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Comment gérer le surpoids de votre enfant ?

Mis à jour le 26 septembre 2021 2 de nos experts

 Dr Véronique NEGRE
ST

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Surpoids

Surpoids : causes, suivi, conséquences psychologiques : tous les conseils de nos experts en cas de surpoids de votre enfant !

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Une fois le surpoids de votre enfant repéré, comment agir ?

Grâce à son carnet de santé, vous pouvez surveiller l’évolution des courbes de taille et de poids, et l’Indice de Masse Corporelle (IMC) de votre enfant. C’est en calculant l’IMC et en le plaçant sur la courbe de corpulence que le médecin repère le surpoids : lorsque l’IMC se situe au delà du 97ème percentile, sur la courbe de corpulence de référence pour le sexe, on parle de surpoids. De quels moyens d’actions efficaces dispose-t-on pour freiner une prise de poids excessive dès qu’on s’en aperçoit ? Voir les courbes en fin d’article.

Le calcul de l’IMC : une réalité objective à prendre en compte.

Votre médecin pèse et mesure votre enfant, il calcule l’IMC (P/T2 : poids en kg divisé 2 fois de suite par la taille en mètre), le reporte sur la courbe de référence et vous donne une réponse objective indépendamment de toute appréciation subjective : enfant en insuffisance pondérale, de corpulence normale ou en excès pondéral modéré ou important.

Etre en surpoids peut poser à votre enfant des problèmes d’intégration scolaire (moqueries des camarades, difficulté à se mettre en maillot de bain à la piscine, à s’habiller, à faire du sport, etc…), c’est également la cause de nombreux soucis de santé. Mieux vaut donc s’attaquer au problème le plus tôt possible.

L’intérêt d’une surveillance régulière

Si votre enfant grossit trop vite (sa courbe de poids et son IMC grimpent plus vite que les courbes de référence), s’il montre parfois des signes d’inconfort physique ou psychologique pouvant être liés à un surpoids (il a du mal à respirer quand il court et se fatigue vite en faisant du sport, n’est pas à l’aise avec son corps…), votre enfant est peut-être au début d’une surcharge pondérale.

Depuis sa naissance grâce aux indications portées sur son carnet de santé, votre médecin vous aide à surveiller l’évolution de sa corpulence. Il va de soi qu’un surpoids pris en charge de façon précoce est plus facile à traiter rapidement et efficacement qu’un excès de poids voire une obésité déjà installée depuis un certain temps.

Un journal de bord : pour des progrès au jour le jour

En tenant lui-même un journal de bord, votre enfant est un “acteur” dans sa lutte contre le surpoids.

Proposez-lui de noter quotidiennement certaines informations (s’il est trop jeune, vous pouvez le faire ensemble) : s’il a bien et suffisamment dormi, ses activités physiques, ses jeux, ses repas, ce qu’il a mangé à la cantine… en précisant les conditions dans lesquelles il a mangé ou joué : était-il seul, en bonne compagnie, se sentait-il détendu, mal à l’aise, stressé… Ce journal permettra de faire le point de temps en temps pour voir ce qui peut être amélioré.

Pourquoi votre enfant grossit-il de manière anormale ?

C’est la première question à vous poser une fois le diagnostic établi. Le mieux est d’y réfléchir avec votre enfant, s’il est suffisamment grand. En général, un problème de surpoids est lié à un déséquilibre entre des apports alimentaires trop importants par rapport aux dépenses physiques. Selon le docteur Treppoz, pédiatre spécialiste de l’obésité à Lyon, il faudrait faire entrer moins de carburant (l’alimentation) et/ou en dépenser davantage (l’exercice physique)… Cette métaphore de la voiture donne une bonne idée des leviers d’action possibles.

Les facteurs qui induisent ce déséquilibre peuvent être très différents d’un enfant à l’autre :

  • l’hérédité joue un rôle important si vous-même avez tendance à l’embonpoint,
  • d’autres facteurs dits «épigénétiques»peuvent aussi intervenirlorsque des évènements sont survenus pendant la grossesse (diabète mal équilibré, prise de poids très importante…)

Ces facteurs jouent sur l’appétit du bébé puis du petit enfant qui a du mal à ajuster la quantité de ce qu’il mange à ses besoins

  • un problème affectif, si la vie familiale est perturbée par un deuil, un
  • déménagement, ou une séparation, le chômage, etc.
  • un manque de sommeil
  • l’attitude éducative de l’entourage vis à vis de l’alimentation: trop incitative (finit ton assiette! un gâteau pour réconforter ou récompenser…) ou au contraire trop restrictive
  • un problème hormonal, rarement, mais il s’accompagne alors d’un ralentissement ou d’une cassure de la courbe de taille, il sera décelé par le médecin.

Essayez de cerner toutes les causes qui ont pu provoquer ou accentuer cette prise de poids excessive. Identifier la raison permet d’en parler et d’essayer de trouver des solutions adaptées.

Comment votre enfant vit-il ce surpoids ?

Pour aider votre enfant à mincir, il est nécessaire qu’il soit motivé et que vous vous intéressiez à ce qu’il ressent. Est-il à l’aise dans son corps ? Que ressent-il notamment vis à vis de ses copains lorsqu’il doit se mettre en tenue de sport, à la piscine, etc.? Aime t-il les activités collectives ? Aime t-il courir ? A t-il parfois du mal à respirer ?.

En discutant avec votre enfant, éveillez chez lui l’envie de mincir sans toutefois le culpabiliser ou lui montrer qu’il n’est pas conforme à ce que vous voudriez qu’il soit… Pouvoir s’habiller plus facilement, courir sans être essoufflé, être plus à l’aise en classe, sont des motivations qui lui parleront plus que l’idée d’être en bonne santé.

Comment limiter sa prise de poids ?

L’idéal est tout d’abord de la freiner. En grossissant moins tout en continuant de grandir, votre enfant a toutes les chances de regagner une corpulence (un IMC) plus confortable pour lui. Il faut privilégier le long terme, c’est-à-dire travailler à “éduquer” votre enfant à des habitudes de vie différentes touchant les activités physiques et l’alimentation.

Une alimentation saine et contrôlée

La première règle à suivre est de ne pas interdire d’aliments et de ne pas imposer de régime strict. Surveillez simplement l’alimentation de votre enfant. Les repas doivent être pris à horaires réguliers, assis à table et avec des convives. Profitez de ces moments privilégiés (télévision éteinte) pour discuter avec votre enfant. C’est l’occasion de se détendre et de communiquer dans de bonnes conditions. Rappelez-lui de bien mâcher, de manger lentement, de prendre tout son temps, et de savoir s’arrêter lorsqu’il n’a plus faim.

Apprendre à bien manger fait partie de son éducation. L’idéal, pour bien commencer la journée, c’est de lui préparer un petit déjeuner consistant : des tartines de pain, des biscottes ou des céréales raisonnablement sucrées, du lait ou un yaourt, un fruit. A midi et le soir, prévoir des légumes, des féculents en quantités adaptées. Plutôt que d’interdire des aliments, limitez ceux qui sont trop gras, ou trop sucrés, et proposez-lui des légumes ou des fruits en variant les présentations.

Le goûter pris au cours de l’après-midi est le plus petit repas de la journée et sera constitué de 2 aliments choisis parmi : un produit laitier et/ou un fruit frais ou en compote et/ou des tartines de confiture, miel ou chocolat et de l’eau pour se désaltérer. Enfin, apprenez à votre enfant à manger uniquement pendant les repas, et pas en dehors : le grignotage est une cause fréquente de surpoids. De même, sauter un repas est déconseillé.

Une vie plus active avec moins d’écran…

Il est important que votre enfant bouge : trop de temps passé devant la télévision, l’ordinateur ou sa console de jeux est néfaste. L’immobilité favorise la prise de poids. De plus, les publicités peuvent inciter votre enfant à grignoter. Elles ont aussi une influence sur lui en lui faisant croire que certains aliments sont bons pour sa santé, ce qui est loin d’être toujours vrai. Le mieux est de décider du temps raisonnable autorisé et de l’expliquer à votre enfant pour le responsabiliser (pas plus de deux heures par jour devant un écran par exemple). Pour l’aider, évitez de laisser la télévision allumée (notamment pendant les repas), ne le laissez pas utiliser librement sa console, et n’installez pas d’ordinateur ou de télévision dans sa chambre. Si votre enfant grignote ou s’affale devant sa console, c’est souvent par ennui : il sera ravi si vous lui proposez une activité à partager avec vous.

Essayez d’équilibrer les deux : s’il reste une heure devant la télé (ou l’ordinateur, ou sa console…), il passe une heure dehors à jouer…!

Pour vous aider à gérer le temps d’écran, vous pouvez vous aider de la règle 3 6 9 12 développée par Serge Tisseron, psychiatre, et des outils proposés sur ce site pour moins d’écrans et plus d’interactions.

…et plus d’activité physique

Ne le forcez pas à faire un sport s’il n’en a vraiment pas envie. Essayez de trouver une activité sportive qu’il aimerait bien découvrir. En plus de l’activité en club, encouragez-le surtout à avoir une activité physique régulière, emmenez le souvent en promenade, laissez-le se dépenser dans le jardin ou au parc (1h par jour dehors). Il faut l’habituer très jeune à avoir une activité physique. Si cela représente en plus un moment passé avec vous, votre enfant sera plus enclin à s’y adonner. Si vous êtes sportif(ve), vous pouvez partager avec lui la complicité de jeux de ballons, de raquette, etc. Et si vous ne l’êtes pas, emmenez-le ramasser des champignons, des pissenlits ou des châtaignes dans la nature, proposez-lui de se promener pour faire un bouquet, aller en haut d’une colline pour profiter d’une belle vue, promener le chien : donner un but à la promenade est toujours motivant !

Multipliez les occasions de se dépenser : plutôt que de prendre la voiture, optez pour la marche à pied ou le vélo. Les municipalités mettent parfois en place des pédibus qui organisent les trajets à pieds en toute sécurité pour aller à l’école.

Essayez, dans tous les cas, de rester dans un registre ludique : plusieurs étages à monter ? Lancez-lui un défi : “Vas y, tu es un champion, tu peux me battre !” Et entraînez le vers les escaliers plutôt que l’ascenseur.

Lorsque votre enfant invite des amis, suggérez-leur de jouer au ballon dans le jardin ou à des jeux actifs (chat perché, jaques-a-dit, le jeu du béret, la chaise musicale, partie de cache-cache, jeu de piste…). Vous bricolez, vous jardinez ? Apprenez-lui à mettre la main à la pâte… Au plaisir de se rendre utile, il aura celui de s’activer à vos côtés. L’essentiel est que toutes ces activités soient régulières. Un peu tous les jours est toujours plus efficace qu’une journée entière par mois…

Lutter à plusieurs contre le surpoids !

Votre enfant ne doit pas vivre seul son changement d’habitudes. C’est un défi lancé à toute la famille. L’introduction progressive des petits changements nécessaires (plus d’activités physiques, moins de temps devant les écrans, une nourriture plus variée, des portions plus raisonnables…) et le fait que les frères et sœurs et même vous y participiez ne peuvent qu’aider votre enfant, qui ne doit en aucun cas se sentir exclu et différent des autres.

Discutez entre conjoints de la manière dont vous allez modifier vos habitudes alimentaires et vos activités physiques. Soyez bien d’accord sur les décisions à prendre : il est important pour votre enfant de vous sentir unis et soudés à ses côtés.

De même ne fixez pas trop d’interdits : les choses doivent se faire progressivement, sous peine de décourager votre enfant ou de le pousser à grignoter en cachette. Les objectifs visés doivent être possibles à atteindre et doivent être établis sur la durée : une perte de poids rapide se reprend en général aussi vite !

Enfin, si votre enfant a tendance à grignoter, parlez-en avec lui pour voir les raisons qui l’y poussent et les moments où il en ressent le besoin : il traverse une période de stress, il s’ennuie, il se sent seul, etc. Dans tous les cas, en parlant avec votre enfant, en lui montrant que vous le comprenez, que vous le soutenez et que vous êtes à ses côtés, vous l’aiderez à s’épanouir ce qui est le premier pas à franchir pour venir à bout d’un problème de surpoids.

L’amélioration de l’alimentation commence… au supermarché

En faisant vos courses, méfiez-vous des plats tout préparés (frais ou congelés), des sodas et des jus de fruits, des gâteaux riches en matières grasses, etc… Plus les produits sont simples et naturels, plus vous limitez les apports caloriques. Les crèmes dessert et les glaces doivent être réservées aux repas plus festifs donc plus occasionnels, tout comme les bonbons et les sodas. La meilleure boisson pour votre enfant, c’est l’eau pure !

Il n’aime pas un légume ou un plat ? Ne le forcez pas à en avaler une assiette entière. Proposez-lui simplement de tester une bouchée. Au fil du temps, à force d’y goûter, il a de grandes chances d’y prendre goût.

Lorsque vous cuisinez, essayez de mettre le minimum de graisse (limitez l’huile, la crème, le beurre…) et salez raisonnablement. Vous pouvez varier en cuisinant à la vapeur ou en papillote, par exemple. L’usage des sauces type mayonnaise doit rester occasionnel.

De petites portions suffisent pour un enfant : inutile de trop remplir son assiette. Mettez plus de légumes que de féculents, et plus de féculents que de viande. Il est préférable de devoir le resservir (seulement s’il vous le demande) que de le voir peiner à terminer… N’insistez jamais pour qu’il termine absolument son assiette.

Votre enfant ne doit pas avoir un régime spécial, à part des autres. Il est plus simple de cuisiner la même chose pour toute la famille. Donnez-lui simplement des portions adaptées à ses besoins et à son âge. Recommandations de portions du HCSP/PNNS :

  • 3- 6 ans : 1/2 portion(s) adulte,
  • 7-10 ans : 2/3 portions adulte.

Très tôt, prenez le temps de lui apprendre à cuisiner, de lui transmettre le plaisir de bien s’alimenter. Emmenez-le faire le marché avec vous, faites-lui choisir les légumes (cela lui donnera envie d’y goûter), initiez-le au plaisir de la cuisine. Rien ne vaut les bons plats faits maison !

Les mauvaises habitudes à oublier

  • Un nourrisson n’a pas besoin de jus de fruit. Inutile non plus d’ajouter des céréales infantiles sauf s’il a besoin d’être rassasié davantage (à partir de 4 mois seulement) : s’il boit bien ses biberons « nature », il n’y a aucune raison d’en rajouter. Ne le forcez pas à finir son biberon si sa courbe pondérale est normale (voir ce point avec votre médecin).
  • Aller à l’école en voiture quand on peut faire autrement : cherchez à rendre les trajets plus actifs (comme cela prend plus de temps, planifiez différemment la période du lever, du petit déjeuner et du départ pour l’école).
  • La collation de milieu de matinée à l’école (ou à la maison) représente un repas supplémentaire qui n’a pas lieu d’être. De même, deux goûters par jour, c’est un de trop : si votre enfant reste à l’étude, un seul goûter lui sera donné : veillez à ce que l’assistante maternelle ou la nounou du soir n’en donne pas un deuxième après l’étude “sur le chemin du retour, ou en attendant maman” pour apaiser le stress ou avoir du calme…
  • Les privations de dessert : le dessert ne doit pas être une récompense, ni les légumes une punition !

Les bonnes habitudes à prendre

  • Servir à l’assiette évite de laisser sur la table un plat avec des restes qui incite à se resservir, même si on n’a plus faim, pour combler un manque, apaiser le stress d’une journée fatigante ou d’une mauvaise note…
  • Présenter sur la table des petits légumes crus (bâtonnets de carottes, de concombres…) à tremper dans une sauce légère. Cuisiner les légumes en gratins, en galettes (mélangés à un peu de pâte à crêpe)…
  • Lui donner envie de manger des fruits en épluchant à l’avance des morceaux de pommes (ou pêche, ou poire…) à attraper avec un cure-dent. Cuisiner avec lui des desserts maisons aux fruits (clafoutis, compotes, salades de fruits…).
  • Si on en a la possibilité, se lancer dans le jardinage et cultiver son propre potager !

Pour aller plus loin

WEB DOC

Un documentaire vidéo destiné aux parents qui se questionnent sur le surpoids d’enfant : http://surpoids-enfant.fr/

OUVRAGE

Un ouvrage à destination des familles écrit par une pédiatre spécialiste de l’obésité de l’enfant et une médecin de santé publique : L’enfant en surpoids, conseils de vie au quotidien

Surpoids de l’enfant, comment (re)trouver l’équilibre ?

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