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Comment faire face à un enfant colérique de 9 ans ?

il y a 1 mois

Bonjour,

Alors, on va dire que déjà notre fils 9 ans n’a jamais été la facilité incarnée et nous lui faisons face depuis plusieurs années maintenant à cause de sa colère et son incapacité à gérer la frustration.
Effectivement nous le retrouvons un peu dans la description de l’enfant roi, mais que ça soit mon conjoint ou moi, même si nous sommes à son écoute, nous n’avons jamais lâché un ordre ou une punition.
Entre ses 4-6 ans il nous frappait, heureusement ce comportement a totalement cessé, nous avons mis en place des séances de relaxation afin de l’aider à respirer et à se poser car il reste une boule de nerf.
On peut passer de supers moment de partage ensemble, ils restent majoritaires (quoique en ce moment… 2-3 claquements de porte par jour ?), mais les colères sont imprévisibles et son opposition est très forte, trop, il n’attend même plus de perdre à un jeu de société, il râle dès le premier lancement de dé si il fait moins par exemple. Si l’un de nous soupir dans la maison, il va forcément le prendre pour lui, même si le problème vient de la cheminée.
On sait qu’il ne voudra pas de son bonnet quand le temps se rafraîchira, et comme il se rend seul à l’école je sais qu’il finira dans le sac…
On a toujours limité les écrans et cela fait plusieurs mois qu’il en est totalement privé, on attend de réussir à faire une semaine de bons comportements pour qu’il y ait de nouveau accès et euh, c’est pas gagné…
Il a un grand frère très doux qu’il harcèle, y a pas vraiment d’autre mot et ça rend la vie de famille compliqué car effectivement on se retrouve malheureusement souvent à 3 contre lui, du coup il ne le vit pas bien, du coup il est énervé, et du coup c’est une nouvelle crise…
Ces derniers temps il nous menace d’appeler la police et de raconter des mensonges si on le pousse à ranger sa chambre ou à mettre la table.
En revanche à l’école cela se passe très bien, il a de bons résultats et un très bon comportement, il a eu beaucoup de mal à se faire des copains et ça le frustrait aussi mais ça va mieux.
Y a pas de beaucoup différence de traitement entre son père et moi, il est tout autant provocateur et il s’énerve tout aussi rapidement quand on n’est pas d’accord…

Bref c’est compliqué, il a un suivi en cmp car il est dyspraxique mais on n’avance pas sur le comportement.
On essaye de ne pas apporter d’eau au moulin quand il joue la provocation, quand c’est non c’est non, quand il y a punition il y a punition, on passe du temps ensemble, on passe du temps séparément, on essaye de ne pas crier (pas toujours, des fois on est quand même humain), mais c’est une crise parce qu’on ne veut pas lui donner un bout de pain tant qu’il n’a pas commencé son assiette, c’est une crise si il voit que son frère plus âgé se couche après lui, c’est une crise si je n’ai pas compris ce qu’il disait du premier coup, une crise parce que nous adulte on a le droit de faire des choses et pas lui… Bref on l’aime beaucoup, mais faut bien le dire, il est invivable au quotidien et même si on ne plie pas, lui ne le comprend toujours pas alors si vous avez une idée pour nous aider à nous faire respecter ça serait super…

Merci d’avance !

La réponse de notre expert

SALINIER Catherine, Dr, Pédiatre
 Dr Catherine SALINIER

Bonjour Madame,

Vous décrivez bien ce qui se passe à la maison, je vois à cela que vous réfléchissez beaucoup à cette situation et faites beaucoup d’efforts pour comprendre votre enfant. C’est très bien. La question pour moi n’est pas tant de trouver la solution pour “vous faire respecter” mais de trouver la solution pour que votre enfant soit serein et apaisé. En effet un enfant (comme un adulte d’ailleurs) qui est toujours en colère est un enfant malheureux qui souffre en permanence de ne pas avoir ce qu’il veut, ou tout moins estime légitime d’avoir à savoir gagner aux jeux, être plus aimé que son frère etc… tout cela est inconscient bien sûr et c’est pour cela que les punitions ne sont pas la bonne solution car c’est une double peine : par exemple “je suis malheureux d’avoir perdu, je fais une colère pour ça et je me fait gronder en plus parce que je fais une colère parce que je suis malheureux donc je crie encore plus… j’ai perdu et en plus je suis puni “. Un enfant qui a ce comportement est un enfant malheureux et quand on a un enfant malheureux on l’aide on ne le gronde pas.

Le fait que votre enfant ait un bon comportement à l’école est très rassurant. en effet cela incite à penser qu’il n’a pas pas un trouble grave psychique (qu’il ne pourrait canaliser et qui s’exprimerait quel que soit le milieu) mais plutôt un trouble qu’il s’autorise à exprimer en milieu protégé intime qu’est la famille ou un trouble relationnel vis à vis de vous.

Je ne peux pas vous donner de meilleur conseil de que consulter un pédopsychiatre et comme il est déjà suivi en CMP il faut vraiment que vous racontiez tout cela au pédopsychiatre du CMP pour trouver avec lui une solution de psychothérapie en plus de la prise en charge de sa dysgraphie. Il est probable que le CMP n’ait pas assez de personnel pour recevoir votre enfant en psychothérapie toutes le semaines car les CMP sont particulièrement démunis. Vous pourriez alors trouver un pédopsychiatre ou une psychologue en ville. Vous pourriez aussi sans doute consulter en ville un psychologue thérapeute familial qui vous recevrait tous ensemble pour tenter de remanier les relations.

Ne perdez pas espoir continuez à aider votre enfant et pour cela le gronder et le punir n’est peut-être pas la solution mais le féliciter et le récompenser quand il a fait un effort sur lui même oui ça c’est constructif. Et surtout gardez votre autorité pour des choses vraiment importantes (la politesse, les cris) mais pas pour des choses futiles (qu’est-ce que ça peut bien faire qu’il ne mette pas son bonnet ? Qu’est-ce que ça peut bien faire qu’il mange un bout du pain avant le repas ? Tout cela, vraiment, est dérisoire face à la situation de conflit que vous me décrivez… Prenez conseil pour vous même aussi, sur le comportement que vous devez avoir, quelles exigences, vis à vis de cet enfant. Les psychologues sont là pour ça.

Bon courage.