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Chocolat : une gourmandise que les autorités de santé conseillent de limiter chez l’enfant

Mis à jour le 14 juin 2021 Dr Alain BOCQUET

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Chocolat noir, au lait, blanc, en tablette, pâte à tartiner, ou encore dans un gâteau… Qu’importe sa forme ou sa recette, son goût fait généralement l’unanimité chez les enfants comme les parents. S’il a aujourd’hui envahi nos placards, savez-vous d’où provient ce pêché mignon et quels sont ses bienfaits et ses risques ? Pourquoi est-il aujourd’hui recommandé de contrôler sa consommation chez l’enfant ? Zoom sur le plus réconfortant des aliments !

Sommaire de l'article

Qui a découvert le chocolat ?

Les Aztèques ont été les premiers à consommer du chocolat. Hernan Cortez, un conquistador espagnol, est à l’origine de la découverte de ce peuple du Mexique et par la même occasion des précieuses fèves de cacao. En 1524, il partagea sa trouvaille avec celui que l’on appelait « L’empereur du Saint Empire », Charles Quint. Puis le chocolat fut introduit à la cour du royaume de France, et Louis XIV ordonna de planter des cacaoyers aux Antilles. Depuis, cette gourmandise a fait le tour du monde, traversant le temps sans jamais lasser nos papilles. Si les aztèques le consommaient sous forme de chocolat chaud amer, agrémenté d’épices comme le piment, de nombreuses recettes ont vu le jour au fil des siècles, nous permettant aujourd’hui de l’apprécier sous différentes formes.

Comment le chocolat est-il produit ?

Le cacaoyer est un arbre qui porte des cabosses, remplies de fèves, et le chocolat, un aliment produit à partir de ces fèves de cacao. Ces dernières sont fermentées, torréfiées et broyées, dans le but d’obtenir une pâte de cacao liquide, de laquelle est extrait le beurre de cacao, une matière grasse.

Le chocolat est alors issu du mélange, en proportions variables, de ces divers composants :

  • pâte de cacao,
  • beurre de cacao,
  • sucre.

A cette recette de base sont parfois ajoutées des matières grasses végétales. On peut aussi ajouter des épices (vanille, cannelle, piment, etc.), des fruits secs (raisins, etc.) ou confits (écorces d’orange ou de citron confites par exemple), des fruits à coque (noisettes, amandes, noix, pistaches, etc.), du riz soufflé, de la fleur de sel, etc.

Le chocolat noir contient au moins 43% de cacao (mesuré sur matière sèche) dont au moins 26% de beurre de cacao et 14% de cacao sec dégraissé, alors que le chocolat au lait contient au moins 25% de cacao ou 30% pour le chocolat au lait dit « fin ». Le chocolat blanc ne contient pas de pâte de cacao, mais au moins 20% de beurre de cacao et 14% de lait (matière sèche).

Quel est notre rapport au chocolat ?

Valeur sûre, réconfortante et conviviale, le chocolat n’a pas fini d’enchanter nos palais ! Un engouement observable, à tout âge, notamment à l’occasion de nos plus célèbres traditions… Tandis que les amoureux s’échangent des cœurs et autres bonbons cacaotés pour la Saint-Valentin, les enfants reçoivent des œufs en chocolat à Pâques et leurs parents se voient offrir des truffes à Noël.

Le saviez-vous ? 1 français sur 2 se dit accro au chocolat et ne pourrait pas y renoncer pendant les fêtes de fin d’année. En 2017, les Français étaient les 5e plus grands consommateurs de chocolat dans le monde (7,3 kg/personne/an) derrière les Allemands, les Belges, les Suisses et les Anglais (dégressivement de 11 à 10 kg/personne/an). Un marché mondial dont l’expansion ne cesse de croître, avec le risque que la demande finisse par dépasser la production dans les prochaines années ! (1) (2)

Quels sont les bienfaits du chocolat sur la santé ?

En plus d’être particulièrement savoureux, le chocolat peut être favorable pour notre santé… Voici les différents bienfaits qui lui sont attribués.

Le chocolat est riche en fibres

Le cacao est particulièrement riche en fibres, plus que les légumes et les fruits. Ces dernières agissent sur la régulation du transit ! Plus la teneur en cacao contenue dans le chocolat est élevée, plus il sera concentré en fibres. A noter que les fibres sont également utiles dans la prévention de maladies chroniques et qu’elles procurent un sentiment de satiété à celui qui les consomme (lire notre article sur les fibres alimentaires). Cependant même si le chocolat est riche en fibres, les quantités quotidiennes consommées sont de très loin inférieures aux quantités de fruits et légumes ou de pain complet !

Le chocolat est riche en magnésium, fer, zinc et sélénium

Le chocolat noir est une excellente source de magnésium qui aurait la réputation de combattre la fatigue, le stress et l’anxiété (200 mg/100 g), de fer important pour la fabrication des globules rouges et le développement cérébral (11 mg/100 g), de zinc (3 mg/100 g) important pour le système immunitaire et de sélénium (0,1 mg/100 g) (valeurs pour le chocolat contenant plus de 70% de cacao). (3)

Le chocolat est un antioxydant

Le chocolat contient beaucoup plus de polyphénols (anciennement appelés tanins végétaux) que le thé vert et le vin rouge. Ils sont bénéfiques pour la santé car ils sont de puissants antioxydants, permettant de lutter contre le vieillissement cellulaire. On leur attribue des effets préventifs contre certaines formes de cancer et de maladies inflammatoires, cardiovasculaires et neurodégénératives. Le chocolat est l’un des aliments les plus riches en flavonoïdes : ceux-ci constituent la plus importante catégorie de polyphénols. Ils auraient des vertus anti oxydantes et ils permettraient de limiter l’apparition du LDL cholestérol, et le risque de maladies cardiovasculaires.

Le chocolat agit sur le moral

Le chocolat est riche en tryptophane (1 g/100 g) un acide aminé essentiel qui se transforme en sérotonine et en mélatonine, l’hormone du sommeil. La sérotonine joue un rôle essentiel dans le sommeil et sur l’humeur puisqu’elle permet d’apporter une sensation d’apaisement et de bien-être, ce qui fait dire à certains que le chocolat est un antidépresseur.

Le chocolat contient aussi de la théobromine (responsable du goût amer du cacao) et de la caféine. Ces molécules naturelles sont présentes dans les plantes stimulantes : café, cacao, thé… La caféine et la théobromine sont des substances d’éveil, et c’est pour cette raison que le chocolat peut être considéré comme un tonique.

Le chocolat contient donc différentes molécules psychotropes, mais celles-ci pourraient bien ne pas être à l’origine des vertus qu’on attribue à cet aliment. En effet, même si ces substances sont réellement présentes dans le chocolat, les quantités relativement peu importantes de chocolat consommées, un carré ne pèse que 10 grammes, font que les quantités de ces substances réellement ingérées ne suffisent pas à expliquer les effets attribués à cet aliment. L’hypothèse qui est de plus en plus reconnue est que le chocolat est un antidépresseur et un euphorisant… par le simple plaisir qu’il apporte. En satisfaisant nos papilles, il entraîne l’augmentation du taux sanguin de béta-endorphine, un opiacé fabriqué par l’organisme : cette substance pourrait expliquer les vertus apaisantes dès la consommation d’un carré. Il aura ainsi fallu attendre des années de recherches pour apprendre que le chocolat, ça fait du bien… parce que c’est bon !

A partir de quel âge peut-on faire manger du chocolat à un enfant ?

Un bébé peut commencer à goûter du chocolat dès ses 6 mois. La première forme consommée sera dans les céréales ou dans les desserts lactés parfumés, spécifiquement adaptés aux besoins des enfants. Petit à petit, l’alimentation de votre enfant sera davantage diversifiée et la première forme de chocolat donnée évoluera vers les tablettes, mousses et autres gâteaux au cacao.

Pour mener correctement la diversification alimentaire de votre enfant, nous vous invitons à consulter notre rubrique Diversification.

Pourquoi le chocolat est-il à consommer avec modération ?

Comme tout un chacun le sait, il ne faut pas abuser des bonnes choses… Une recommandation qui s’applique également au cacao. Découvrez pourquoi il convient de faire attention à la consommation de chocolat chez les enfants, comme chez les adultes.

Un apport énergétique élevé

L’apport énergétique contenu dans le chocolat est important puisqu’il représente 500 kilocalories pour 100 grammes, soit 1/4 de nos besoins quotidiens. En manger une quantité excessive est susceptible de provoquer un excès de poids, du diabète et autres soucis de santé. Il convient donc de limiter sa consommation dans notre alimentation.

Une facilitation du reflux gastro-oesophagien

Le chocolat facilite ou aggrave un reflux gastro-œsophagien car la théobromine favorise le relâchement du sphincter inférieur de l’œsophage qui peut être responsable de remontées du contenu gastrique dans l’œsophage.

Des éléments-traces métalliques (métaux lourds)

Le chocolat, lorsqu’il est absorbé en trop grande quantité et qu’il possède une forte concentration en « éléments-traces métalliques » (ETM), peut s’avérer mauvais pour la santé des enfants comme des adultes. Les ETM désignent les métaux lourds naturellement présents dans la croûte terrestre. Les plantes, puisant leurs ressources dans la terre pour se développer, les absorbent. Inévitablement, nous les ingérons à notre tour lorsque nous consommons des produits issus de ces plantes. Le cacaotier n’échappe pas à la règle, si bien que le chocolat contient, naturellement :

  • du nickel, susceptible de provoquer des troubles du développement, de la reproduction, des fonctions rénales, hépatiques et immunitaires. Par ailleurs, il est cancérogène.
  • du plomb, qui peut engendrer du saturnisme, et être responsable de douleurs abdominales, de fatigue, de maux de tête et d’un retard de croissance et mental.
  • du cadmium, qui peut avoir des effets toxiques sur les os et sur le neuro-développement et être responsable de troubles de la reproduction. Par ailleurs, il est cancérogène.
  • du chrome, mais les antioxydants présents dans le chocolat font considérablement baisser l’effet toxique. Il est donc sans risque réel pour les consommateurs de chocolat.
  • du cuivre pouvant être responsables d’une anémie, de problèmes hépatiques et de troubles de la reproduction

Les teneurs en ETM sont davantage importantes dans le cacao que dans le chocolat noir, une fois transformé. En effet, la teneur en ETM dans le chocolat est proportionnelle au pourcentage de cacao présent dans le produit. C’est pourquoi le chocolat au lait et chocolat blanc ont quant à eux des teneurs en ETM plus faibles.

 

C’est en raison de la présence de ces métaux lourds, en particulier du nickel, que l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES)(4), en 2019, et le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP)(5), en 2020, ont produit des recommandations invitant les parents à limiter la consommation de chocolat des enfants raffolant de cette gourmandise. L’ANSES a notamment publié différentes études (6), (7) pour aider les intéressés à déterminer en quelle quantité un aliment peut être consommé par jour sans engendrer un risque pour la santé. Il est important de prendre en compte le fait que les valeurs indiquées disposent d’une grande marge de sécurité. En effet, un dépassement de la limite définie ne signifie pas que l’enfant ou l’adulte sera intoxiqué. Ces valeurs toxicologiques de référence (VTR) sont des données indicatives permettant notamment aux parents d’apprendre à contrôler la consommation de certains aliments, comme le chocolat, chez leur enfant.

Dans le cadre de ces recommandations il faudrait peut-être envisager de limiter la publicité pour les spécialités de chocolat destinées aux enfants. Il faudrait leur donner de préférence du chocolat au lait plutôt que du chocolat noir, et leur proposer au petit déjeuner ou au goûter, des confitures plutôt que les fameuses pâtes à tartiner dont ils sont tellement friands.

Vous l’aurez compris, le chocolat est un aliment utile pour notre santé et celle de nos enfants, mais il convient de le consommer en quantité raisonnable, pour le tout-petit tout comme pour ses parents, pour limiter les risques.

 

Pensez-y !

Du chocolat pour le petit-déjeuner et le goûter de votre enfant ?

Pour préserver la santé de votre enfant, préférez lui donner de la confiture au petit-déjeuner et au goûter plutôt que de la pâte à tartiner. En règle générale, veillez à faire manger à votre tout-petit des aliments sains, variés et équilibrés. Nous vous invitons à découvrir nos divers conseils en matière d’alimentation au sein de notre rubrique Une alimentation équilibrée.

Vous pouvez également élaborer vous-même vos recettes d’encas gourmands réalisés avec des produits biologiques pour lui faire plaisir (gâteaux, compotes, yaourts…) !

Pourquoi ne pas organiser un atelier cuisine parent/enfant pour l’occasion ? Vous pouvez retrouver la sélection de livres de recettes du Dr Mahé Guibert dans notre article Livres de cuisine pour enfants : la sélection du Dr Mahé Guibert.

 

Cet article vous a-t-il été utile ?

(1) Claudia Cohen. Chocolat : les Français en consomment plus de 7kg par an. Le Figaro Économie (31/10/2018). https://www.lefigaro.fr/conso/2018/10/31/20010-20181031ARTFIG00004-chocolat-les-francais-en-consomment-plus-de-7kg-par-an.php#:~:text=et%20par%20habitant-,En%202017%2C%20chaque%20Fran%C3%A7ais%20a%20consomm%C3%A9%20en%20moyenne%207%20kilos,placent%20en%20t%C3%AAte%20du%20classement [accès le 07/01/21].

(2) Jovana Stanisljevic, Grenoble École de Management (GEM) Pourquoi on risque de manquer de chocolat en 2050 – The Conversation. France Télévisions (15 septembre 2018). https://www.francetvinfo.fr/sante/alimentation/pourquoi-on-risque-de-manquer-de-chocolat-en-2050_2940959.html#xtor=AL-79-[article]-[connexe] [accès le 07/01/21].

(3)  Tables de composition nutritionnelle des aliments : Ciqual. Agence nationale de sécurité́ sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES). https://ciqual.anses.fr/ [accès le 07/01/21].

(4) ANSES : PNNS alimentation infantile : nouveaux repères alimentaires pour les nourrissons et jeunes enfants (0-3 ans). https://quoidansmonassiette.fr/pnns-enfants-alimentation-infantile-nouveaux-reperes-alimentaires-pour-les-nourrissons-0-3-ans/

(5) Haut Conseil de la santé publique relatif à la révision des repères alimentaires pour les enfants âgés de 0-36 mois et de 3-17 ans. 30 juin 2020

(6) ANSES 2011a. Étude de l’Alimentation Française 2 (EAT2) – Tome 1 : https://www.anses.fr/fr/system/files/PASER2006sa0361Ra1.pdf

(7) ANSES. EATi (Etude de l’Alimentation Totale infantile) 2016 https://www.anses.fr/fr/system/files/ERCA2010SA0317Ra-Tome2-Part2.pdf

Mpedia, A partir de quel âge peut-on introduire le chocolat ?, https://www.mpedia.fr/qr/a-partir-de-quel-age-peut-on-introduire-le-chocolat/

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