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Différencier perte d’appétit pathologique, faibles besoins alimentaires et alimentation déséquilibrée

Mis à jour le 10 juin 2015

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La perte d’appétit chez un enfant peut être envisagée sous deux angles : celui des parents qui parfois s’inquiètent alors que leur enfant mange suffisamment pour son gabarit ; et celui d’une réelle pathologie (œsophagite, intolérance au gluten, anorexie…) qui nécessite un suivi médical approprié.

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Courbe poids/taille, un indice de bonne alimentation de votre enfant

Certains parents aimeraient que leur enfant mange plus. C’est souvent le cas avec un enfant de « petit gabarit » : malgré des apports suffisants de nourriture et une croissance normale sur son couloir (voir définition en fin d’article), la crainte des parents qu’il ne grossisse pas assez entraîne des conduites de « forcing » (on force l’enfant à terminer son assiette), de substitution de plats (on ne donne à l’enfant que les plats qu’il préfère, ce qui peut entraîner des déséquilibres alimentaires, et des habitudes d’appétit sélectif) ou de grignotage.

Poussées à l’extrême, ces situations peuvent conduire l’enfant vers l’anorexie.

Lorsque le problème est que l’enfant mange trop peu aux repas, avec une courbe de croissance normale, on s’aperçoit parfois que c’est la répartition de l’alimentation qui pose problème : un enfant qui boit du lait ou des boissons sucrées, ou qui grignote entre les repas, a un apport calorique élevé par ailleurs qui lui « coupe l’appétit » aux repas. Aucun enfant n’a besoin de collation entre les 4 repas.

Apprendre à votre enfant à dépasser sa néophobie

En consultation, les pédiatres reçoivent des parents qui présentent leur enfant comme manquant d’appétit, alors que c’est en fait un enfant « difficile », « qui n’aime rien ». On trouve ici les enfants qui ne mangent, par exemple, que de la purée et du jambon.

Après 6 ans, cela résulte généralement d’une mauvaise gestion de la phase de néophobie (un refus de tout nouvel aliment par peur). La néophobie s’observe, en moyenne, entre 18 mois et 6 ans. Les signes sont un refus des légumes, des fruits… remplacés par des aliments appréciés.

Pour familiariser votre enfant avec ces aliments et l’aider à dépasser sa peur, vous pouvez les lui présenter de façon répétée au fil du temps (sans le forcer à les manger, mais sans substituer systématiquement en cas de refus) et sous des formes différentes (choux fleurs au gratin, en purée, à la vinaigrette, au beurre…). Il est également conseillé de les consommer devant lui, dans une ambiance conviviale, et de le faire participer à leur préparation… Votre enfant s’appropriera petit à petit l’aliment et se décidera à le goûter… voire à l’apprécier.

La cantine peut également arranger les choses si les parents ne désignent pas au personnel leur enfant comme ayant un problème d’alimentation : avec ses copains, il se laissera entraîner à manger un repas qui ne sera jamais substitué par autre chose.

Si la néophobie est large (refus de plusieurs aliments et/ ou si elle dure dans le temps) il peut s’agir d’un problème à considérer sous l’angle psychologique et des consultations spécifiques sont recommandées.

L’anorexie

Dans certains cas, la perte d’appétit peut être un signe d’anorexie. La courbe de poids s’infléchit, bien que l’enfant présente un bon état général et reste satisfait de la situation. Certains signes sont pourtant évocateurs : il mange peu, enlève la sauce, rejette le gras, ne se met plus à table, exclut des aliments, les émiette, mange lentement… Il essaie de contrôler ses apports strictement avec des motivations (santé ou minceur) inhabituelles pour son âge. Il faut alors consulter sans attendre que ce trouble s’installe et que la croissance s’altère.

L’anorexie est un sujet vaste qui fait l’objet d’un autre article.

Quand la perte d’appétit est pathologique

La perte d’appétit peut être pathologique, qu’elle soit brutale ou progressive. Brutale elle peut être due à des douleurs à la déglutition par exemple, ou à une pathologie aiguë.

Elle est progressive dans beaucoup de maladies chroniques débutantes. Elle peut ainsi provenir d’une pathologie organique. On détecte alors une anomalie lors d’examens cliniques, un déséquilibre de la courbe de croissance, une altération de l’état général.

Les causes peuvent être un corps étranger dans l’œsophage, une infection de l’œsophage (œsophagite…), une maladie inflammatoire du tube digestif, une intolérance au gluten, une allergie, mais aussi toute pathologie organique infectieuse chronique, inflammatoire, endocrinienne ou tumorale.

Un avis médical est alors indispensable pour une enquête approfondie et la mise en place d’un traitement adéquat.

En bref

 

Dans tous les cas, avant de vous inquiéter outre mesure concernant le manque d’appétit de votre enfant, l’étude de sa courbe poids/taille et son examen clinique par votre médecin sont primordiaux. Si la courbe reste normale, c’est que votre enfant mange assez.

En outre, votre médecin vous conseillera sur l’équilibre alimentaire de votre enfant et les aliments indispensables à son bon développement.

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Interview du Docteur Mouterde

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