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Comment parler de la guerre aux enfants ?

Mis à jour le 29 mai 2022 3 de nos experts

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Alors que la guerre sévit en Ukraine depuis déjà plusieurs jours, les enfants se posent de nombreuses questions. Les médias en parlent et c’est un sujet dans les cours d’écoles. Faut-il parler de la guerre aux enfants ? Comment leur expliquer la situation sans les effrayer ? Notre expert vous répond dans cet article.

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La guerre : un contexte anxiogène pour tous

La guerre est une situation anxiogène pour tous, les journaux télévisés enveniment la situation avec des commentaires et des images sans filtre effrayants. Il devient parfois difficile pour certains parents de gérer leurs propres émotions. Cette situation peut être plus difficile à vivre pour certaines familles :

  • Parce que les parents des enfants n’ont pas connu la guerre et n’en ont pas entendu parler par leurs propres parents. Ils n’ont pas de repère réel pour en parler bien qu’ils connaissent l’histoire dans ses grandes lignes et ont en tête toutes les horreurs que les guerres produisent.
  • Parce que certains grands-parents ont pu entendre parler de la seconde guerre mondiale par les arrière-grands-parents avec une transmission intergénérationnelle du trauma.
  • Parce que les parents se sont toujours rassurés par le fait que les autres guerres actuelles étaient éloignées géographiquement.
  • Parce que cette fois, et comme cela n’a pas été d’actualité depuis des années, la guerre a lieu dans un pays proche de la France et partageant la même culture : l’Ukraine.
  • Par le fait que le chef d’état russe étant connu comme imprévisible et excessif, il est difficile de se projeter et de savoir de quoi demain sera fait.
  • Puisque la guerre en Ukraine survient après deux années de pandémie déstabilisantes pour tous et angoissantes pour beaucoup, y compris pour les enfants. L’angoisse s’ajoute à l’angoisse.

Quelques conseils à appliquer

Pour prévenir chez vos enfants et vos adolescents des angoisses pour le moment excessives et irraisonnées liées au sujet, voici quelques recommandations :

  • Tenez les enfants à l’écart des médias : évitez d’écouter la radio en leur présence (lors des trajets à l’école ou à la maison) et évitez-leur les écrans. Apprenez-leur à analyser les images qu’ils pourraient voir ailleurs qu’à la maison.
  • Parlez à vos enfants : ne les laissez pas s’imaginer des scénarios sans apporter des paroles concrètes et raisonnées comme support à leur imagination.
  • Prenez le temps : parlez-leur à un moment calme dédié, prenez le temps de les rassurer et de répondre à toutes leurs interrogations. Si vous le pouvez, faites-le à plusieurs, c’est à dire en la présence des deux parents, pour encadrer au maximum les angoisses de vos enfants dans un lien de confiance.
  • Ne craignez pas de nommer les choses : parlez de guerre (dire le mot), de pays qui se battent dans le but de défendre des idées, des territoires, des cultures…
  • Informez-les, quel que soit leur âge, en partant tout d’abord de leurs représentations, en les interrogeant :
    • Est-ce qu’ils ont entendu parler de la guerre à l’école ?
    • Qu’est-ce qu’on leur a dit ? Ont-ils peur ?
    • Qu’est-ce qu’ils en ont compris ?

Il est important de toujours partir de ce que l’enfant a compris. Par exemple, en classe, les enfants doivent s’exprimer en premier, prendre la parole et dialoguer entre eux. C’est à l’enseignant de prendre des notes pour les reprendre ensuite et encadrer le débat.

  • Ne niez pas vos inquiétudes parentales pour le pays attaqué, pour les états proches, pour l’étendue possible du conflit, mais uniquement si votre fils ou votre fille vous pose la question et dans ce cas, il est important de maitriser votre propre angoisse sans pour autant la nier ni tenter de la dissimuler.
  • Dites-lui que vous, ses parents, le préviendrez si le moment venait où notre pays et/ou nous, sa famille, serions en danger.
  • Parlez de la cohésion de tous les autres grands états qui essayent de calmer les choses, expliquez à votre ou vos enfant(s) que nous sommes soutenus et que nous ne sommes pas seuls. Comme lui n’est pas seul, vous êtes là pour l’accompagner et le soutenir sur tous les points.
  • Dites-lui que les guerres finissent toujours un jour.
  • Repérez chez l’enfant, quel que soit son âge, tout symptôme témoignant de son inquiétude (troubles du sommeil, maux de ventre, maux de tête, refus d’aller à l’école, angoisse de séparation, tristesse soudaine ou au contraire colères et opposition…). En bref, soyez attentif à tout signe de comportement inhabituel chez lui.
  • Reprenez régulièrement la conversation car les informations données à l’enfant par ses pairs ou à l’école modifient son appréhension de la question.
  • Faites dessiner (ou écrire, pour les plus grands) votre enfant s’il en ressent le besoin. Aidez-le à extérioriser ce qu’il ressent d’une manière ou d’une autre.

Comment en parler, en fonction de l’âge ?

Chez les tout-petits

Chez les tout petits enfants, le sujet ne viendra généralement pas d’eux-mêmes. À cet âge, votre enfant ne comprend pas mais il perçoit parfaitement l’angoisse de ses parents et de la famille. Vous pouvez donc évoquer le sujet, lui dire que sa maman et son papa sont inquiets à cause d’une guerre mais pas à cause de lui. Ne vous étendez donc pas sur le sujet mais veillez à lui dire quelques mots simples si vous vous sentez préoccupés.

Chez les enfants de moins de 6 ans

Lorsque l’enfant est un peu plus grand, il commence à comprendre la situation mais n’en parle pas nécessairement à l’école ou avec ses pairs. Vous pouvez évoquer qu’une guerre est une grosse bagarre très grave entre adultes, une discorde entre deux pays. Veillez, pour le rassurer, à lui expliquer que cette guerre est lointaine et qu’elle ne touche pas directement notre pays. Mettez également bien en évidence que les soldats français et l’armée sont là pour défendre notre pays et nous garantir une certaine sécurité. Votre enfant doit être informé sans se sentir en danger et il doit savoir que ses parents sont là pour le protéger.

Chez les enfants de plus de 6 ans

À cet âge-là, il est fort probable que votre enfant ait entendu des rumeurs dans la cour de récréation ou encore via la radio ou la télévision. Veillez donc à apporter plus de détails à votre explication, à mesure que votre enfant s’approche de l’adolescence.

  • Expliquez ce qu’est une guerre, précisez qu’il y en toujours eu. Donnez des exemples historiques en fonction du niveau de connaissances de l’enfant.
  • Expliquez ce qu’était l’URSS, pourquoi les états ont voulu être indépendants et pourquoi le président Vladimir Poutine veut reconstruire ce pays (parce qu’il est très orgueilleux et veut être très puissant en étant le chef d’un immense état même si les habitants de son pays ne sont pas tous d’accord avec lui).
  • Montrez une carte et les zones en guerre pour imager l’histoire.
  • Expliquez (et montrez sur la carte) que tous les autres pays essayent de calmer Mr Poutine (ce que l’on appelle des négociations).
  • Parlez de l’ONU, organisation qui réunit tous les pays du monde et dites-lui que tous ses membres sont d’accord pour dire que Mr Poutine fait erreur.
  • Les pays de l’Europe cherchent des solutions diplomatiques (négociations) et mettent en place des sanctions envers la Russie pour la punir d’avoir envahi l’Ukraine.
  • Les pays de l’OTAN envoient argent, vivres, matériel et médicaments.
  • Si votre enfant est adolescent, dites-lui de s’informer sur les actualités oui, mais mettez-le en garde sur la nature des sources utilisées. Demandez-lui de bien analyser les données reçues y compris les images diffusées à la télévision et sur les réseaux sociaux, avant de les interpréter par lui-même.
  • Soyez positifs, donnez espoir à votre enfant que les choses s’arrangent avec le temps, que les conseillers de Mr Poutine vont lui expliquer qu’il faut arrêter la guerre, que les négociations aboutissent enfin.

Que peut faire mon enfant pour se rendre utile ?

Si votre enfant ressent le besoin d’agir, de s’informer sur le sujet ou de se sentir utile, incitez-le à contribuer, à vos côtés, à l’école, à des actions solidaires. Inscrivez-vous dans des associations, donnez de votre temps et de votre énergie pour cette cause. C’est ainsi l’occasion pour vous de partager des moments uniques avec votre enfant et de tisser une relation autour de valeurs communes de solidarité, liberté, tolérance et confiance pendant cette période difficile.

Pour aller plus loin

Quelques ressources pour les enfants…

…et les parents !

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