur la quantité. S’ils mangent trop à un repas, ils seront sûrement moins gourmands au repas suivant. S’ils mangent peu à un repas il ne faut pas compenser dans l’attente du repas suivant. Toutefois, si vous remarquez que votre enfant dépasse systématiquement les quantités proposées, faites attention au surpoids (voir l’évolution de la courbe de corpulence).

La texture des aliments que vous donnez à votre enfant (lisse, mixée, hachée ou en morceaux) est à adapter selon sa maturité et ses goûts. Cependant ne tardez pas au delà de 9 mois pour débuter progressivement les textures grumeleuses et les morceaux.

Il ne faut pas forcer un enfant qui mange peu (par manque d’appétit ou parce qu’il n’aime pas l’aliment proposé ce jour-là), de même qu’il ne faut pas féliciter ou récompenser un enfant qui mange bien.

Quel rythme ?

Jusqu’à l’adolescence, proposez 4 repas, un petit-déjeuner, un déjeuner, un goûter et un dîner à vos enfants. Respecter ce rythme est important pour vos enfants, qui ne s’habitueront pas ainsi à grignoter entre les repas.

Quelles boissons ?

La seule boisson conseillée est l’eau pure, elle accompagne les repas et désaltère votre enfant quand il a soif (le lait est un aliment et non une boisson). Quand un enfant a soif, il boit de l’eau. Un refus de boire ne signifie pas qu’il n’aime pas l’eau, mais qu’il n’en a pas besoin à ce moment-là. En effet, son alimentation contient environ 85 % d’eau et lui apporte des quantités d’eau suffisantes pour ne pas avoir soif en période d’équilibre.

En cas de fièvre, de diarrhée, de vomissements, de chauffage desséchant l’air ou de fortes chaleurs, il faut assurer un apport hydriques de 150 ml/kg/jour. Les besoins peuvent aussi être accrus en cas d’apport protéique trop élevé. Les jus de fruits qu’ils soient pressés frais ou produit de diététique infantile ou de l’industrie agroalimentaire, habituent inutilement l’enfant à consommer des boissons sucrées. Si le biberon suçoté sans interruption est “l’objet transitionnel” de l’enfant, il ne doit être rempli que d’eau et non de lait, de jus de fruits (même spécial bébé), de tisanes pour bébés (contenant souvent 5 % de sucre), d’eau sucrée ou de sirop (contenant souvent des additifs et des colorants), qui, outre un apport calorique inadapté, génèrent des caries sur les incisives.

Un jus de fruit naturel, sans sucre ajouté peut être proposé une fois par jour au petit déjeuner ou au goûter. Les sirops et sodas ne devraient pas être consommés tous les jours et être réservés aux occasions festives.

Zoom sur

Les bons gestes santé/environnement

Des fruits et légumes locaux et de saison

Les fruits et légumes frais sont moins chers et plus savoureux lorsqu’ils sont de saison. Il faut privilégier les producteurs locaux et les circuits courts. Les produits bio paraissent intéressants. Les légumes et les fruits surgelés sont une bonne alternative aux produits frais avec d’excellentes qualités nutritionnelles, un contenu vitaminique intact car la surgélation doit intervenir dans les 12 heures suivant la cueillette, et l’avantage d’être prêts à la cuisson sans épluchage. Leur qualité est au moins égale sinon supérieure à celle des “produits frais” de la grande distribution, qui peuvent connaître un délai parfois prolongé entre la cueillette et la consommation, ce qui entraîne une altération des qualités nutritionnelles, en particulier une déperdition vitaminique. Les légumes et les fruits du jardin familial sont une bonne solution, sous réserve d’un usage limité des pesticides et des engrais, et d’une durée de conservation courte. Les conserves peuvent être utilisées même si ce n’est pas la meilleure solution : le gout est modifié, ainsi les haricots verts ou les petits pois en conserve n’ont pas le même goût que ces mêmes légumes frais ou surgelés ; enfin, dans les fruits en conserve du sucre est souvent ajouté.

Les poissons

Il faut éviter certains poissons apportant potentiellement du PCB (anguille, barbeau, brème, carpe, silure), ou du méthyl-mercure (espadon, marlin, siki, requin et lamproie.) La consommation des poissons prédateurs sauvages doit être limitée : lotte (baudroie), loup (bar), bonite, empereur, grenadier, flétan, brochet, dorade, raie, sabre, thon…

Limitez les plats industriels. Ils sont souvent non adaptés sur le plan nutritionnel et peuvent contenir  des colorants, des conservateurs, des excès d’huile de palme, ainsi que des molécules issues des modes de cuisson par friture ou à haute température. De plus, les molécules de plastique contenues dans les emballages migrent dans l’alimentation, d’autant plus si le plat contient des graisses ou est réchauffé dans son emballage.

Cuisson et conservation : les bonnes pratiques

Pour faire cuire les aliments, évitez les contenants en plastique au micro-onde, et les poêles et casseroles à revêtement antiadhésif. Privilégiez le verre, l’inox et la céramique.

Et pour conserver vos petits plats au réfrigérateur, gardez-les dans du verre ou entre 2 assiettes, plutôt que dans du plastique ou de l’aluminium.

Et en pratique ?

Le conseil du pédiatre

Soyez vigilants sur l’apport en sucres contenus dans l’alimentation de vos enfants. Proposez-donc avec parcimonie les bonbons, le miel, le chocolat et offrez-les au moment d’un repas, avec le dessert ou le goûter, mais il est encore préférable de les réserver aux moments festifs (anniversaire, fêtes de familles…).

Évitez également les fritures.

 

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  1. A. Bocquet et S. Brancato. La diversification alimentaire et l’alimentation du jeune enfant. Le Pédiatre – cahiers de formation N° 289 (2018) et 290 (2019)
  2. D. Turck et le Comité de Nutrition de la Société française de pédiatrie. Diversification alimentaire : évolution des  concepts et recommandations. Archives de Pediatrie 2015;22:457-460.
  3. Mary Fewtrell, Jiri Bronsky, Cristina Campoy et al.  Complementary Feeding: A Position Paper by the European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition (ESPGHAN) Committee on Nutrition. JPGN  Volume 64, Number 1, January 2017 ;119-32.

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