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Enfants nés par AMP : faut-il leur en parler ?

Mis à jour le 19 septembre 2017

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Votre enfant a été conçu par « assistance médicale à la procréation » (AMP) : même s’il n’est pas encore né, ou qu’il est encore tout petit, vous vous posez sans doute déjà la question… Faudra-t-il lui parler des circonstances de sa naissance ?

La question se pose souvent en termes d’obligation, de devoir… Avec parfois les bons conseils de tout l’entourage. Mieux vaut prendre le temps d’y réfléchir à tête reposée, si possible avant même d’avoir mis toute la famille dans la confidence.

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Garder le secret… ou pas.

Selon le professeur Daniel Marcelli, professeur de psychiatrie, la question ne devrait pas se poser ainsi. En effet, dans l’absolu, rien ne vous interdit de garder secrètes les circonstances de la naissance de votre enfant (il en va de votre liberté d’adultes). Et ce que votre enfant ignore ne peut le faire souffrir. Mais justement, toute la question est là : dans quelle mesure un tel secret pourra-t-il rester ce qu’il est censé être : secret ? Y a t-il une possibilité que votre enfant apprenne un jour les circonstances de sa naissance ? S’il n’y a aucun risque, cela ne peut lui poser de problème. Mais cela induit que vous soyez seuls – vous et votre conjoint – absolument seuls à connaître ce secret… Et que vous saurez le garder.

S’il s’agit d’un secret de Polichinelle, si avant sa naissance vous avez informé toute la famille, grands-parents, cousins, oncles, etc. et vos amis, que vous cherchiez à avoir un enfant par AMP, que vous faisiez des démarches en ce sens, bref, si vous en avez parlé à droite et à gauche, il est presque inévitable que votre enfant l’apprenne un jour ou l’autre. Ce type d’information a vite fait de circuler… Imaginez ce que pourrait alors ressentir votre enfant s’il en était informé brutalement. Surtout si l’information lui est donnée par l’un de ses cousins germains, de son âge et mieux informé que lui de ce qui le touche pourtant personnellement. Il est très perturbant pour un enfant de s’apercevoir qu’il est au cœur d’un secret qu’il était le seul à l’ignorer. Difficile alors de ne pas se sentir le « dindon » de la farce…

C’est pourquoi il semble en général préférable d’en parler à votre enfant pour le mettre à l’abri de ce genre de mauvaise surprise.

Par ailleurs, est-on sûr de pouvoir garder le secret, même si on est le seul à le savoir… Nos gestes, nos silences, nos hésitations… sont parfois éloquents. Les enfants posent souvent des questions sur leur filiation. On peut être amené, pour conserver ce secret, à mentir… pas toujours facile, ce qui explique qu’il est souhaitable de mettre votre enfant dans la confidence.

En parler… Quand ?

A partir du moment où votre enfant commence à bien communiquer (il parle, son langage se précise, il comprend de mieux en mieux…) vous pouvez lui en parler. Mieux vaut choisir un moment où il va bien, où il pose des questions (du genre : comment fait-on les bébés ?) et éviter les périodes d’opposition (la crise œdipienne par exemple).

En parler… Comment ?

Avant d’en parler, veillez à être au clair avec vous même : l’infertilité est vécue en général douloureusement, or il est important que vous puissiez parler à votre enfant de manière apaisée. Laissez au besoin votre conjoint en parler à votre place s’il est plus serein sur le sujet.

Ensuite, cantonnez-vous à ce qui intéresse votre enfant : vous êtes ses parents, vous vous aimez, et comme vous ne pouviez pas avoir d’enfant, cela vous rendait tristes car vous rêviez de devenir parents d’un enfant comme lui… Vous avez donc demandé l’aide de la médecine… Dites les choses simplement. La naissance de votre enfant doit lui être signifiée comme quelque chose de naturel. Il n’a pas besoin que vous vous perdiez dans les détails, ni surtout que vous commenciez à étaler votre vie privée. Vos relations de couple ne regardent que vous. Ce qui intéresse votre enfant c’est de savoir que vous l’avez désiré, attendu avec joie, que vous êtes ses parents et que vous l’aimez.

Enfin, n’hésitez pas à vous aider de tous les albums conçus précisément pour cela. Citons entre autres : Le mystère des graines à bébé, de Serge Tisseron et Aurélie Guillerey (Albin Michel Jeunesse), Graine de bébé, de Serge Bloch et Thierry Lenain (Nathan Album jeunesse), Constantin et l’in vitro, de Lia Singh et Alain Longuet (Loisirs et pédagogie)… Et le petit livre fait par le CECOS.

Dernier point, une fois que vous lui en avez parlé, n’y revenez pas en permanence. Laissez venir ses questions… S’il y en a. Votre enfant choisira le moment où il souhaitera en savoir plus.

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