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Doit-on imposer à notre fils de 2 ans...

Bonjour,

Notre fils de 25 mois fait des crises au moment des repas. Il retarde le moment de monter sur sa chaise haute, refuse de mettre son bavoir, repousse (ou renverse) son assiette, triture sa nourriture, s’oppose. Nous essayons de garder notre calme, expliquons que c’est l’heure de manger en famille, l’incitons à manger “comme un grand garçon”. Il demande d'emblée du dessert, mais refuse absolument sa purée avec légumes et féculents. Je précise que le midi, à la crèche, il mange toujours très bien, de tout. Agacés, nous lui disons que puisqu’il n’a pas faim, il peut aller jouer dans sa chambre. Souvent, pour éviter qu’il ne se couche le ventre vide, on finit par donner un yaourt nature (voire deux), puis une compote, puis plusieurs tranches de pain d’épices. Doit-on imposer qu’il mange au moins un peu du plat principal avant d’avoir du dessert ? Comment faire pour trouver un juste équilibre en terme d’ambiance et d’alimentation?

2 ans
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09/04/2019

Bonjour,

Votre fils est à l’âge où peut débuter la néophobie, période de refus d’aliments nouveaux ou d’aliments antérieurement bien acceptés. La néophobie est une situation fréquente, mais passagère, souvent angoissante pour les parents. Il s’agit d’une étape normale du développement. La prise en charge de la néophobie nécessite bienveillance et patience.

Il est prouvé que la néophobie peut être réduite par l'exposition régulière et répétée au goût des aliments les moins appréciés, et en rendant familier un aliment rejeté et inconnu. La familiarisation joue en faveur de l’acceptation, voire du plaisir.

La néophobie peut être atténuée par la convivialité : les repas doivent être des moments de plaisir avec la découverte de nouveaux aliments en famille dans une ambiance joyeuse et détendue, sans télévision, et ne pas être conflictuels en cas de refus. La consommation d’un aliment nouveau par des personnes familières est rassurante et apaise la néophobie. L’acceptation d’aliments nouveaux est aussi favorisée par l’imitation d’enfants de même âge en collectivité (crèche, cantine, etc.). Un jeune enfant apprend à accepter des aliments en observant d'autres personnes significatives, plutôt que par un raisonnement linguistique.

Il est bon que votre enfant apprenne à connaître progressivement les aliments en participant à l’achat des aliments, et en assistant à la préparation des repas. L’éducation au goût est avant tout un plaisir.

En cas de refus de votre enfant il convient de l’encourager à goûter, d’attiser sa curiosité, en respectant ses goûts et son appétit, sans jamais le forcer. Il faut lui proposer de nouveau cet aliment, avec persévérance et en changeant les présentations. Il faut éviter de remplacer un aliment refusé par un autre, et ne pas compenser la faible consommation d’aliments à un repas par des aliments de grignotage entre les repas, mais bien respecter le rythme de 4 repas par jour.

En cas de refus, il faut éviter de surveiller sans cesse ce que mange votre enfant, mais le laisser faire, et ne montrer aucune inquiétude s’il a peu mangé. Il ne faut pas servir des portions trop importantes qui risquent de le décourager. L’enfant qui a peu ou pas mangé ne doit pas être grondé ou puni, et le chantage doit être évité. A l’inverse on ne félicite pas et on ne récompense pas un enfant s’il a bien mangé.

Vous devez éviter d’évoquer sans cesse ce problème à votre enfant, et d’en parler entre vous, ou à une tierce personne devant lui. Restez calmes et détendus car votre enfant se rend compte qu’il a un pouvoir sur vous en refusant la nourriture, et il peut en jouer, surtout s’il a une personnalité forte. C’est ce qui explique qu’il ne manifeste pas ces refus en face d’autres personnes ou dans d’autres lieux que chez vous. Un besoin d’opposition peut développer une sélectivité alimentaire voire une hyper-sélectivité et vous mettre en échec. Vous devez montrer par votre attitude, mais si possible sans en parler, dans le calme, que le refus de manger certains aliments vous est indifférent, et faire comme si cela n’avait aucune importance pour vous. Si les repas deviennent un combat et une source d’angoisse pour chacun ceci aggrave l’impossibilité de partager du plaisir aux repas. Plus on répond par la contrainte à cette opposition, plus elle s’affirme, et plus le conflit s’aggrave et se focalise sur l’alimentation pour longtemps. Votre enfant ne va pas réellement dépérir même s’il saute quelques repas… Plus les parents sont permissifs dans l’alimentation de leur enfant, en faisant les courses d’après ses goûts, en utilisant des aliments comme récompense, ou en remplaçant l’aliment refusé, etc, plus celui-ci sera sélectif.

 

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Auteurs
Article publié le 08/04/2019 Mis à jour le 09/04/2019