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Conséquence dépression post natale sur ma fille ?

il y a 7 ans

Ma fille a 3 ans et se développe très bien mais je souhaiterais savoir si la dépression post partum que j’ai vécue entre ses 3 et 9 mois pouvait avoir des conséquences pour elle aujourd’hui ou plus tard. 1 an pile avant sa naissance j’ai subi une grossesse arrêtée (embryon mort à 3 mois) +le décès de ma mère. La grossesse s’est bien passée mais aux 3 mois de ma fille j’ai été prise de grandes angoisses de maladie et de mort.

J’ai toujours été d’un naturel anxieux et hypocondriaque mais pendant plusieurs mois je me croyais condamnée, pleurais sans cesse et étais persuadée qu’elle grandirait sans moi. Je n’ai jamais ressenti de manque de motivation à m’en occuper ou du mal à l’aimer contrairement à ce qui est souvent décrit dans les dépressions post partum. Je m’en suis sortie grâce à une psy que je vois toujours et quelques mois de médicaments. Son frère est né il y a 14 mois et je n’ai pas vécu de rechute mais m’interroge sur ce qui lui restera, consciemment ou non, de cette période.

La réponse de notre expert

SALINIER Catherine, Dr, Pédiatre Pédiatre Ambulatoire & Past Présidente de l'AFPA
 Dr Catherine SALINIER

Je vois bien votre naturel anxieux à vous interroger sur l’avenir de votre fille alors même que vous dites qu’elle se développe très bien!! C’est cela et cela seul que vous devez considérer et vous en réjouir sans vous projeter déjà vers l’avenir. Il y a tant et tant de facteurs qui influencent l’avenir bien au delà des premiers mois! Et tant et tant de personnes au-delà de la mère.

Certes vous avez fait une dépression post natale mais vous aviez des raisons: la perte d’un premier bébé et surtout la perte de votre maman qui est très douloureuse en particulier quand on devient soi même maman. On peut parler de dépression réactionnelle plus que de dépression post natale stricto sensu. Et puis vous avez été prise en charge et soignée très bien ce qui est loin d’être le cas de la majorité des mamans dans ce cas. Et puis, que cela plaise ou non aux mamans qui se croient toujours essentielles à leur bébé, vous n’étiez pas seule auprès de votre enfant, elle avait un papa, probablement une autre grand-mère, des grands-pères, peut-être une nounou ou la crèche ou d’autres personnes…qui riaient avec elle. Et puis vous ne faisiez pas que pleurer, vous aviez aussi de bons moments et aussi votre odeur, vos bras, vos bisous… Et puis quand vous pleuriez c’était de trop plein d’amour et de peur de la laisser et non, comme vous le notez, de désintérêt.

Votre enfant va bien et c’est l’essentiel. Rangez ce souvenir douloureux dans le tiroir aux souvenirs bien au fond et laissez le recouvrir par tous les bons moments que vous passez maintenant avec votre enfant qui la construisent tout autant. Chacun a son histoire de vie, votre fille a celle-là, vous n’y pouvez rien changer et c’est ce qui en fait une personne unique comme toute personne est unique avec ses forces et ses fragilités.