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Décalottage de bébé

Mon fils a 7 mois et mon médecin me conseille de le décalotter, cette pratique  semble très controversée aujourd'hui.

Quel est votre avis? Quels sont les risques si on ne le fait pas? Quels sont les risques si on le pratique?

Y a-t-il un âge critique?
6 mois
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Nous savons qu’il existe  physiologiquement des adhérences préputiales, c’est-à- dire que le prépuce est « collé » sur le gland chez la plupart des petits garçons. Les sécrétions préputiales blanchâtres (smegma), que l’on voit souvent en transparence,  vont se développer du bas vers le sommet du gland et permettre dans 80% des cas la libération  spontanée des adhérences à partir de l’âge de 5 ans. C’est très fréquent.
Nous savons aussi qu’il existe parfois un phimosis, c’est-à-dire que l’anneau  préputial est très étroit et ne laisse pas sortir le gland.  C’est moins fréquent.
Nous savons enfin que  parfois certains enfants, même tout petits, n’ont ni adhérences ni phimosis et qu’ils sont vite et facilement décalottés. C’est plus rare.
 
 L’objectif  poursuivi est que les adolescents n’aient pas de problème lors des érections,  Un décalottage impossible ou incomplet en raison d’un phimosis serré ou d’adhérences étendues rendra  celles-ci douloureuses. 
L’existence d’adhérences limitées, de quelques millimètres qui intéressent le sillon entre le gland et la verge, n’est pas inquiétante, les premières érections de l’adolescence réglant généralement le problème sans vécu particulièrement douloureux. 
 
Les urologues recommandent  actuellement « une abstention de tout geste de décalottage avant l’âge d’un an, le respect de l’évolution naturelle du prépuce jusqu’à l’âge de cinq ans et le traitement en première intention par des corticoïdes locaux des phimosis congénitaux ou secondaires avant tout geste chirurgical. »
 
Tout cela est connu, mais, comme vous l’avez constaté, il existe autant d’avis que de médecins :
 
 Certains  pédiatres et médecins, compte-tenu de ce qui a été dit plus haut, attendent que « la nature fasse bien les choses ».  Ils  expliquent aux parents et à l’enfant  comment se laver,  comment tirer tout doucement, sans forcer sur son prépuce. Ne rien faire ne doit en effet pas dispenser d’explications, faute de quoi l’adolescent risque de se  retrouver avec un problème inattendu qu’il abordera difficilement en famille ou avec le médecin.
 
 D’autres pédiatres et médecins  préfèrent continuer à réduire les adhérences. 
Les partisans  d’une levée  des adhérences plus précoce avancent plusieurs arguments :
  • Un nombre non négligeable de petits garçons gardent des adhérences préputiales étendues à 5 ans, 8 ans ou même à l’adolescence obligeant l’urologue  soit à opérer (circoncision) soit à décalotter l’enfant au cabinet après application de crème anesthésiante. Pour ces enfants déjà âgés et ces adolescents, la douleur qui suit le décalottage, notamment lors des mictions, bien que de mieux en mieux gérée par les antalgiques, reste longtemps gravée dans les mémoires.  
  • De l’avis des médecins qui décalottent les petits garçons, un décalottage plus précoce apparaît moins traumatisant.
  • Les autres arguments avancés sont la prise en charge rapide par l’enfant de son l’hygiène et la fréquence moindre des infections urinaires. Une préparation par l’application quotidienne d’une pommade dermocorticoïde quelques semaines ou quelques mois avant la tentative de libération des adhérences est absolument sans danger et permet d’assouplir le prépuce. L’application d’une crème anesthésiante rend les manœuvres libératoires en cabinet très peu douloureuses. 
L’âge auquel certains pédiatres et médecins décalottent les petits garçons est très variable, allant de 5-6 mois à 5-6 ans, l’âge de 3 à 4 ans paraissant le plus habituel. 
 
Le véritable phimosis ne peut être géré en cabinet. Si les dermocorticoides sont inefficaces, l’avis de l’urologue doit être demandé mais pas avant 5-6 ans.
 
Enfin quelles que soient les habitudes et convictions de votre pédiatre ou médecin généraliste, tous sont unanimes pour penser que le prépuce est très fragile et ne doit pas être traumatisé. Des saignements, des éraillures importants au niveau de l’anneau préputial peuvent en diminuer l’élasticité et être responsables de phimosis secondaires. Il faut donc  que les manœuvres libératoires, si elles sont pratiquées, soient faites en douceur mais jamais en force.

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Auteurs
Article publié le 11/01/2013 Mis à jour le 11/01/2013