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Menus de 4 à 6 mois : à la découverte de nouvelles saveurs avec la diversification alimentaire !

Mis à jour le 18 juin 2024 2 de nos experts

 Dr Alain BOCQUET
 Dr Sandra BRANCATO

Écrit par 2
de nos experts

menu 4 à 6 mois

Dès l’âge de 4 mois révolu, chez un nourrisson né à terme et en bonne santé, il est possible de débuter la diversification alimentaire et d’introduire progressivement des aliments autre que le lait maternel ou le lait infantile. La diversification alimentaire est une période de transition amenant le nourrisson d’une alimentation lactée exclusive à une alimentation omnivore et permettant de satisfaire ses besoins nutritionnels, de croissance et de développement neuro moteur et psychomoteur. Cette période de transition est progressive entre 4 mois et 3 ans.

L’OMS préconise un allaitement maternel exclusif jusqu’à l’âge de 6 mois, puis une diversification alimentaire, en maintenant un allaitement maternel jusqu’à 24 mois.

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Sommaire de l'article

Pourquoi démarrer la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois ?

En Europe, donc en France, la diversification alimentaire peut débuter à 4 mois révolus et ne devrait pas être retardée au-delà de 6 mois, car à cet âge le risque de carence en fer et en énergie pourrait impacter le développement de l’enfant.

Attention, un début avant l’âge de 4 mois expose également l’enfant à :

  • un risque supérieur d’allergie alimentaire,
  • un risque de carence énergétique, par remplacement trop rapide du lait maternel ou infantile, source énergétique indispensable, par des légumes et/ou des fruits.

La fausse croyance qui circule sur l’intérêt d’ajouter des « farines » (céréales infantiles) afin d’obtenir de meilleures nuits est à la fois une mauvaise interprétation du sommeil du nourrisson et une erreur nutritionnelle.

Les besoins en lait infantile entre 4 et 6 mois sont encore indispensables et il est nécessaire de maintenir 4 biberons de 210 ml (7 cuillères doseuses) pouvant être augmenté de 30 ml (et 1 cuillère doseuse) en fonction des besoins et de l’appétit du nourrisson. Certains bébés prennent encore un biberon la nuit dans cette période, il n’y a rien d’inquiétant. Dans ce cas, la ration sera plutôt de 5 biberons de 180 ml. Ces rations sont des moyennes et il convient de respecter l’appétit de l’enfant et d’éviter de le forcer à terminer ses biberons. Bien entendu, une belle courbe staturo-pondérale est le meilleur témoin d’une nutrition respectant les besoins de l’enfant.

Lorsque votre enfant est prêt et disponible pour débuter la diversification, vous pouvez alors commencer à introduire les aliments. Il n’y a pas d’ordre particulier dans l’introduction, ni d’horaire particulier. On peut tout introduire et le donner à des horaires variables. Cependant, il est tout de même plus simple de suivre un « plan » d’introduction progressif et structuré. N’hésitez pas à demander conseil au pédiatre ou médecin généraliste qui suit votre enfant !

Si vous allaitez, vous pouvez continuer l'allaitement exclusif jusqu'à 6 mois, mais pas au-delà. Si vous souhaitez commencer la diversification alimentaire avant, vous pouvez débuter entre 4 et 6 mois.

Maman allaite bébé mpedia.fr
Illustration : Léna Piroux

Comment procéder, à partir de 4 mois ?

Dès 4 mois révolu, il est possible :

  • d’introduire des céréales dans 1 à 2 biberons par jour (matin et / ou soir par exemple) à raison de 1 à 2 cuillères à café au départ, qu’on pourra augmenter progressivement en l’adaptant à la satiété de l’enfant et à sa tolérance digestive. Les céréales introduites seront préférentiellement sans sucre ajouté (cela veut dire qu’il y a forcément des sucres puisque ce sont des céréales mais qu’il faut les sélectionner sans ajout de sucres additionnels notamment pas de saccharose ou de sirop de glucose). Les céréales instantanées peuvent être proposées avec ou sans gluten, sans distinction. Il est important de varier les sources de céréales.
  • d’introduire des légumes cuits, à la cuillère, en purée lisse au départ. Cette purée pourra être proposée au déjeuner (entre 10h et 13h en fonction du rythme de l’enfant), ou si les parents ne sont pas avec l’enfant le midi, au repas du soir (entre 18h et 20h). Les légumes seront introduits un par un au départ, notamment pour la découverte de chaque goût et leur acceptation, en changeant de légume chaque jour ou tous les 2 jours, en fonction de l’organisation familiale. Ils devront parfois être proposés 8 à 10 fois pour être acceptés. Il est important de ne jamais forcer l’enfant mais de présenter l’aliment initialement refusé à plusieurs reprises.
    • d’introduire des fruits, à la cuillère, cuits en purée lisse ou mixés crus bien murs, souvent lors du goûter, vers 15h-16h, mais là encore, les fruits peuvent être donnés à un autre moment. Comme pour les légumes, ils seront initialement proposés un par un, en changeant tous les jours ou tous les 2 jours, sans forcer et en présentant plusieurs fois l’aliment au bébé s’il est initialement refusé.

Purées maison ou petits pots ?

Pour introduire les légumes, vous pouvez proposer quelques cuillères à café de purée de légumes avant ou après le biberon du midi ou du soir (pas d’horaire particulier), puis augmenter progressivement, jour après jour, les quantités jusqu’à l’équivalent d’un petit pot en s’adaptant à la faim de l’enfant et sans jamais le forcer.

Les légumes peuvent être cuisinés « maison » ou provenir d’un « petit pot » de 130 g. environ. Parallèlement le biberon sera réduit à 150ml. (5 mesures de lait).

Si votre bébé accepte mal la cuillère, n’insistez pas et reprenez la diversification alimentaire 2 à 3 semaines plus tard.

Les fruits peuvent être débutés en même temps que les légumes. Cependant l’habitude est de commencer par les légumes car votre bébé préfère le goût sucré et risque de se désintéresser des légumes si l’on commence par les purées de fruits (compotes sans ajout de sucre). Elles seront données après ou avant une tétée ou un biberon, généralement à l’heure du goûter (mais là encore, vous pouvez choisir un autre repas). Tous les fruits sont conseillés, même la fraise ou le kiwi et les fruits rouges et les fruits exotiques.

Vous pouvez les proposer à la cuillère :

  • sous forme de compotes de fruits “ maison ” en utilisant des fruits bien mûrs, cuits et mixés, sans sucre ajouté,
  • ou en utilisant des “ petits pots ” de fruits adapté à l’âge du bébé.

L’huile : indispensable dès le début de la diversification alimentaire

Il est primordial de rajouter dans la purée de légumes, au moment de donner le repas, une cuillère à café d’huile végétale crue, en alternant huile de colza, noix, lin, olive et en la remplaçant de temps en temps par une noisette de beurre. Les lipides sont une source d’énergie capitale et apportent des acides gras essentiels à la construction du système nerveux central de l’enfant.

Introduction progressive des protéines et des féculents

Après l’introduction des céréales, des légumes, des fruits et lorsque tout se passe bien, vous pourrez alors proposer des protéines animales (viande, poisson, oeuf) à raison de 5 à 10 g par jour, toujours bien cuit et mixé dans les purées de légumes. Les protéines animales ne sont pas indispensables tous les jours.

Pour vous donner des repères :

  • 5 grammes correspondent à une cuillère à café d’aliments mixés ou d’œuf dur écrasé,
  • 10 grammes correspondent à 2 cuillères à café de viande ou de poisson mixé ou ¼ d’œuf dur.

Les « féculents », qui sont en réalité des sucres complexes, seront intégrés dans le repas sous forme de céréales (riz, pâtes, semoule…), de féculents (pomme de terre) ou de légumineuse (lentilles, pois cassé, haricots secs… bien mixés) et en quantité faible au départ avec augmentation progressive, en vous adaptant à la tolérance digestive et à la satiété de l’enfant.

Quels apports en lait entre 4 et 6 mois ?

Si le bébé n’est pas ou plus allaité pendant cette période entre 4 et 6 mois, les apports en lait infantile doivent rester important avec un minimum de 500 ml par jour et un maximum de 800 à 900 ml par jour.

Avec un repas diversifié à midi, il ne restera que 3 biberons à proposer à votre enfant par jour, chacun de 210 ml d’eau faiblement minéralisée (moins de 500 mg de résidu sec à 180 °) + 7 mesures de lait 1er âge.
Cette ration peut être augmentée de 30 ml d’eau + 1 mesure de lait, mais il ne faut jamais forcer votre bébé à terminer son biberon.
Si votre enfant réclame, en plus des 4 biberons, pensez à lui proposez de l’eau faiblement minéralisée et sans sucre. S’il refuse l’eau, c’est qu’il n’en a pas besoin à ce moment-là.

Menu type à la fin du 5ème mois

Matin : tétée de lait maternel ou 210 ml (à 240 ml) de lait infantile avec céréales infantiles (1 à 2 cuillères à café)

Midi : légumes (jusqu’à 200g) + féculents (à adapter, environ 1/3 de la ration des légumes) + 5 à 10 g de protéines (viande, poisson, œuf) + 1 cuillère à café d’huile. En fonction de la faim de l’enfant, un petit complément peut être proposé au sein ou au biberon (entre 90 et 120 ml). Si l’enfant repousse son biberon, pas d’inquiétude, vous pouvez alors lui donner une purée de fruit en dessert.

16h : tétée de lait maternel ou biberon de 210 ml, suivi d’une purée de fruit

Soir : tétée de lait maternel ou biberon de 210 à 240 ml, avec céréales infantiles.

 

Quelques rappels

Il est indispensable de varier les goûts en changeant tous les jours (ou tous les 2 jours) les légumes, les fruits, les sucres complexes, et les lipides. La diversification alimentaire, c’est aussi une affaire de diversité !

Petit, votre enfant est dans la période dite de « néophilie » : il acceptera facilement différents goûts ! S’il refuse, pas d’inquiétude ni de forcing, mais il faut persévérer et proposer les aliments jusqu’à 8 à 10 fois avant que l’enfant accepte de goûter.

Pour manger correctement, votre enfant doit être bien installé, bien assis, au calme sans aucune distraction, notamment aucun écran à proximité. Si votre bébé pleure car il a très faim, vous pouvez commencer par la tétée ou le biberon de lait et ensuite proposer la cuillère. Il n’y a pas d’ordre établi, chaque enfant est différent.

N’oubliez pas non plus qu’un enfant a soif comme nous mais qu’il ne peut pas réclamer, il est donc indispensable de lui proposer de l’eau (et uniquement de l’eau) pendant le repas mais également entre les repas. S’il ne veut pas boire, c’est qu’il n’a pas soif, inutile de proposer des boissons sucrées pour l’obliger à boire.

Découvrez aussi notre podcast Premières cuilleréesComment bien démarrer la diversification ? présenté par le Dr Sandra Brancato, à découvrir ici…

Et sur notre chaine Youtube !

 

A savoir

Peut-on proposer tous les légumes à son enfant ?

Parmi les légumes, il est possible à cet âge, d’utiliser : betteraves rouges, blanc de poireaux, brocolis, butternuts, carottes, courgettes (épépinées et sans peau), épinards, haricots verts, patate douce, panais, potirons ou potimarrons, tomates, les bettes (vert et blanc), artichauts. Les endives peuvent être utilisées mais leur goût amer peut rebuter les jeunes enfants. Les petits pois peuvent être utilisés s’ils sont extra-fins. La quantité de carottes sera limitée en cas de constipation. Les légumes “à goût fort”, ou trop fibreux : aubergines, cardons, céleris, choux, fenouil, navets, oignons, poivrons, raves, salsifis, vert de poireaux, etc. peuvent ne pas être appréciés à cet âge.

La qualité des légumes surgelés est au moins égale sinon supérieure à celle des “ produits frais ” de la grande distribution. Les légumes du potager familial sont une excellente solution, à condition que leur culture soit réalisée en limitant l’usage des pesticides et des engrais, et que leur durée de conservation soit courte.

Le saviez-vous ?

Comment cuisiner les légumes et les fruits au début de la diversification alimentaire de son enfant ?

  • Les légumes doivent être cuits de préférence à la vapeur, sans adjonction de sel, et les fruits sans sucre ajouté.
  • Il est préférable de proposer un seul légume par jour (en plus de la pomme de terre qui sert de liant pour les légumes les plus fluides comme la courgette ou la tomate) afin que votre enfant apprenne le goût particulier de chaque légume. Il en est de même pour les fruits.
  • Il est conseillé de changer de légume et de fruit chaque jour, pour que votre bébé accepte ensuite plus facilement les aliments nouveaux, et devienne gourmet.
  • Si votre enfant refuse un légume ou un fruit il faut lui proposer de nouveau un autre jour, sans le forcer ; il ne faut pas se décourager après plusieurs refus mais savoir persévérer une dizaine de fois, jusqu’à ce que le légume ou fruit initialement refusé soit finalement accepté puis apprécié.

Cet article vous a-t-il été utile ?

  1. Haut Conseil de la santé publique (HCSP). Avis du 30 juin 2020 relatif à la révision des repères alimentaires pour les enfants âgés de 0-36 mois et de 3-17 ans
  2. Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) Avis du 12 juin 2019 relatif à l’actualisation des repères alimentaires du PNNS pour les enfants de 0 à 3 ans
  3. Mary Fewtrell, Jiri Bronsky, Cristina Campoy et al. Complementary Feeding: A Position Paper by the European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition (ESPGHAN) Committee on Nutrition. JPGN
  4. Ierodiakonou D et al. Timing of allergenic food introduction to the infant diet and risk of allergenic or auto- immune disease. A systematic review and meta-analysis. JAMA 2016;316:1181 – 92.
  5. D. Turck et le Comité de Nutrition de la Société française de pédiatrie. Diversification alimentaire : évolution des concepts et recommandations. Archives de Pediatrie 2015;22:457-460.

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