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Acides gras essentiels de 0 à 3 ans
de 0 mois à 3 ans
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Les acides gras essentiels oméga 3 et oméga 6 dans l’alimentation des bébés de 0 à 3 ans

Il existe 2 acides gras essentiels présents sous différentes formes dans les oméga 3 et oméga 6 qui doivent absolument être apportés par les matières grasses de l’alimentation de votre bébé : les AGE et les AGPI-LC. Ils interviennent dans différents métabolismes, mais sont surtout indispensables au bon développement cérébral. 

AGE et AGPI-LC : qu’est-ce que c’est ?

Dans chaque famille oméga 6 et oméga 3, on distingue un acide gras essentiel précurseur (AGE) et un (ou deux) dérivés supérieurs : les acides gras polyinsaturés à longue chaine (AGPI-LC).

Les acides gras essentiels précurseurs (AGE)

Les AGE sont des molécules à 18 atomes de carbone. On les retrouve dans les oméga 6 sous forme d’acide linoléique (AL), et dans les oméga 3 sous forme d’acide alpha linolénique (ALA).

Les acides gras polyinsaturés à longue chaine (AGPI-LC)

Les AGPI-LC sont des molécules à 20 ou 22 atomes de carbone. Il s’agit donc de dérivés supérieurs.

Pour les omégas 6, c’est l’acide arachidonique (ARA), tandis que pour les oméga 3 ce sont l’EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA (acide docosahexaénoïque).

 

 

Acides gras essentiels

 

Précurseurs

Dérivés supérieurs

 

Acides gras essentiels (AGE)

Acides gras polyinsaturés à longue chaine (AGPI-LC)

Omega 6

Acide linoléique (AL)

Acide arachidonique (ARA)

Omega 3

Acide alpha linoléique (ALA)

Acide eicosapentaénoïque (EPA)

Acide docosahexaénoïque (DHA)

 

 

Leurs rôles

Comme expliqué précédemment, les AGE jouent un rôle clé dans la fabrication des AGPI-LC.

Les AGPI-LC, quant à eux, ont une importance majeure dans le développement cérébral et sensoriel, si bien qu’il est recommandé de les ajouter dans les laits infantiles. Ils jouent aussi un rôle dans de nombreuses fonctions physiologiques comme l’agrégation des plaquettes, la réponse inflammatoire, la migration leucocytaire, la vasoconstriction et la vasodilatation, la pression artérielle, la broncho-dilatation, les contractions utérines et l’apoptose. 

Où les trouve-t-on ?

Les AGE ne peuvent pas être fabriqués par l’humain, ils doivent donc être apportés par l’alimentation - d’où leur qualificatif « essentiels ».

L’enfant, à terme, est capable de fabriquer les dérivés supérieurs (AGPI-LC) à partir des précurseurs (AGE), sous l’action d’enzymes :

On a par ailleurs constaté que les enfants nourris au sein recevaient dans le lait de leur mère des quantités notables d’AGPI-LC sans avoir à les fabriquer… d’où la recommandation de l’Anses (Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) et de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) de les ajouter dans les laits infantiles.

Les AGE : Dans les huiles végétales

On trouve les précurseurs dans les huiles végétales. Il faut un bon équilibre entre oméga 6 et oméga 3 car un excès d’oméga 6 augmente le risque d’obésité et de maladies métaboliques. Les huiles qui en apportent le plus et avec un bon rapport oméga 6 / oméga 3 sont les huiles de colza, de noix et de soja ; alors que les huiles de tournesol, maïs, arachide, et pépins de raisin, apportent beaucoup d’oméga 6 et très peu d’oméga 3. L’huile d’olive, quant à elle, n’apporte que très peu d’oméga 6 et 3.

Les AGPI-LC : Dans les poissons

On trouve les dérivés supérieurs principalement dans les poissons, surtout dans les poissons gras (saumon, sardine, maquereau, hareng) et dans certaines algues. Alors que le DHA ne se trouve pratiquement que dans les huiles de poisson, l’ARA est aussi présente, mais en quantité plus modeste, dans d’autres aliments comme la viande et les œufs. 

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Calcul et quantités recommandées d’AGE et d’AGPI-LC

Calcul

Quand vous voulez connaître la teneur en AGPI-LC dans un lait infantile, vous divisez la quantité d’ARA ou de DHA en mg (valeur donnée sur l’étiquette) par la quantité de lipides en g (valeur donnée sur l’étiquette) puis vous divisez le résultat par 10. (Valeurs recommandées : 0,5% du total des lipides pour l’ARA et 0,32% pour le DHA)

AGPI-LC = ARA (ou DHA) mg / lipides g /10

Quantités recommandées

Les quantités recommandées (par jour) par l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire pour l’alimentation, l’environnement et le travail), depuis 2011, sont les suivantes pour les bébés de 0 à 3 ans :

 

 

AGE

AGPI-LC

 

ALA (oméga 3)

AA (oméga 6)

DHA (oméga 3)

EPA+DHA (oméga 3)

ARA (oméga 6)

0 à 6 mois

0,45%

de l’apport énergétique

2,7%

de l’apport énergétique

0,32%

des acides gras totaux

EPA<DHA

0,5%

des acides gras totaux

6 mois à 3 ans

0,45%

de l’apport énergétique

2,7%

de l’apport énergétique

70 mg

EPA<DHA

0,5%

des acides gras totaux

 

Ces recommandations sont par ailleurs proches de celles émises par la FAO (Food and Agriculture Organization for the United Nations) / OMS*.

À savoir...

-  Pour les bébés de 0 à 6 mois, il faut savoir que seulement 1/3 des laits 1er âge contiennent des AGPI-LC, et que ceux-ci, lorsqu’ils sont présents, le sont à des doses inférieures aux recommandations... Cet apport d’AGPI-LC n’est pas, pour l’instant, une obligation réglementaire, mais une recommandation.

- À partir de 2020, une nouvelle réglementation européenne entrera en vigueur avec l’exigence d’un apport de DHA de 14 à 35 mg/100ml dans les laits 1er âge et 2e âge. 

- Certaines marques de laits infantiles évoquent dans leur communication des apports à des teneurs idéales d’oméga 3 et d’oméga 6 sans préciser les acides gras concernés : précurseurs ou dérivés supérieurs. Or, la réglementation européenne et française exige la présence des AGE précurseurs dans les laits infantiles et tous les laits en contiennent ! Le message est trompeur, et vous risquez fort de ne pas constater la présence d’ARA et de DHA sur l’étiquette…

Critères de choix d’un lait

Pour le choix d’un lait 1er âge, il est recommandé de préférer un lait avec :

1.    Un apport limité en protéines et des protéines proches de celles du lait maternel (protéines de référence) :

Les laits 1er âge contiennent 1,2 à 1,7 g/100ml de protéines (moyenne : 1,4 g/100ml) contre 1,0 à 1,1 g/100ml pour le lait maternel. Un apport protéique excessif augmente la charge de travail pour les reins et il a été associé à un risque plus élevé d’excès de poids ultérieur.

Votre choix devrait se porter vers un lait dont le taux de protéines se situe en dessous de 1,4 g/100ml.

2.    Des acides gras poly-insaturés à longue chaîne (AGPI-LC) idéalement en accord avec les recommandations de l’Anses publiées en 2011. L’apport en AGPI-LC oméga 3 contribue à un meilleur développement neurosensoriel.

Votre choix devrait se porter vers un lait apportant ces AGPI-LC.

3.    Un apport limité en sel.

Les laits 1er âge contiennent entre 15 et 27 mg/100ml (moyenne 21 mg/100ml) de sodium (Na) contre 16 mg/100ml pour le lait de maternel.

L’excès de sel peut entraîner une élévation de la tension artérielle et une augmentation de l’appétence pour le sel.

Votre choix devrait se porter vers un lait apportant moins de 21 mg/100ml de Sodium (Na).

La FAO/OMS est un comité international mixte aussi appelé JECFA ("Joint FAO/WHO Expert Committee on Food Additives")

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Experts
Article publié le 18/01/2018 Mis à jour le 01/02/2018
Sources

1.    Briend A, Legrand P, et al. Les apports en lipides chez l’enfant de moins de 3 ans en France. Mise au point et recommandations du Comité de nutrition de la Société Française de Pédiatrie. Arch Pediatr. 2014 ;21(4) :424-38.

2.    Chouraqui J.-P. Préparations pour nourrissons, de suite et pour enfants en bas âge. In : O Goulet, M Vidailhet, D Turck, coordinateurs. Alimentation de l'enfant en situation normale et pathologique. 2ème édition, Doin éditeurs, Paris. 2012 : 137-49.

3.    Bocquet A. La diversification alimentaire. In : O Goulet, M Vidailhet, D Turck, coordinateurs. Alimentation de l'enfant en situation normale et pathologique. 2ème édition, Doin éditeurs, Paris. 2012 : 175-91.

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