Fruits en morceaux et menu-type à 6 mois

Bonjour, ma fille aura 6 mois le 11 août prochain. On m'a offert des grignoteuses (sorte de grosse tétine à trous dans laquelle on met des fruits et qui évite que l'enfant avale un gros morceau et fasse une fausse route). Nous partons en congés la semaine prochaine. Puis-je lui donner des fruits dans ces tétines ? si oui lesquels ? (melon, pastèque, nectarine, abricot ?). Je pense que ça l'aiderait aussi beaucoup pour ses dents qui la chatouillent. Puis-je intégrer aussi des boudoirs bébé au goûter ? Nous ne sommes pas très bien accompagnés par notre pédiatre sur ce sujet et c'est notre 1er enfant, nous sommes un peu perdu... J'ai aussi lu que nous pouvions dès 6 mois commencer un repas complet le midi (purée, 15g de viande blanche ou poisson peu gras, compote +yaourt) c'est bien ça ? Merci d'avance de votre réponse

24/07/2018

Dès l’âge de 6 mois vous pouvez commencer à mettre un morceau de pain (de 5 à 8cm de long sur 2 à 3 cm de large environ, comportant surtout la croûte du pain et un peu de mie) dans la main de votre fille : elle le portera elle-même en bouche. Vous pourrez aussi procéder de même avec des biscuits. Les dents importantes pour la mastication sont les 8 molaires. Les 4 premières n’apparaissent généralement pas avant l’âge de 1 an, et les 4 dernières généralement entre 2 et 3 ans. Cependant, même en l’absence des molaires, dès l’âge de 8 à 9 mois, votre enfant peut manger des aliments en morceaux comme des légumes ou des fruits, cuits ou crus, en choisissant des morceaux qui ne soient pas trop durs (limiter la pomme par exemple), ou des morceaux de fromage assez mous. La taille moyenne des morceaux sera d’environ 1 à 2 cm sur 1 à 2 cm, mais vous pouvez aussi proposer quelques petits pois bien cuits à condition que votre enfant sache les mâcher.

Il est conseillé de présenter ces petits morceaux dans une petite assiette placée devant votre enfant pour qu’elle les prenne avec ses doigts et les porte elle-même à sa bouche. Ce n’est pas vous qui devez lui donner, mais elle qui doit les prendre avec ses doigts. Cependant, il faut prendre la précaution de ne pas mélanger purée et morceaux dans la même assiette, sinon elle fera mine de s’étouffer : c’est ce qui peut se passer avec les petits pots contenant des petits morceaux mélangés dans une texture lisse…

Il faut donner la purée à la cuillère, et elle prendra séparément les morceaux avec les doigts.

Il est conseillé de mettre votre enfant à table avec vous, pour que son repas soit plus convivial et qu’elle soit encouragée à manger un peu comme vous.

Il est recommandé de ne pas attendre pour l’introduction des morceaux d’une part et des textures moins lisses pour les purées et compotes d’autre part. Si vous retardez l’introduction des morceaux votre enfant risque de devenir plus difficile ensuite en particulier pour les légumes. D’autre part il peut y avoir des conséquences orthodontiques.

La grignoteuse : pourquoi pas…

 

Vous pouvez commencer toutes les viandes rouges (plus riches en fer) ou blanches. Il est conseillé de donner du poisson 2 fois par semaine : une fois du poisson maigre et une fois du poisson gras (riche en DHA).

Voici une proposition pour alimenter votre bébé entre 6 et 9 mois :

 

  • le matin

1 biberon de 240 ml d’eau faiblement minéralisée + 8 mesures arasées de lait 2e âge. Cette ration peut être diminuée ou augmentée de 30 ml d’eau et 1 mesure arasée, mais il ne faut jamais forcer votre bébé à terminer son biberon. Il faut respecter son appétit qui peut varier d’un jour à l’autre, ou selon les heures de la journée.

Il est possible, d’ajouter 1 à 2 c. à soupe de “ farines ”  ou “ céréales ” 2e âge, avec gluten, dans ce biberon.

Entre 6 et 9 mois il est conseillé de commencer un morceau de pain riche en croûte ou un biscuit  (boudoir, petit beurre, biscuit à la cuillère, langue de chat, etc.) à mettre dans la main de votre bébé.

Les jus de fruits ne sont pas indispensables.

 

  • à midi, un repas mixé à la cuillère

1/ soit

à une purée de légumes “ maison ” :

  • Les légumes seront cuits de préférence à la vapeur (meilleure conservation des vitamines et du goût), mais ils peuvent être cuits dans une eau peu salée en jetant ensuite l’eau de cuisson. Ne pas rajouter de sel sauf en faible quantité en cas de refus répété de certains légumes très fades.
  • Il est préférable de proposer un seul légume par jour (en plus de la pomme de terre qui sert de liant pour les légumes les plus fluides comme les courgettes ou les tomates) afin que votre enfant apprenne le goût particulier de chaque légume. Si vous optez pour les "petits pots", préférez les "mono-saveurs".
  • Il est conseillé de changer de légume chaque jour, pour que votre enfant  accepte ensuite plus facilement les aliments nouveaux.
  • S’il refuse un légume il faut lui proposer de nouveau un autre jour, sans le forcer ; il ne faut pas se décourager après plusieurs refus mais savoir persévérer, au moins 8 à 10 fois, jusqu’à ce que le légume initialement refusé soit finalement accepté puis apprécié.

Parmi les légumes, il est possible d’utiliser : betteraves rouges, blanc de poireaux, brocolis, carottes, courgettes (épépinées et sans peau), épinards, haricots verts, patate douce, panais, potirons ou potimarrons, tomates. Les bettes (vert et blanc) et les endives peuvent être utilisées en quantité limitée, sous forme de légumes jeunes pour limiter l’apport de fibres. Les petits pois peuvent être utilisés seulement s’ils sont extra-fins. La quantité de carottes sera limitée en cas de constipation. On limitera, au début, les légumes “ à goût fort ”, ou trop riches en fibres : artichauts, aubergines, cardons, céleris, choux, fenouil, navets, oignons, poivrons, raves, salsifis, vert de poireaux, etc.

 

La qualité des légumes surgelés est au moins égale sinon supérieure à celle des “ produits frais ” de la grande distribution. Les légumes du potager familial sont une excellente solution, à condition que leur culture soit réalisée en limitant l’usage des pesticides et des engrais, et que leur durée de conservation soit courte.

 

à Il est conseillé d’ajouter 1 cuillère à café d’huile végétale crue dans les légumes (colza, noix, soja, et parfois olive, en évitant tournesol, maïs, pépins de raisin et arachide). De temps en temps on peut remplacer l’huile par 1 noisette de beurre cru ou 1 cuillère à café de crème fraiche non cuite.

 

à avec 10 g. de viande  (rouge ou blanche, en évitant les abats et la charcuterie à l’exception du jambon cuit découenné), soit 2 cuillères à café de viande mixée, 

ou 10 g. de poisson, frais ou surgelé, non pané, soit 2 cuillères à café de poisson mixé, 2 fois par semaine : 1 fois du poisson maigre (cabillaud, colin, merlan, sole, etc.), et 1 fois du poisson gras (saumon, maquereau, sardine, hareng). Il faut éviter certains poissons apportant potentiellement du PCB (anguille, barbeau, brème, carpe, silure), ou du méthyl-mercure : espadon, marlin, siki, requin et lamproie. La consommation des poissons prédateurs sauvages doit être limitée : lotte (baudroie),
loup (bar), bonite, empereur, grenadier, flétan, brochet, dorade, raie, sabre, thon…

ou 10 g d’œuf cuit dur, jaune et blanc (soit ¼ d’œuf).

La viande et le poisson peuvent être cuits à la vapeur avec les légumes, ou grillés sans graisses cuites, ou bouillis.

 

et  un dessert de fruits crus ou cuits en utilisant des fruits bien mûrs écrasés ou mixés sans sucre ajouté si possible.

  • Il est préférable de proposer un seul fruit par jour afin que votre enfant apprenne le goût particulier de chaque fruit.
  • Tous les fruits sont possibles, même les fruits rouges et les fruits exotiques.
  • Il est conseillé de changer de fruit chaque jour, pour que votre enfant accepte ensuite plus facilement les aliments nouveaux.
  • S’il refuse un fruit il faut lui proposer de nouveau un autre jour, sans le forcer ; il ne faut pas se décourager après plusieurs refus mais savoir persévérer au moins une dizaine de fois, jusqu’à ce que le fruit initialement refusé soit finalement accepté et apprécié.
  • A cet âge l’arachide et les fruits à coque (noix, noisette, amande, etc.) peuvent être introduits progressivement et en petites quantité, mais à condition d’être très finement écrasés ou incorporés dans des pâtisseries comme les biscuits (pour éviter le risque de fausse route et inhalation bronchique).

 

Pensez à proposer de l’eau à votre enfant, au moment du repas et entre les repas.

 

2/ soit

à un “ petit pot ” de 200 g. légumes-viande, ou légumes-poisson

à et un “ petit pot ” de 130 g. de fruits.

 

Il est nécessaire de respecter les goûts et l’appétit de votre enfant.

 

  • à 16 heures

à un biberon 150 ml (5 mesures) ou un yaourt ou 2 petits suisses, spécifiques pour enfants en bas âge (les « laitages-bébé » sont préférables aux autres laitages car ils respectent la règlementation des aliments destinés aux enfants en bas âge ; leur teneur en protéines est réduite, et ils peuvent être enrichis en fer, en acides gras essentiels, etc.),

à et un morceau de pain ou un biscuit (boudoir, petit beurre, biscuit à la cuillère, langue de chat, etc.)

à et un dessert de fruits crus ou cuits.

 

  • le soir

- soit 1 biberon de 240 ml d’eau faiblement minéralisée + 8 mesures arasées de lait 2e âge avec 1 à 2 c. à soupe de “ farine ” ou “ céréales ” 2e âge (avec gluten)

  • soit un biberon de 240 ml de soupe avec 5 mesures de lait 2e âge,
  • soit une purée de légumes à la cuillère avec des céréales (semoule, riz, polenta, etc.) ou des féculents (pomme de terre, tapioca, légumes secs mixés, etc.). Un peu de fromage râpé peut être ajouté. Puis un biberon de 120 à 150 ml de lait 2e âge.

et  un “ petit pot ” de fruits, ou une compote de fruits “ maison ” en utilisant des fruits bien mûrs, cuits et mixés, sans sucre ajouté si possible si votre enfant a encore faim.

 

 

 

Auteurs :
BOCQUET Alain, Dr
Article publié le 24/07/2018 Mis à jour le 24/07/2018