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Accepter un accouchement prématuré
Accouchement prématuré
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Accouchement prématuré : terminer psychologiquement sa grossesse ?

Un accouchement prématuré est une étape que vous n’aviez pas forcément envisagée durant l’attente de votre bébé. Cet événement entraîne un bouleversement psychologique pour un couple. Variables selon le contexte, la culture de chacun ou l’état du bébé, les difficultés que les parents peuvent ressentir sont connues de l’équipe médicale présente pour apporter son soutien. 

Quelles sont les difficultés psychologiques que peut rencontrer le couple suite à cette venue prématurée de leur petit ?

Pour les parents, la grossesse est un projet, une projection. Ils se préparent psychologiquement à cet accouchement qu’ils imaginent et à cet enfant à venir. Chacun accompagne la venue de son bébé  avec une symbolique personnelle et intime.

Or, la naissance prématurée vient bouleverser ce projet, avec une part d’inquiétude et de souffrances différente selon le degré de complications de l’accouchement, le terme et l’état du bébé.

L’impact psychologique d’une grossesse prématurée est variable dans son intensité, mais n’est jamais nul. Il s’agit, pour nous médecins, d’être attentifs aux soins de développement et de croissance du tout petit prématuré, ainsi qu’aux inquiétudes des parents quant au pronostic immédiat, parfois vital, de leur bébé et à son devenir à moyen et long terme. 

Comment s’expriment ces souffrances psychologiques ? Comment les surmonter ?

Chaque personne réagit différemment, mais nous observons des réactions particulières aux accouchements prématurés ainsi que des attitudes communes.

  • Certains parents semblent particulièrement investis durant l’hospitalisation de leur enfant, prenant en charge eux-mêmes le maximum de tâches, tendant à organiser eux-mêmes les soins. Un nombre croissant d'unités de néonatalogie accompagnent ces familles avec le concept de "soins de développement". Ce concept est fondé sur le centrage de l’organisation des soins sur le patient et sa famille, et plutôt que sur l’équipe soignante et ses modalités de fonctionnement. Ce sont la puéricultrice ou le médecin qui demandent aux parents, le matin, comment va leur enfant hospitalisé…
  • A l’opposé, une certaine agressivité, vis-à-vis du personnel soignant ou de l'entourage, peut constituer l’une des réponses, de la maman qui souffre, comme du père. Cette colère est une façon d’exprimer une douleur.
  • On observe aussi des formes de dépression chez certaines femmes. Ce phénomène fréquent de dépression post-partum est l’une des réactions possibles, voire accentuées également après un accouchement prématuré. Un phénomène de « maternité blanche » peut ainsi être constaté parfois. Dans ce cas, la mère fonctionne comme une automate, elle semble insensible, a peu de réactions envers son petit. C’est une autre manière d’exprimer une souffrance. Et cela ne doit pas être confondu avec un réel désintérêt.
  • Enfin, les mères d’enfants prématurés peuvent éprouver un sentiment de culpabilité de n’avoir pas réussi à mener la grossesse à son terme. Pour surmonter cette souffrance psychologique, l’équipe médicale et psychologique apporte beaucoup d’écoute, d’empathie et de disponibilité.

La bonne connaissance de ces mécanismes permet d’écouter et de parler avec les parents, d’anticiper, d’éviter les erreurs d’interprétation et de leur expliquer de façon positive que leur vécu est compréhensible, partagé par de nombreux autres parents (qu’ils rencontrent souvent), et de les « envelopper », de les rassurer autant que possible. La transparence dans leur information, quant à l’état de santé de leur enfant, et le respect de leur autonomie, au sens éthique du terme, reste cependant un principe admis dans la plupart des unités (que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises). L’accompagnement est toujours proposé et re-proposé, à chaque étape, et discuté, les parents étant souvent rassurés par le simple fait de savoir qu’ils ne sont pas seuls face à ces difficultés.

Les parents ont accès au service de néonatologie 24h/24, voire séjournent à l’hôpital avec leur enfant, lorsque cela est possible. Les programmes de soins de développement cherchent également une réponse dans ce sens. La plupart des services de médecine néonatale disposent de psychologues, qu’il est proposé aux parents de rencontrer, ne serait-ce que pour pouvoir parler de leur expérience douloureuse. L’attention, l’empathie du personnel sont au coeur de nombreuses actions de formations et de la culture de nombreux services de néonatologie actuellement. Des associations existent aussi.

Comment le père peut-il accompagner la maman dans cet accouchement difficile ?

Le père, s’il est présent, a un rôle important dès les premiers instants de la vie de son enfant, bien sûr. Il s’agit de ne pas le négliger en le reléguant au second plan. Il  assume, effectivement, la prise en charge du soutien de la mère et de l’enfant. Son rôle est important en particulier  au tout début, lorsque la maman est parfois dans l’incapacité de venir auprès de son enfant. On parle alors de « père messager ». Il fait le lien, et permet la rencontre entre mère et enfant.

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Article publié le 25/05/2012 Mis à jour le 31/05/2016
Sources

American academy of pediatrics. Caring for your baby and young child: birth to age 5, Bantam Books. 2004. 752 pages

Le grand Livre de la grossesse - Collège national des gynécologues et obstétriciens français - direction J.Lansac - Editions Eyrolles 2012/2013

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