Partager

La mort : la sélection de livres du Dr Mahé Guibert

Mis à jour le 01 avril 2020 Dr Anne MAHE GUIBERT

1

Voici une sélection sur un thème que l’on m’a demandé à plusieurs reprises.  C’est un sujet difficile et la sélection a été délicate. Dans cette  première partie vous trouverez des albums sur la mort en général, des situations de deuil transposé dans le monde animal, des textes où la mort est personnifiée, des albums sur la mort d’un ami et enfin quelques titres sur la mort de l’animal de compagnie. Je traiterai le décès d’un aïeul, le décès d’un parent, le décès d’un enfant dans une prochaine sélection.

Sommaire de l'article

La mort en général

  • La découverte de petit bond, Max Velthuijs, Ecole des loisirs

Petit Bond est intrigué par ce merle couché, inerte, découvert dans la prairie. Aidé de Cochonnet, Canne Blanche et Lièvre, il va affronter la réalité de la mort et tous ensembles ils offrent une sépulture à leur ami avant de repartir jouer. Le texte et les images sont d’une grande simplicité ce qui donne une touche de légèreté.  Adapté aux plus jeunes.

  • Une chanson pour l’oiseau, Margaret Wise Brown, Rémy Charlip, Didier Jeunesse

« L’oiseau était mort quand les enfants l’ont trouvé », ainsi commence cet album. Il y a à la fois beaucoup de réalisme et beaucoup de poésie dans ce texte qui s’adresse aux enfants sans détours, avec des mots justes et simples, et qui leur parle de la mort, du cœur qui ne bat plus, du corps qui s’enraidit, de la nécessité de la sépulture, de la tristesse des adieux et de la vie qui reprend. L’album alterne double page de texte et double page d’illustration dans un format à l’italienne qui permet aux images de s’épanouir. Leur palette chromatique réduite à trois couleurs (bleu, jaune et vert), la  simplicité du trait  et la présence forte de la nature amènent une touche de douceur à ce texte fort.

  • Et on mangera des réglisses, Sylvia Van Ommen, Didier jeunesse

Deux amis s’organisent un petit gouter festif en pleine nature, chacun amène sa participation, qui du café, qui des réglisses. Et les voilà qui se mettent à disserter sur l’au-delà avec une fraicheur et une spontanéité déconcertantes. C’est fin et délicat, il est plus question d’amitié et de gourmandise que de deuil et de tristesse. Des illustrations en noir et blanc, un style proche de la bande dessinée, des dialogues savoureux. Une belle réussite.

  • Il faut le dire aux abeilles, Sylvie Neeman, Nicolette Humbert, La joie de lire

« Quand un apiculteur meurt il faut le dire aux abeilles ». Cette phrase revient comme un refrain à plusieurs reprises dans ce joli texte empreint de nature, illustré des très belles photos naturalistes de Nicolette Humbert. Le lecteur comprendra bien vite le parallèle entre les abeilles et les enfants qui tout comme elles ont droit de savoir et de comprendre les événements qui les touchent avec des mots justes. 

  • Ephémère,  Frédéric Marais, La joie de Lire

Un texte en rimes à résonance philosophique qui nous parle de l’éphémère, cet insecte qui vient au monde pour ne vivre qu’une journée. Accepter son destin, vivre profondément l’instant présent, découvrir l’amour… sont autant de thèmes abordés dans cet album.  Les illustrations usent de couleurs très vivent, presque fluorescentes, elles sont à la mesure de l’intensité que l’éphémère donne à sa vie.

La mort personnifiée

  • Je suis la mort, Elizabeth Helland, Larsen Marien Schneider, Versant Sud Jeunesse

Un texte poétique et philosophique qui parle avec douceur et franchise de la mort. Cette dernière est personnifiée et sa représentation graphique lui confère l’allure d’une femme pas du tout inquiétante. Elle est le narrateur. Des thèmes très audacieux  comme la mort des enfants ou la mort in utéro,  les  grandes catastrophes humaines sont abordés avec une grande simplicité voire même une grande sérénité, le tout est soutenu par des illustrations très colorées, et un brin naïves et qui célèbrent la vie.

  • Le canard, la mort et la tulipe, Wolf Erlbruch,La joie de Lire

La mort qui jouit d’une représentation audacieuse discute avec le canard. C’est à la fois drôle et profond, léger et philosophique.  Chacun prend soin de l’autre, le canard interroge sur l’après. L’ambiance est un peu mystérieuse, et certaines questions restent en suspens. Les illustrations sont sobres et épurées.

  • La visite de la petite mort, Kitty Crowther, Pastel

Un récit très original. Au début du livre la mort est représentée de façon traditionnelle : un personnage enveloppé d’une cape noire et munie d’une faux qui fait son triste travail avec application jusqu’au jour où elle rencontre la lumineuse Elsewise. A l’inverse des autres humains elle l’accueille avec joie et va même jusqu’à tisser une belle complicité avec elle. Ou comment aborder la maladie, la souffrance, la mort et l’au-delà avec pudeur, délicatesse et même un brin d’humour.

La mort d’un ami

  • Le jardin d’Evan, Brian Lies, Albin Michel

C’est l’histoire d’une amitié entre deux bons copains, un renard et un chien, c’est l’histoire d’un grand chagrin et d’une grande révolte,  une histoire de perte du bon copain et du gout de la vie, une histoire de descente aux enfers… et de renaissance. Les illustrations hyperréalistes, colorées et très audacieuses soutiennent à merveille ce texte plein d’énergie.

  • Au revoir Blaireau, Suzanne Varley, Gallimard

Blaireau est vieux, il sait que la mort approche mais  elle ne lui fait pas peur, il est serein.  Ses amis eux seront très éplorés de sa disparition malgré l’injonction prévoyante  de Blaireau de ne pas être malheureux. Les saisons passent et les copains se réunissent pour parler de leur ami défunt. Chacun se remémore avec émotion de ce que Blaireau lui a appris. Un beau texte riche de sérénité et de sagesse où il est question d’amitié, de fidélité, et de transmission.

  • Lucie est partie , Sébastien Loth,  Nordsud

L’histoire de Lucie et de Zelda est celle d’une belle amitié et d’un partage sans compter des joies et des peines. Mais un jour Lucie ne trouve pas Zelda dans le jardin au milieu des salades. Les oies ont beau lui dire à mots couverts que Zelda est partie pour un très long voyage, Lucie lui en veut d ‘être partie sans elle et s’empresse d’aller à sa recherche… L’écriture joue sur les répétitions et les énumérations avec subtilité, les illustrations sont d’une simplicité touchante. 

  • Padouk s’en va, Thoams Lavachery, Ecole des loisirs

Ce livre aborde le thème de la mort à travers le ressenti des amis de Padouk. Incrédules devant l’annonce de l‘imminence du décès de leur ami ils se révoltent puis se résignent, traversent le deuil et reprennent le fil de leur vie … la grande originalité de cet album est d’aborder le thème du souvenir et de la crainte de l’oubli. Le texte dépouillé contraste avec des illustrations très fouillées qui jouent sur le cadrage et la composition tantôt pleine page, tantôt vignette.

  • Petit lapin Hoplà, Elzbietta, Pastel

Un album très structuré: sur chaque double page le texte aux allures de ritournelle est inscrit  à gauche et l’image à droite, chaque page commence par une question : Qui a fauché petit_lapin Hoplà ? Qui a conduit à l’hôpital petit lapin Hoplà ? Qui a vu mourir petit lapin Hoplà ? … et chaque ami, tour à tour, prend sa part  dans les étapes de la mort et de la sépulture de petit lapin Hoplà. Les illustrations sont des dessins tous doux aux tons pastels. Poétique et touchant. Adapté au tout petit.

  • L’ours et le chat sauvage, Komako Sakaï, Kazumi Yumoto, Ecole des loisirs

Une histoire improbable d’amitié entre un gros ours et un petit oiseau, une histoire de chagrin lourd comme ce grand ours à la mort de son ami le petit oiseau.  Il faudra du temps et des nouvelles rencontres pour que l’ours se remette en mouvement, pour qu’il accepte de repenser à son ami défunt et pour qu’il envisage aller de l’avant. L’écriture est d’un excellent niveau littéraire,  la nature est omniprésente et les illustrations  un brin vaporeuses  usent de toutes les nuances de noir de blanc et de gris, elles s’inscrivent le plus souvent dans des vignettes aux limites  non définies, elles ajoutent à la délicatesse du texte.

La mort d’un animal de compagnie

  • Bigoudi, Delphine Perret, Sébastien Mourrain, Les fourmis rouges

Un texte décalé plein d’énergie et de vie. Une vieille dame new-yorkaise raconte sa vie en compagnie de son bulldog : leurs promenades communes, les courses quotidiennes chez les commerçants du quartier, personnages hauts en couleurs… mais quand Alfonse meurt de vieillesse, sa maîtresse, s’effondre et s’isole. Elle s’enferme dans son appartement pour se protéger de son chagrin. Il faudra l’audace d’un laveur de vitre et la péripétie d’une chute … pour qu’elle renaisse à la vie et retourne voir ses amis. Les illustrations sont en noir et blanc avec quelques touches de couleurs. Une ambiance new-yorkaise bien campée, des personnages bien croqués,  un texte tonique  font de cet album une grande réussite.

  • Chamour, Emilie Vast, MéMo

Un récit sensible centré sur le souvenir qui fait revivre ce chat aimé de l’auteur et maintenant disparu …les illustrations très fines et précises, la présence à chaque page de plantes comme dans un herbier ajoutent à la délicatesse de cet album touchant.

  • Je suis là, Shizuka Shoji, Alice Jeunesse

Un dialogue tout en simplicité et en délicatesse entre un enfant et son chat disparu. De la vive douleur de l’absence à l’apaisement grâce à l’investissement du souvenir. Les illustrations sont des dessins au trait léger où l’animal disparu est subtilement représenté sur des pages de papier calque. C’est d’une grande sobriété et d’une grande finesse.

  • Tu seras toujours avec moi, Mariko Kikuta, Albin Michel

Un album tout simple qui joue sur l’inversion des rôles pour dédramatiser : ici c’est le chien qui a perdu sa maîtresse. Des dialogues très épurés pour parler de la perte, du désarroi et de  la tristesse. Pour traverser le deuil le petit chien tout comme l’humain va se construire un lien par la pensée avec l’être cher disparu. Les illustrations sont des dessins sobres, au trait presqu’enfantin.

Pensez-y !

Vous êtes une maison d’édition et vous souhaitez nous faire part de vos nouveautés ? N’hésitez pas à en informer le Dr Anne Mahé-Guibert !

Cet article vous a-t-il été utile ?

Cet article n'a pas encore suffisamment de votes, soyez le premier à le noter

Aucune question n’a été posée sur ce thème précis, vous pouvez poser la vôtre à nos experts.

 

 

Vous ne trouvez pas de réponse à votre question ?

Vous pouvez consulter les réponses déjà apportées par nos médecins à ce sujet en tapant votre question ou mots clés dans le moteur de recherche ci-dessous

Toujours pas de réponse ? Posez votre question à l'un de nos experts qui vous répondra rapidement.

Je pose ma question

Nos pédiatres sont bénévoles et ne peuvent répondre qu'à un nombre limité de questions par jour. Le nombre maximal de questions a été atteint, n'hésitez pas à revenir sur le site ! Service ouvert du lundi au vendredi midi. Pour toute question concernant la santé de votre enfant, rapprochez-vous d'un professionnel de santé.