La prison

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Le coin lecture du Dr Mahé-Guibert

Je vous propose ce thème grave et difficile, en réponse à la question de Valérie, une amie pédiatre qui exerce en PMI depuis cette année, et qui m’a récemment  interrogée sur le sujet. J’ai trouvé quelques albums et des petits romans.

Dans un registre un peu différent, je vous signale le remarquable travail de Laurence Dupriez éducatrice de jeunes enfants, lectrice, formatrice et cofondatrice de l’association « 3 petits tours... » (66) qui investit les parloirs de la prison des femmes de Perpignan pour y lire des albums jeunesse.

Albums et romans

  • Petit Pierre attend…, Nicolas Gouny, Scarabéa Jeunesse, 2010 : 

Un joli petit album accessible pour les tout-petits. Des phrases courtes, de belles illustrations colorées et pleines de vie. Le texte parle de l’absence et de l’attente avec pudeur et poésie, il parle aussi de la vie qui continue, ponctuée des événements importants qui rythment le quotidien d’un petit garçon, au fil des saisons : la prison n’est pas nommée seule l’illustration la suggère. 

  • Derrière le mur, Isabelle Carrier, Elsa Valentin Alice Jeunesse, 2010 :

Le narrateur est le petit personnage fétiche d’Isabelle Carrier mi humain mi hippopotame, il nous raconte sa vie quotidienne sans son papa détenu. Il évoque l’absence avec pudeur, émotion et justesse. C’est délicat et émouvant jusque dans la chute, en parlant de son papa l’enfant dit :« Il paraît que ce n’est pas une lourde peine. Pour moi si ».

  • En 2000 trop loin, Rascal, Pastel, 2009 :

Un petit garçon nous parle de son papa qui est à la maison d’arrêt. Il raconte l’absence et la vie qui continue dehors. Il nous fait part de ce qu’il écrit dans de jolis cahiers, ces instants de vie qui font le quotidien d’un enfant. Il parle aussi du regard des autres et de la nécessité de se protéger. Enfin il nous livre les rêves de voyage qu’il construit pour son papa et qu’il partage avec lui au parloir…

  • Beau jour tout blanc, Rascal, La maison est en carton, 2014 :

Un très bel ouvrage qui évoque la rencontre entre un bébé et son parent prisonnier, le narrateur, qui imagine et rêve la vie de son tout petit, dehors. Le texte est très poétique, très délicat, il résonne à merveille avec les illustrations : des collages de papiers déchirés, blanc sur blanc, réalisés par des détenus de la maison d’arrêt de Pau. Un très bel album, très sobre, très épuré. Du grand art.

  • La lettre que j’attends, Jo Hoestland, Delphine Grenier, La baron perché , 2007 :

Le texte est le monologue d’une maman détenue qui imagine la lettre qu’elle attend de sa fille. Une lettre qui raconterait la vie au-delà des murs de la prison : la nature épanouie, les bonnes notes à l’école, la réconciliation des copines, la révolte des hommes contre les injustices, les amoureux qui s’affichent au cinéma… une lettre qui lui dirait qu’elle l’aime… C’est très émouvant, très bien écrit et délicatement illustré.

  • Les jours noisette, Emmanuel Bourdier, Zaü, Utopique, 2014 :

Le narrateur, un jeune garçon, nous parle de son papa qu’il retrouve aujourd’hui à 14h00. Le ton est alerte, et les propos fidèles à la gouaille de l’enfant. La prison n’est pas nommée mais des indices sont subtilement distillés pour que l’on comprenne que ce papa est détenu et que son fils doit composer avec cette dure réalité. L’enfant alterne entre résignation et révolte, joie des retrouvailles et tristesse de leur brièveté. Les illustrations aux tons sépia soutiennent la finesse de ce récit. 

  • Le tonton de Max et Lili est en prison, Dominique de Saint Mars, Serge Bloch, Bayard, 2011 :

La petite BD bien connue de chez Bayard pour parler des questions qui préoccupent les enfants. C’est franchement explicite, un tantinet pédagogique mais cela reste bien fait, il y a un scénario dont les enfants sont les héros, et ce qu’il faut d’humour et de délicatesse pour ne pas plaire qu’aux adultes.

  • T’es un grand garçon maintenant, Mikaël Olivier, Thierry Magnier, 2003 :

Ce texte est le récit d’une rencontre au parloir entre un jeune garçon et sa maman. La réussite de ce petit roman tient au regard sans concession que pose l’auteur sur la fragilité du lien entre la mère et son fils et sur l’alternance des moments de complicité et des moments qui tombent à plat. L’ambivalence des sentiments de cet enfant, sa retenue, sa compassion et sa souffrance sont touchantes. C’est certes un peu dur mais cela semble très proche de la réalité. 

  • Petit Papa prison, Bruno Gibert, Casterman, 2005 :

Un roman épistolaire tendre et émouvant. C’est la correspondance entre Anna et son papa incarcéré. Tout y est : la promiscuité difficile en cellule, la grisaille des murs, la rudesse de la vie dehors pour Anna et sa mère… et pourtant ce n’est pas plombé, c’est même un texte plein de vie grâce au talent de Bruno Gibert.

  • Mon père a disparu, Cathy Ribeiro, Acte Sud, 2008 :

C'est un petit roman de 70 pages. Le narrateur est un jeune garçon qu'on imagine âgé de 8 ou 9 ans. L'essentiel du texte repose sur les hypothèses qu'il échafaude pour expliquer la mystérieuse disparition de son père. C'est assez enlevé, on perçoit tout au long du récit un souffle de fantaisie et d'humour malgré la gravité du thème. Le lecteur accompagne avec tendresse ce petit bonhomme, plein de ressources et d'ingéniosité, dans sa quête de vérité.

  • Des oranges pour ma mère, David Dumortier, Estelle Aguelon, Cheyne Editeur, 2012 :

Pour les plus grands (pré ados et ados), ce texte est un long poème. Il donne la parole à un enfant qui raconte les premiers moments de la sortie de prison de sa mère jusque là détenue. Le niveau littéraire est excellent, les métaphores riches et subtiles. L’illustration, un brin abstraite, dans un camaïeu de rouge-orangé répond parfaitement au texte.

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Article publié le 10/12/2015 Mis à jour le 07/09/2016
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