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Crise d’adolescence : comprendre et accompagner l’adolescent

Mis à jour le 26 septembre 2021 2 de nos experts

Crise d'adolescence

Votre enfant n’est plus un enfant… et pas encore un adulte…

Voici venir le temps de l’adolescence… tout n’est plus tout à fait comme avant : il vous faut prendre du recul pour comprendre certains comportements qui peuvent vous dérouter …

Sommaire de l'article

Vous êtes plutôt….

 

  • Scénario A : furieux, le père monte 4 à 4 l’escalier et admoneste Quentin : “cela fait quatre fois que l’on t’appelle… tu descends tout de suite… c’est comme ça… tu discutes pas… ce n’est plus possible… pense à  tes études…” et le père de débrancher la prise de courant… hurlements et claquement de porte.
  • Scénario B : la mère monte dans la chambre, et s’assied calmement sur le lit… “mon chéri, fais-nous plaisir, descends quand on t’appelle… si tu nous aimes vraiment, descends quand l’on t’appelle… regarde, nous t’avons trouvé des places pour le foot, ligue 1… montre-nous que tu en es reconnaissant…”
  • Scénario C : le père passe un SMS qui s’insère dans le jeu Fortnite auquel Quentin est assidu “mi temps… stop pour la pause. Que se passe-t-il ? Tu n’arrives donc pas à te décrocher de l’écran… il faut en reparler… la famille est aussi importante que les avatars…”

Des clés pour comprendre les adolescents

Pour mieux interagir avec son adolescent et éviter les conflits familiaux, commençons déjà par essayer de mieux comprendre ce qu’il vit.

Rappelons-nous qu’il doit mener de véritables travaux d’Hercule !

Faire son deuil de l’enfance, intégrer les transformations somatiques spectaculaires (croissance, sexualisation…), avoir des préoccupations et opinions personnelles différentes de celles de ses parents… et affronter les premiers émois sont les tâches qui lui incombent. Et qui vont le mobiliser. Tout un programme autour de trois grands processus.

Côté adolescent

1. SE SÉPARER 

  • Se séparer psychiquement, prendre du recul, renoncer à des modes d’échanges infantiles, « prendre le large » (sans jeter le bébé avec l’eau du bain).
  • L’adolescent doit désinvestir un mode de relation par touche, à l’image du post-it que l’on décolle – recolle.

  • L’adolescent est confronté au besoin d’affirmer son autonomie et à la crainte de perdre ses appuis. Il peut refuser l’aide de ses proches qui lui serait utile pour traverser ces moments difficiles, par crainte de se maintenir dans un état de dépendance.

  • Des dilemmes travaillent l’adolescent : Peur à la fois de la dépendance et à la fois de se séparer : liberté ou perte ?

 

« Ce dont j’ai besoin est ce qui menace » (Ph. Jeammet)

« L’image du homard qui doit abandonner sa première carapace pour évoluer donne une idée de ce que ce processus recouvre de vulnérabilité » (F. Dolto)

Les parents seront ainsi bien perplexes devant des mouvements de régression, de repli, de fluctuations de l’humeur, voire des conduites d’essai.

2. S’INDIVIDUER

  • S’affirmer dans son individualité propre,
  • se différencier des autres tout en acceptant les différences,
  • assumer la responsabilité de ses pensées, de ses paroles et de ses actes,
  • se définir comme sujet séparé mais nécessairement en lien avec l’entourage,
  • expérimenter la capacité d’être seul, mais aussi « d’être avec » sans se sentir menacé de sentiment d’abandon, ou à l’inverse, d’intrusion.

C’est ce qui est nommé comme le processus de séparation – individuation :  l’estime de soi est cruciale pour oser ce mouvement vers l’autonomisation

3. SE SOCIALISER

  • S’intégrer dans des groupes de pairs sans renoncer aux échanges familiaux,
  • élargir les liens d’appartenance sans renier les liens de filiation,      
  • adopter d’autres codes vestimentaires, langagiers, comportementaux sans mimétisme,
  • s’engager dans des relations, amoureuses, sexuelles dans le respect du désir de chacun,
  • se projeter et construire son avenir avec d’autres entre aspirations profondes et principe de réalité.

Côté parents

  • Contenir sans exercer d’emprise : assurer une qualité de présence plutôt qu’un contrôle infantilisant.
  • Tenter de maintenir un lien de confiance en acceptant à l’avance la possibilité de quelques écarts.
  • Ne pas confondre “passage adolescent”, avec ses aléas, et “crise d’adolescence” marquée par des difficultés durables.
  • Etre disponible : être là quand il faut, sans s’imposer
  • Faire preuve de disponibilité et de compréhension sans « faire copain/copain » (jeunisme) et dénier la différence de générations.

« Pour nos adolescents, soyons adultes »

Et en pratique ?

  • Pas de fermeté sans souplesse et vice versa, et toujours dans la bienveillance
  • Pas de recette toute faite
  • Entrer dans le jeu, ce n’est pas faire le jeu
  • Cohérence (le geste à la parole), fiable, dans la durée
  • S’accorder père et mère
  • Adolescence : la fin d’un monde… pas la fin du monde… relativiser… ne pas diaboliser
  • Rester ferme face aux risques pour sa santé : alcool, tabac, vitesse, sexualité
  • Respecter l’intimité, les secrets via la confidentialité
  • Laisser vivre vos émotions
  • Discerner la nécessité d’aller chercher de l’aide
  • Eviter le face-à-face solennel, le « il faut que je te parle » . Le côte-à-côte (trajet en voiture par exemple) permet de libérer la parole
  • Vous devez vous intéresser à ce qu’il aime… sans pour cela aimer ce qu’il aime
  • Le mieux est l’ennemi du bien
  • Du temps … de l’humour…

Pour aller plus loin

Quelques livres pour vous accompagner dans cette période :

  • Marcelli D. Il est permis d’obéir ; L’obéissance n’est pas la soumission
  • Médecine et Santé de l’ Adolescent : Pour une approche globale et interdisciplinaire (Elsevier 2019)
  • Revol O. J’ai un ado mais je me soigne (J’ai lu)
  • Jousselme C : A la rencontre des adolescents : les écouter, les comprendre, les aider (Edition Odile Jacob)
  • Manuel de survie pour parents d’ ados qui pètent les plombs (Edition Yapaka)
  • Jeammet Ph. Pour nos ados soyons adultes (Edition Odile Jacob)

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