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Parents solos : conseils et astuces pour assurer au quotidien !

Mis à jour le 22 novembre 2019 L'équipe de rédaction

Écrit par l'équipe de rédaction

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En tant que parent solo, gérer le quotidien relève parfois d’un véritable exploit ! Entre les petits bobos, les gros imprévus, les devoirs du plus grand et les nuits difficiles de la plus petite… difficile de s’y retrouver ! Anne-Flore (journaliste et maman de 2 enfants), Marie (coach et maman de 2 enfants) et Loïc (informaticien et papa de 3 enfants) nous livrent leurs conseils et astuces.

Sommaire de l'article

Un nouveau cadre de vie à construire

Dans ce nouveau schéma familial, à quelles difficultés avez-vous été confrontés ?

Anne-Flore : « Ça a surtout été la gestion des émotions, des débordements émotionnels d’Augustin, le plus jeune. Chaque fois que je les laissais à leur papa, c’est vrai que c’était les cris, le petit s’accrochait aux murs de la maison. La grosse difficulté à mon sens, c’est de ne pas tomber dans le petit couple avec son enfant quand on est parent solo.

J’ai toujours été la maman cool, et le papa était plutôt le papa un peu autoritaire qui posait des limites.

Je les lève le matin trop tard, on arrive toujours en retard, même si je sais que les repères pour eux c’est beaucoup mieux et sécurisant. »

Marie : « Dès qu’elle avait une contrariété, elle se mettait à pleurer, à demander son papa. En fait, il a fallu plusieurs jours, bien 3 semaines, de pleurs tous les soirs pour qu’elle vide l’émotionnel qui était lié, et qu’elle fasse son deuil de cette séparation, qu’elle n’avait pas voulue.

Il a fallu que je sois beaucoup plus autoritaire, et que je mette un cadre dès le début. Sauf que c’était le moment où mes enfants étaient le plus chamboulés par la séparation, et donc c’était assez difficile de trouver le juste équilibre entre la maman réconfortante et le parent autoritaire. Surtout que les enfants avaient tendance à beaucoup utiliser ce levier là pour obtenir ce qu’ils voulaient, ou en tout cas obtenir de l’attention. »

Loïc : « La vie avec son père pour ma fille a été un petit peu difficile à gérer.
Je ressentais parfois que je pouvais ne pas être à la hauteur, ou en décalage en tout cas avec sa maman. Quand on est avec sa femme, son épouse, chacun a un rôle à jouer. Le rôle souvent donné au père de l’autorité, et à la maman de la douceur. Quand on est parent solo, il faut essayer de mixer les deux. »

De quelle manière avez-vous surmonté les difficultés liées à la séparation ?

Anne Flore : « Il peut s’épanouir aussi auprès d’autres adultes, et pas seulement auprès de papa ou de maman. Il y a aussi d’autres grandes personnes sur qui on peut compter, avec qui on peut rigoler, à qui on peut se confier peut-être aussi. »

Marie : « Je pense que ce qui a aidé le plus mes enfants à vivre ce changement de vie, c’est le fait qu’ils soient impliqués aussi dans ce qui était en train de se passer. Par exemple, quand j’ai fait mes visites d’appartement, je les ai emmenés avec moi, je leur ai demandé si ça leur plaisait, ils ont fait les cartons avec moi, quand on achetait de nouvelles choses, on demandait si ça allait aller chez papa ou chez maman.

Le fait d’avoir des modèles de séparation dans la famille qui s’étaient bien passés, c’était rassurant pour eux. »

Loïc : « Maintenant les angoisses ont disparu grâce à un dialogue avec elle, un dialogue avec sa mère, et on a trouvé la solution. Et de un qu’elle soit un petit peu moins angoissée si les choses ne se passent pas exactement comme elle le souhaitait, ou comme elle l’envisageait. Et de deux, qu’elle sache m’en parler quand il y a quelque chose qui lui pose un problème. »

Avez-vous trouvé des relais pour vous aider ?

Anne Flore : « Alors quand j’ai cherché des professionnels vers lesquels me tourner pour me soulager un peu, pour vider mon sac, mais aussi pour prendre des conseils, des aides financières, on m’a parlé de la PMI (Protection Maternelle et Infantile), du CCAS (Centre d’Action Sociale), des CMP (Centre Médico-Psychologique).

Malheureusement, je n’ai pas de famille dans la région, donc j’ai vraiment du prendre sur moi pour demander aux mamans ou aux papas d’élèves de les récupérer à la sortie de l’école si je sortais en retard du travail. Après c’est vraiment un cheminement personnel d’oser aussi les solliciter, donc avant d’appeler au secours c’est vrai que j’ai attendu pas mal de temps.

Je suis allée voir l’assistante sociale du CCAS de ma commune et vraiment elle a été extraordinaire, et on a pu mettre en place des accompagnements, donc des personnes qui viennent, soit durant les périodes des maladies des enfants, soit des moments ponctuels de garde d’enfant pour aller faire les courses, pour sortir aussi. »

Marie : « Pendant cette période j’ai pu aussi compter sur le fait d’avoir un soutien psychologique. Je n’étais pas seule pour affronter tout ça. J’ai eu des conseils. »

Loïc : « Je n’ai pas eu l’idée de me tourner vers des associations, parce que je n’avais pas la connaissance de structures particulières pour aider les parents isolés. Ma fille a dû être suivie avec un psychologue car pour elle la séparation a été assez difficile. »

Retrouvez les témoignages en vidéo ici :

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PARENT SOLO : Un nouveau cadre de vie à construire

Mettre en place une organisation familiale

Comment vous êtes-vous organisé avec l’autre parent ?

Anne Flore : « Ça fait 1 an et demi qu’on est en garde alternée 1 semaine/1 semaine, et à partir de la rentrée, donc dans quelques mois, j’aurai les enfants en garde pleine. Donc au domicile de la maman pendant toute l’année, et le papa les aura 1 week-end sur 2, et la moitié des vacances. »

Marie : « En règle générale, c’est moi qui ai les petites le lundi, mardi, et mon ex le mercredi, jeudi. Puis le week-end : vendredi, samedi, dimanche, on fait ça en alternance. Pour nous c’était plus facile de fonctionner comme ça que 1 semaine/1 semaine. On trouvait ça un peu moins schizophrénique d’avoir 1 semaine avec les enfants, 1 semaine tout seul. Et je pense qu’on manque aussi beaucoup moins aux enfants dans cette façon plus rapide d’échange. »

Loïc : « Les relations avec mon ex-femme sont très bonnes, on pourrait parler de coparentalité. Et on peut compter l’un sur l’autre quand on a un imprévu, justement quand c’est la semaine de l’un ou de l’autre et qu’un enfant est malade et qu’il faut aller le chercher.

La gestion de l’alternance, quand j’ai les enfants 1 semaine sur 2, c’est à la fois de gérer un rythme très, très soutenu quand on les a, avec un rythme très mort, presque une gestion du vide, quand on ne les a pas. »

Et pour vous, le passage de relais ça se passe comment ?

Anne Flore : « On se retrouve aussi bien pour faire les transmissions, les petits bobos, les gros caprices de la semaine, devant l’école le vendredi au moment du goûter. D’une part pour les enfants ça se passe beaucoup mieux que quand on fait ça chez l’un ou l’autre des parents, et c’est de cette façon là que les enfants vivent le mieux la séparation avec le parent qu’ils quittent pour la semaine. »

Et pour les vacances, les imprévus ?

Anne Flore : « On a expérimenté l’été dernier 1 mois/1 mois, ça leur permettait de ne pas changer tout le temps d’environnement, de parent. Et finalement, Augustin avait à l’époque 3 ans, ça s’est très mal passé. Il était beaucoup trop jeune. On nous a dit que c’était très compliqué de faire du 1 mois/1 mois pendant les grandes vacances, donc on va passer pour les prochaines à 15 jours/15 jours. C’est moins pratique, mais pour eux je pense que c’est plus facile pour la gestion de la séparation. »

Marie : « Là ça va être nos premières vacances en parent séparé, ce n’est pas forcément hyper bien organisé puisque, du fait de la séparation, on a aussi moins de moyens. »

Loïc : « Il faut prendre en charge à la fois forcément le travail, de l’un et de l’autre, il faut aussi gérer les nouveaux compagnons, de l’un et de l’autre. C’est une véritable relation en chaîne avec une organisation assez difficile à mettre en place. »

Retrouvez les témoignages en vidéo ici :

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PARENT SOLO : Mettre en place une organisation familiale

Maintenir une vie sociale, un défi à relever !

Est-ce que vous arrivez à garder des moments pour vous ?

Anne Flore : « J’ai vraiment attendu que, et les amis, et les parents, et les psys à droite à gauche me secouent un peu, soient parfois un peu violents, un peu incisifs, pour me dire qu’un bon parent c’est déjà un parent qui était bienveillant avec lui-même, puisqu’on ne pouvait pas l’être avec les enfants si on était une vraie cocotte-minute.

Assez vite, je me suis vraiment imposée du temps sans culpabilité, ni enfant, pour juste ne rien faire en fait. »

Marie : « Je pense que c’est important aussi pour mes enfants d’avoir une maman épanouie, équilibrée, et donc je ne me sens jamais coupable de vivre ces moments-là parce qu’ils vont avoir une maman qui est heureuse. »

Loïc : « Concrètement, on s’oublie un petit peu parce qu’on met de côté les loisirs, on met de côté ce qui sert un peu à se faire du bien. »

Comment concilier vie professionnelle épanouie et famille monoparentale ?

Anne Flore : « J’ai été “remerciée” en pleine période d’essai parce que mon fils avait une grippe qui a duré 10 jours pratiquement. Je n’avais pas de jours enfant malade, et j’ai essayé une fois de faire appel à un baby-sitter qui m’a coûté 80€ la journée. Le calcul était vite fait.

Moi, j’ai une activité libérale, freelance, indépendante, et heureusement. Même si c’est compliqué financièrement, au moins je suis assez souple pour gérer les petits bobos, les petites épidémies hivernales et leur offrir à eux des chouettes souvenirs, des bons moments. Et ça, ça n’a pas de prix, et puis ça compense les 10 jours de grippe qui font perdre un CDI quand même. »

Marie : « Je me suis aussi beaucoup reconstruite et réinvestie sur moi. J’ai lancé mon activité d’entrepreneur, de coach. »

Loïc : « La chose la plus difficile aussi c’est de pouvoir continuer à travailler parce que la semaine où on a les enfants je suis obligé de réduire un petit peu mon temps professionnel, donc je le rattrape la semaine où je ne les ai pas. »

Depuis que vous êtes parent solo, qu’avez-vous appris sur vous-même ?

Anne Flore : « Ce qui a vraiment été très important, c’est une rencontre avec un psychologue pour enfant qui m’a dit « votre fils quand il pleure, quand il hurle, quand il fait des crises, c’est juste qu’il est hyper angoissé et il ne fait pas ça pour vous enquiquiner ». Et le fait de déjà me mettre à leur hauteur, et qu’ils n’aient pas d’autres adultes à qui confier leur chagrin, vers qui se tourner quand ils sont vraiment en colère. J’ai beaucoup appris à prendre sur moi, à ne vraiment pas m’énerver tout de suite, à faire diversion aussi, ça c’est vraiment quelque chose que m’a enseigné cette année-là.

Il faut essayer de ne pas tomber dans la double injonction de perfection et faire comme on peut. Il faut se donner le droit à l’erreur. Et autant au tout début je bouillonnais intérieurement, je me contenais, j’allais crier dehors. Autant maintenant je leur dis : « vous êtes là tous les deux, je vous aime plus que tout, mais vous n’êtes pas les seuls. Maman elle a un travail, des amis. ».  Pour ne pas être que maman, parce que maman c’est aussi une journaliste, une copine, une cousine, plein d’autres choses. »

Loïc : « Un exemple du côté nouveau, c’est la cuisine. Je suis passé d’un barbecue occasionnel le week-end que je pouvais réaliser, à faire au quotidien des plats pour eux, pour qu’ils puissent avoir des repas équilibrés. J’arrivais vraiment de très loin et maintenant je me suis intéressé à la fois au bio, aux légumes, aux préparations. Mais, je pense avoir réussi car j’y prends du plaisir, et surtout une satisfaction car ils sont contents de ce qu’ils mangent et ils apprécient. »

Retrouvez les témoignages en vidéo ici :

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PARENT SOLO : Maintenir une vie sociale, un défi à relever !

Je retiens !

– Eviter la garde d’enfant partagée à la semaine avant 3 ans

– Prévoir un temps de transition apaisé pour l’enfant d’un parent à l’autre

-Si possible, ne pas séparer l’enfant de sa maman plus de 1 semaine par année d’âge

– Idéalement, ne pas entrer en conflit avec l’autre parent devant les enfants

– Essayer de ne pas questionner l’enfant sur l’autre parent

– Laisser la possibilité de téléphoner à l’autre parent à volonté

– Prévoir d’avoir en double les habits et les jouets pour éviter la valise

Pensez-y !

Vous pouvez être aidé.e par les professionnels de santé et petite enfance qui vous suivent :

-Votre médecin

-Le médecin de l’enfant

-Les centres de PMI (Centres de Protection Maternelle et infantile)

-Les CCAS (Centre Communaux d’Action Sociale)

-Les CMP (Centres médico-psychologiques)

-La CAF

Sur internet :

www.aidesociale.fr

www.parents-solos-compagnie.org

www.caf.fr

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