Courbes de croissance et surpoids

de 1 an à 6 ans
Mémoriser Je vous recommande l'article "Prise en charge de surpoids, l'intérêt des courbes de croissance (poids, taille et corpulence)" sur le site mpedia.fr

Prise en charge de surpoids, l'intérêt des courbes de croissance (poids, taille et corpulence)

Suivre les courbes de croissance, de poids, de taille et d'IMC est très important. Elles sont un indicateur précieux, parmi d'autres, de l'état général de votre enfant et elles permettent de suivre la prise en charge éventuelle de problèmes de croissance staturale ou pondérale de votre enfant.

La présentation de 2 cas cliniques permettront de mieux comprendre à quoi servent ces courbes.

IMC, qu'est ce que c'est ?

L'index de masse corporelle est un « outil » qui permet de positionner la corpulence d’un enfant sur des courbes de référence pour la "normalité " ou les dérives vers le surpoids, ou la maigreur. Ces courbes (dites de corpulence) sont le fruit d’une approche statistique de l’évaluation d’un sur-risque de pathologies pour les sujets se situant en dehors des "limites". On obtient ainsi des "couloirs", avec des écarts en plus ou en moins à partir d’une moyenne. Au dela de 2 écarts en plus ou en moins, on considère que le sujet est à risque. Les valeurs de l’IMC chez l’adulte définissant la corpulence idéale, le surpoids ou l’obésité, sont des valeurs fixes (statiques), alors que chez l’enfant, en croissance permanente, ces valeurs évoluent sans cesse (dynamiques) : il faut donc établir la courbe de corpulence de l’enfant qui sera comparée aux courbes de références.

L’IMC n’a pas de valeur normative en soi puisque il peut être identique chez deux enfants de même taille, l’un très musclé et « dense », l’autre « bien enveloppé ». C’est son évolution, la dynamique de la courbe, et le contexte qui seront les guides de la conduite à tenir.
 
La valeur de l’IMC est calculée en divisant le poids (en kg) par la taille (en m) au carré. (On divise le poids par la taille, et le résultat obtenu est encore divisé par la taille)
 
La courbe de corpulence est plus sensible que la courbe de poids pour dépister précocement une évolution anormale  vers le haut (obésité) ou vers le bas (maigreur). Les courbes de corpulence de référence française sont établies en centiles, qui permettent de définir les zones d'insuffisance pondérale (inf. au 3ème percentile), de « normalité » (du 3ème au 97ème percentiles) et de surpoids (sup. au 97ème percentile) depuis la naissance jusqu'à l'âge de 20 ans.
 
Comme on le voit sur les courbes d’IMC du carnet de santé (qu’il faut utiliser et compléter soi même si le médecin n’y a pas pensé) le tracé n’est pas linéaire . On distingue 3 périodes :
  1. L'IMC augmente de la naissance jusqu'à 1an, c’est l’âge du bébé joufflu avec des petits plis sur les bras et les jambes,
  2. L’IMC diminue de 1 an jusqu'à 6 ans, au moment de l’acquisition de la marche et de l’intensification de l’activité physique,
  3. L’IMC remonte de 6 ans à l’âge adulte.
Le point d’inflexion entre la 2e et la 3e période marque ce que l’on appelle le rebond d'adiposité. Normalement, ce point se situe après 6 ans ou même davantage. S’il est précoce (avant 5 ans), l'enfant risque d'être en surpoids plus tard, ce risque étant d’autant plus marqué que ce rebond aura eu lieu plus tôt.
 
Sont ainsi tracés des couloirs qui ressemblent à une autoroute à 4 voies. L’important étant de rester au maximum dans le couloir qui correspond le mieux à sa nature (plutôt mince ou au contraire « baraqué »), et comme en voiture, de corriger très rapidement les inflexions de trajectoire. En effet, plus on attend pour donner le « petit coup de pouce », plus les mauvaises habitudes vont s’installer et plus il sera difficile de retrouver la normalité.

Cas n°1 - Prise en charge efficace mais qui aurait été beaucoup plus simple si l’on avait pris conscience du risque à partir de 3 ans

Sur cette courbe, nous voyons bien que cette petite fille a eu un rebond précoce d'adiposité (à 3 ans au lieu de 5). Sa courbe suivait normalement les indices jusqu'à l'âge de 3 ans, elle est remontée à partir de 3 ans alors que sa courbe aurait dû continuer à baisser.

Elle s'est retrouvée en surpoids à partir de l'âge de 9 ans jusqu'à 12 ans, début de la prise en charge. Si cette fillette avait été pesée et mesurée régulièrement et si les courbes avaient été tracées, le médecin aurait noté une prise de poids excessive au moins 8 ans plus tôt.
 
La prise en charge a été efficace et les résultats ont été heureusement très positifs, ce qui n’est pas toujours aussi évident. Cette jeune fille et sa famille ont compris le risque d’évolution vers un surpoids plus grave et ont été motivés pour changer leurs habitudes : c'est une enfant qui était très gourmande et qui mangeait souvent entre les repas, elle a pu changer son comportement alimentaire. La prise en charge s'est faite à 2 niveaux: réajustement des erreurs diététiques mais aussi reprise d'une activité physique régulière.
 
Le suivi est très important dans ces cas là, c'est une petite fille qui était vue tous les 2 mois.
 
Elle n'a pas de soucis de surpoids aujourd'hui.

Cas n°2 - Prise en charge difficile et qui aurait certainement été simplifiée par un repérage plus précoce, dès l’acquisition de la marche.

Concernant cette jeune fille, le rebond d'adiposité est arrivé encore plus tôt. A 1an, alors que la courbe d'IMC aurait dû baisser, elle s'est stabilisée et est ensuite très vite montée.

C'est une enfant qui s'est retrouvée en surpoids avant même l'âge de 4 ans.
 
La prise en charge a été beaucoup plus compliquée dans ce cas là.
 
L’accompagnement proposé a été gradué : prise en charge médicale par le médecin habituel de l’enfant, aidé au niveau nutritionnel par un diététicien, relais par le réseau RePPOP, séjour en établissement de prise en charge d'enfants en surpoids,....
 
L’amélioration est moins marquée que dans l’histoire précédente mais l’accompagnement et la mobilisation de l’enfant et de sa famille ont permis d’éviter une aggravation : entre 8 et 14 ans le degré de surpoids est resté stable, à la limite de la zone de l’obésité.
 
Cette enfant est consciente des efforts à mettre en place en terme de comportement alimentaire, mais d'autres difficultés d'ordre psychologique et affectives freinent cette prise en charge. Un suivi psychologique est enclenché.
 
En matière de dépistage précoce du surpoids chez l’enfant, l’outil clé est la courbe d’IMC. L’adage « Mieux vaut prévenir que guérir » a ici toute sa place et son application est le gage de bons résultats.
 
Lorsque le surpoids est installé, un accompagnement personnalisé, multidisciplinaire, par des professionnels formés, permet le plus souvent une amélioration progressive basée sur un changement des habitudes de vie.
A consulter
WEB DOC

Un documentaire vidéo destiné aux parents qui se questionnent sur le surpoids d'enfant : http://surpoids-enfant.fr/webdoc_surpoids/index.html

Experts
Article publié le 18/09/2013 Mis à jour le 04/05/2017
Sources

HAS-Recommandation de bonne pratique-Surpoids et obésité de l'enfant et de l'adolescent (actualisation des recommandations 2003), Septembre 2011.

Site du réseau RePPOP - FC (Réseau de Prévention et Prise en charge de l'Obésité Pédiatrique de Franche – Comté)

Mémoriser Je vous recommande l'article "Prise en charge de surpoids, l'intérêt des courbes de croissance (poids, taille et corpulence)" sur le site mpedia.fr