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Besoins nutritionnels, 4 à 6 mois
Besoins alimentation bébé
de 3 mois à 6 mois
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Entre 4 et 6 mois, des besoins nutritionnels en évolution

A partir de 4 mois, il est temps pour votre bébé de découvrir de nouvelles saveurs, une alimentation différente. C’est le début de la diversification alimentaire, le lait maternel ou infantile ne couvrant plus la totalité des besoins nutritionnels de votre enfant. (l’allaitement maternel exclusif est recommandé jusqu’à 6 mois par l’OMS). La diversification des enfants allaités au sein ne doit pas être retardée au delà de 6 mois en raison du risque de carence en fer. Place aux découvertes culinaires, même si le lait reste très présent pour une alimentation équilibrée à cet âge.

La découverte d’une autre alimentation

Entre 4 et 6 mois, votre enfant continue à grandir à vive allure. C’est ainsi qu’en rapport avec son poids, à 6 mois, il a besoin de 7 fois plus de fer que vous, 5 fois plus de calcium, 4 fois plus de vitamines C. Il a en revanche besoin de 4 fois moins de sel. Sa nourriture devra être adaptée aux besoins de cet âge. Chaque nutriment est important pour sa croissance. Votre bébé ne va pas abandonner le lait du jour au lendemain, mais la diversification alimentaire va lui permettre de découvrir peu à peu les éléments nutritionnels nécessaires, complémentaires du lait. 

  • Les besoins en glucides sont importants. Ils doivent représenter près de la moitié de l’apport calorique de votre enfant afin de permettre l’apport énergétique nécessaire au  bon fonctionnement de son organisme, en particulier du cerveau et des muscles. Les glucides (ou sucres) peuvent être simples ou complexes.  Les sucres "simples" sont constitués d'une seule molécule, le fructose ou le glucose contenus dans les fruits et légumes, et le galactose des laitages. Mais, les sucres "simples" peuvent aussi être constitués de deux molécules, comme le saccharose (sucre de cuisine), le lactose (sucre du lait) et le maltose (sucre provenant de la digestion de l’amidon). Les glucides "complexes" (que l’on appelait les sucres lents) résultent de l’assemblage d’un très grand nombre de molécules de glucose et se digèrent plus lentement : il s’agit des amidons qui proviennent des céréales (pain, pâtes, riz...) et des féculents : pommes de terre et légumineuses (lentilles, pois cassés, pois chiches…) et pommes de terre.
  • Les protides (protéines) sont absolument indispensables à la croissance car ils permettent la construction des cellules de l’organisme : Un manque de protéines entraînera un retard de croissance en taille et un retard des acquisitions par perturbation de la croissance du cerveau. Heureusement cette situation est très rare dans notre pays, où l’on connaît généralement des excès de consommation de protéines. On distingue les protéines d’origine animale (viande, poisson, œufs, produits laitiers) et les protéines d’origine végétale (céréales et légumineuses). Elles doivent représenter entre 5 et 10 % de l’apport calorique de votre enfant, c’est à dire pas plus de deux cuillères à café de viande, de poisson ou d’œuf par jour entre 6 et 12 mois, en plus des protéines apportées par le lait. Respectez ces quantités, l’excès de protéine fatigue les reins et pourrait favoriser l’obésité.
  • Les lipides (matières grasses) sont essentiels pour votre enfant, et d’après les dernières  recommandations de L’Anses (2011), la part des lipides dans l’apport énergétique total doit être de 40 à 50% pour les nourrissons et les enfants de moins de 3 ans, davantage que chez les adultes. Différentes enquêtes ont montré que les nourrissons ont des apports insuffisants en lipides, il ne faut donc pas avoir peur des matières grasses qui vous seront conseillées dans son alimentation : votre bébé n’est pas un adulte au régime ! Les lipides représentent d’une part une source importante d’énergie, et d’autre part, ils sont indispensables à la construction des membranes des cellules et surtout du système nerveux. Les lipides d’origine végétale (huile de colza, de maïs, d’olive, etc.) sont à mélanger aux lipides d’origine animale provenant de la viande, des poissons, des œufs, ou du lait (crème, beurre). Les acides gras essentiels (acide linoléique pour les omégas 6 et acide alpha-linolénique pour les omégas 3) ne peuvent être fabriqués par l’enfant à partir d’autres aliments : ils sont apportés par les huiles végétales (les huiles contenant le plus d’AGE oméga 3 et oméga 6 sont l’huile de colza et l’huile de noix), alors que les dérivés supérieurs de ces acides gras essentiels appelés AGPI-LC * sont apportés par les poissons gras. Ils doivent être présents dans les laits infantiles comme dans le lait maternel.
  • Les besoins en eau de votre bébé sont plus élevés que ceux de l’adulte et il risque plus rapidement une déshydratation. En plus du lait, l’eau est la boisson la mieux adaptée à votre enfant, pendant la journée et au cours des repas. L’habitude est de proposer une eau minérale (peu minéralisée) avant 6 mois, mais il est possible d’utiliser l’eau du robinet. Si votre bébé refuse de boire de l’eau, ce n’est pas qu’il n’aime pas l’eau, mais qu’il n’en a pas besoin à ce moment là. Il faut  éviter les boissons sucrées.
  • Le calcium aide à la construction de ses os, il est apporté principalement par le lait et les produits laitiers. Pour absorber le calcium apporté par l’alimentation et le fixer sur les os il est nécessaire que votre bébé reçoive régulièrement de la vitamine D. Les apports nutritionnels conseillés (ANC) en calcium augmentent avec l’âge : 400 mg/j chez le nourrisson jusqu’à 6 mois, et 500 mg/j de 6 mois à 3 ans. Avant la diversification, les besoins calciques sont couverts par la consommation quotidienne de 600 à 700 ml de lait. De 4 à 6 mois jusqu’à 1 an, les besoins calciques seront couverts par l’allaitement au sein ou la consommation de 500 ml de lait 2ème âge, auquel s’ajouteront les laitages et fromages.
  • Les vitamines sont elles aussi indispensables à votre tout petit. Ses besoins en vitamines sont en effet supérieurs à ceux des adultes. Elles seront apportées en quantités suffisantes par une alimentation bien équilibrée, sauf pour la vitamine D qu’il faut donner en complément.
  • Le fer, est un oligo-élément indispensable. Il est nécessaire à la fabrication des globules rouges, il participe au bon fonctionnement des défenses immunitaires, il facilite le fonctionnement cérébral et il est un véritable facteur de croissance. Né à terme, votre bébé dispose d'une réserve de fer disponible durant 4 mois. Cette réserve de fer pourra être insuffisante chez les jumeaux et surtout chez les prématurés et une supplémentation en fer sera nécessaire. Ensuite, le nourrisson doit constituer ses propres stocks. Le lait maternel en contient naturellement en quantité suffisante, tout au moins jusqu’à l’âge de six mois. Les laits infantiles sont, quant à eux, enrichis en fer, surtout les laits 2e âge et les laits de croissance. Le lait de vache est en revanche très pauvre en fer. Après 6 mois, votre enfant puisera également du fer dans les céréales infantiles et certains légumes verts, les œufs, mais surtout la viande.

Une diversification progressive

La diversification, c’est-à-dire l’apport d’aliments non lactés démarre progressivement (voir le tableau du PNNS pages 28 et 29 du carnet de santé). Les médecins recommandent la période 4-6 mois pour introduire très progressivement de nouveaux aliments dans les menus de votre bébé : jamais avant 4 mois et pas après 6 mois.

* AGPI-LC : Acides gras poly-insaturés à longue chaîne, comprenant l’acide arachidonique (ARA) pour les omégas 6, et le DHA pour les omégas 3

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Experts
Article publié le 09/10/2012 Mis à jour le 30/11/2016
Sources

Bocquet A. La diversification alimentaire. In : O Goulet, M Vidailhet, D Turck, coordinateurs. Alimentation de l'enfant en situation normale et pathologique. 2ème édition, Doin éditeurs, Paris. 2012:175-91.

ESPGHAN Committee on Nutrition; Agostoni C, Decsi T, Fewtrell M et al. Complementary feeding: a commentary by the ESPGHAN Committee on nutrition. J Pediatr Gastroenterol Nutr 2008; 46: 99-110.

Turck D. Historique de la diversification alimentaire. Arch Pediatr. 2010; 17 (Suppl 5): S191-4.

American academy of pediatrics. Caring for your baby and young child: birth to age 5, Bantam Books. 2004. 752 pages

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