Le petit-déjeuner
Petit déj
de 6 ans à 11 ans
Mémoriser Je vous recommande l'article "L’importance du petit-déjeuner à l’école primaire" sur le site mpedia.fr

L’importance du petit-déjeuner à l’école primaire

Une nouvelle étude du Crédoc1 en Juillet 2015 auprès des enseignants met en exergue les conséquences de la non-prise d'un petit déjeuner sur l'attention et le comportement des enfants en classe.

Combien d’enfants sautent le petit-déjeuner

En 20132, près d'1/3 des enfants sautaient au moins 1 petit-déjeuner par semaine alors qu’ils n’étaient que 11% en 2003. Ce phénomène a presque doublé en 3 ans. L’étude menée sur les enfants de 3 à 14 ans, montre que cette tendance touche toutes les tranches d’âges de la même manière mais principalement des enfants issus des catégories les plus modestes.

Dans l’étude réalisée auprès des enseignants, 1 sur 2 a identifié durant l’année scolaire 2014-2015 au moins 1 élève qui arrivait en classe le ventre vide. Ce phénomène touche principalement les enfants :

  • vivant dans des villes de plus de 100 000 habitants (55%) sauf Paris (36%).
  • 55% des enfants en CM1 et CM2 vs 39% en CP.
  • les enfants scolarisés en écoles en réseau d’éducation prioritaire (69%) vs 42% dans les écoles hors éducation prioritaire.

A quelle fréquence sautent-ils le petit déjeuner

  • 42% le sautaient 4 à 5 fois par semaine
  • 38% 2 à 3 fois par semaine
  • 17% 1 fois par semaine
  • 4% n’ont pas été précisés

Les conséquences à l’école

En Juillet 2015, l’étude du Crédoc basée sur le constat des enseignants montre que la majorité des élèves qui sautent le petit-déjeuner ont des répercussions sur leur comportement à l’école :

  • 20% sont plus excités,
  • 82% sont plus fatigués,
  • 83% sont moins concentrés,
  • 82% sont moins attentifs,
  • 60% sont moins participatifs.

Pourquoi les enfants ne prennent-ils pas de petit-déjeuner ?

L’étude menée auprès des enseignants permet de constater que les freins à la prise d'un petit déjeuner ne sont pas prioritairement d'ordre socio-économique (17% des cas) comme cela est généralement évoqué mais plutôt liés à d'autres facteurs :

  • 68% les enfants sont livrés à eux-mêmes,
  • 47% ont un levé trop tardif,
  • 17% les enfants n’auraient pas faim ou pas envie de petit-déjeuner.

Parmi les élèves qui sautent le petit déjeuner, 22% ont une collation fournie par les parents de manière systématique, 22% de temps en temps et 9% rarement. 47% n’en ont jamais.

Qu’en pensent les professeurs ?

92% des enseignants pensent que l’Education nationale devrait jouer un rôle dans l’éducation alimentaire et principalement sur l’apprentissage de l’équilibre alimentaire.

86% pensent qu’enseigner les fondamentaux du modèle alimentaire français, l’importance de faire 3 repas principaux et un goûter par jour est une bonne chose.

84% des enseignants ont consacré un temps à l’éducation à l’alimentation dans leur classe en 2014-2015.

35% des enseignants sont d’accord pour offrir un petit-déjeuner aux enfants qui n’en ont pas pris vs 57% contre. Ceux qui étaient contre mettaient en avant l’importance du « rôle des parents ».

Rappel sur les conséquences à long terme

Selon un communiqué de presse du Crédoc en 20143, « le fait de sauter un repas conduit à une baisse de la diversité alimentaire. Les apports d’un petit-déjeuner complet (produit céréalier, produit laitier, fruit et boissons) ont des conséquences sur l’équilibre alimentaire de la journée ».

De nombreuses études réalisées dans plusieurs pays (Lituanie, Mexique, Espagne…) ont démontré que l’absence de petit déjeuner augmentait le risque d’obésité. Même si les enfants tolèrent bien le jeûne, l’absence de petit-déjeuner a une influence prolongée sur la régulation du glucose tout au long de la journée.

Une méta-analyse incluant 45 études confirme le retentissement de l’absence de petit déjeuner sur les performances scolaires.

Zoom sur
Quel est le petit déjeuner idéal ?

Le petit-déjeuner doit fournir 20 à 25% de l’apport calorique quotidien incluant des apports en :

  • liquides pour réhydrater : du lait, des jus de fruits ou de l’eau.
  • produits laitiers pour le calcium, les protéines animales et les lipides : lait nature ou aromatisé, laitage (lait ou yaourts) ou fromage.
  • produits céréaliers pour les glucides : pain, céréales, biscottes, gâteaux.
  • fruits pour les fibres et vitamines : frais ou en compote, ils peuvent être remplacés par des jus de fruits 100% pur jus ou par des fruits frais pressés.

Pour diversifier on peut proposer du beurre, de la confiture, du miel, des fruits secs… et idéalement il doit être pris en famille dans une ambiance conviviale et détendue.

Débat : la distribution de collation à l’école, bonne ou mauvaise idée ?

Depuis les années 2000, la distribution de collations (biscuits + lait) le matin à l’école est discutée au regard d’une augmentation du nombre d’enfants en excès de poids. En effet, même si elle permettait aux enfants qui ne prenaient pas de petit déjeuner d’avoir quelque chose dans le ventre, d’un point de vue qualitatif, elle ne répondait pas aux besoins nutritionnels, et l’horaire (récréation en milieu de matinée) était totalement inadapté : trop proche du repas de midi, ce qui perturbait la prise de ce repas.

En conséquence, pour pallier le manque de petit déjeuner chez une minorité d’enfants, cela déséquilibrait l’alimentation de tous les écoliers. La solution aurait été de distribuer des petits déjeuners seulement aux enfants n’en ayant pas pris et ce dès leur arrivée à l’école le matin, jugée trop compliquée à mettre en place.

Le Comité de nutrition de la Société française de pédiatrie et l’AFSSA s’accordaient sur la recommandation de suppression de cette collation et la mise en place de campagnes d’information et d’éducation sur l’importance du petit déjeuner. 

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Experts
Article publié le 18/01/2016 Mis à jour le 07/09/2016
Sources

1. L’absence de petit-déjeuner chez les enfants fréquentant l’école primaire - Enquête CRÉDOC  -  Juillet 2015 - Opinion des professeurs des écoles et d’autres professionnels en milieu scolaire, étude menée auprès de 500 professeurs des écoles du CP au CM2.

2. CRÉDOC, Enquêtes CCAF (Comportement et Consommation Alimentaires en France) 2004, 2007, 2010 et 2013

3. CRÉDOC. Communiqué de presse du 14 mars 2014. Le petit-déjeuner de plus en plus délaissé : http://www.credoc.fr/pdf/Sou/Communiquedepresse-14mars2014-Consopetitdejeuner.pdf

4. Bocquet A, Hebel P. L’absence de petit déjeuner chez les enfants fréquentant l’école primaire (enquête Crédoc juillet 2015). Le Pédiatre N°271;2015-6:5-13

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