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Comment être ferme avec un enfant de 5,5 ans impertinent ?

il y a 1 an

Mon fils de 5 ans et demi, qui est plutôt en avance côté langage (il sait lire de façon fluide depuis 6 mois, et a un vocabulaire très très riche), démontre depuis quelques mois de plus en plus de difficultés à respecter les règles que nous imposons. Il répond, questionne chacune de nos demandes, ne tient pas en place (impossible de rester assis plus de quelques minutes sans bouger). Il est devenu grand frère au moment de l’acquisition de la lecture, mais ça ne semble pas venir de là…
Ma question est : il me semble que cela suit un développement normal, mais comment réagir à ça ? Je suis partisane de l’éducation positive et bienveillante, mais cela ne suffit plus. Nous punissons de plus en plus souvent… Mais sans plus d’effet non plus…
Nous sommes toujours aussi complices, mais du coup, le choc est violent quand il fait “une crise de test”. On me dit dans mon entourage que parfois, il faut poser les limites physiquement, et j’avoue qu’hier par exemple, sous la colère, je me suis imaginée le gifler tellement il se fichait de tout ce que je pouvais lui dire…Chose qui ne me serait jamais venue à l’esprit auparavant. Au lieu de ça, j’ai arrêté de lui parler et j’ai repoussé ses câlins, ce qui l’a vexé. Nous avons fini par nous expliquer et il s’est excusé, mais aujourd’hui, retour à la case départ.
Bref, que faire ?
Merci pour votre réponse.

La réponse de notre expert

SALINIER Catherine, Dr, Pédiatre
 Dr Catherine SALINIER

Bonjour Madame,

Votre enfant sait lire à 5 ans. Vous ne me dites pas si vous lui avez appris à lire (si c’est le cas il est tout à fait normal qu’il sache) ou s’il a appris tout seul en simplement demandant que vous lui lisiez des mots par-ci par-là et il en a déduit la lecture. Dans cette seconde circonstance, cela témoigne de capacités intellectuelles certaines. Quand un enfant a des capacités intellectuelles importantes, il est plus enclin à réfléchir, à questionner et donc à remettre en cause ce qu’on lui impose ou ce qu’impose tout simplement la vie en famille et en société . Et cela d’autant plus qu’on l’a élevé jusque là dans la discussion, l’explication, la prise en compte de son avis etc … Souvent aussi des capacités intellectuelles de très bon niveau s’accompagnent d’agitation motrice voire d’hyperactivité dont un des signes importants est l’impulsivité ( parole ou acte non réfléchi). Ces enfants intelligents, agités et “raisonneurs” sont bien sûrs difficile à élever et poussent souvent à bout.

L’éducation positive est un mode d’éducation tout à fait pertinent et souhaitable à condition d’être bien compris et appliqué. L’éducation positive reste de l’éducation donc il faut apprendre à l’enfant ce qui se fait ou pas et le mot “positive” signifie encouragement au lieu de sanction d’un échec ou d’un manquement mais ne signifie pas “‘encensement” ni valorisation perpétuelle, ni excuse perpétuelle. Les deux piliers de l’éducation positive sont la bienveillance ( on veut le bien de l’enfant et donc on est a priori gentil et tendre) mais aussi fermeté (c’est l’adulte qui décide et il n’y a pas à discuter ni à expliquer sans cesse). L’éducation positive est très facile à appliquer avec un enfant petit mais si on oublie la fermeté, on est très vite dépassé quand l’enfant grandit. Il semblerait que ce soit ce qui vous arrive. Il y a des choses que vous n’avez pas à tolérer et l’impertinence et l’irrespect en font partie. Et vous devez ne pas le tolérer et vous devez les sanctionner d’une manière ou d’une autre. Même si quand on est poussés à bout, une gifle peut échapper aux parents, cela n’a aucun sens ( car l’adulte alors perd toute maîtrise de lui-même ce qui est déstabilisant pour l’enfant) et n’a en général strictement aucun effet. Votre entourage n’a pas raison en parlant de limites physiques. Mais vous avez d’autre solutions pour montrer à votre enfant que vous ne l’aimez pas au moment il agit comme cela. Et vote mise à l’écart et votre refus de câlins a été une bonne solution à condition de ne pas pardonner aussitôt ni oublier. Accepter ses excuses ne veut pas dire oublier. Il doit comprendre que vous avez gardé cela en mémoire et avez été fâchée et déçue et que votre relation en garde un accroc pour un moment.

Voilà réfléchissez donc à cette notion de fermeté qui ne veut pas dire sévérité ni méchanceté bien sûr mais juste chacun à sa place et c’est vous qui décidez qu’il le veuille ou non et il n’y a pas à expliquer ni à discuter sans fin.

Si votre enfant reste ainsi agité et que vous n’y arrivez vraiment pas avec lui un bilan psychologique sera nécessaire bien plus que des limites physiques.